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© Tim Douet

Puberté précoce : pourquoi plus de cas à Lyon qu’ailleurs ?

Une étude révèle que les régions lyonnaise et toulousaine enregistrent dix fois plus de cas de puberté précoce qu’ailleurs en France. Attention cependant aux conclusions hâtives.

L'agence nationale Santé publique France a dévoilé cette semaine une étude sur les cas de puberté précoce en France, c'est-à-dire l'apparition de signes de puberté chez les filles de moins de 8 ans et les garçons de moins de 9 ans. Globalement, les filles sont dix fois plus touchées (plus de 1 100 nouveaux cas par an) que les garçons. Outre des causes génétiques ou le surpoids, l'environnement – notamment les perturbateurs endocriniens présents dans certains produits de consommation courante – est au centre des attentions.

On dépiste davantage à Lyon

Mais ce qui a interpellé dans cette étude, ce sont les disparités géographiques des occurrences de cas sur le territoire national. En effet, les incidences sont bien plus élevées dans les régions de Toulouse et de Lyon que sur le reste du territoire, de dix à douze fois ! Ce qui a fait réagir le professeur Marc Nicolino, chef du service d’endocrinologie pédiatrique de l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Lyon, dans un communiqué. En premier lieu, il souligne que l'étude se fonde sur "des données de l’Assurance maladie qui comptabilisent les patients déclarés et surtout traités". Puis il note que les centres de Lyon et Toulouse prennent en charge ces pathologies depuis longtemps, sur la base de modalités comparables. "En l’occurrence, ils dépistent activement la puberté précoce et traitent systématiquement les jeunes patients de façon indiquée par les recommandations. Ceci n’est pas forcément le cas d’autres centres, dans d’autres régions qui, pour certains, ne dépistent pas et ne traitent pas systématiquement cette pathologie. Dans ce cas, les patients n’apparaissent pas autant dans le registre de l’étude en question, ce qui peut fausser la fréquence réelle de la maladie." Si le médecin ne peut pas exclure un caractère environnemental dans la disparité géographique des cas de puberté précoce, il met donc en garde contre la mauvaise interprétation des données statistiques.

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