"Il y a de gens qu'on euthanasie alors qu'ils n'ont rien demandé",Jean-Luc Romero,ADMD

Une loi permet qu'il y ait des règles et qu'on ne fasse pas n'importe quoi, qu'on ne fasse pas passer de meurtres pour des euthanasies et que des euthanasies compassionnelles n'aillent devant des cours d'Assises. Il faut qu'on puisse proposer des solutions à ces gens qui n'en peuvent plus de leurs souffrances et aussi à leurs familles. Aujourd'hui il faut aller plus loin que la Loi Leonetti il faut une vraie loi de liberté.

Une loi qui dise quelles sont les conditions possibles de l'euthanasie ou qui fixe des exceptions possibles ?
Les systèmes qu'on nous propose aujourd'hui n'ont pas de sens. Pourquoi ne pas faire simple ? En Hollande, en Belgique il y a des lois qui fonctionnent depuis déjà un certain nombre d'années et qui sont évaluées. Dans ces pays là il n'y a pas d'abus et que cela répond quasiment à tous les problèmes des gens, pourquoi ne pas copier ce qui existe ? On n'a pas besoin d'inventer encore un système très compliqué. Certains parlent d'une commission nationale, comment ça pourrait fonctionner, quand on sait qu'on n'a même pas les moyens pour les soins palliatifs ?

Est-ce la Loi qui doit régler quelques cas isolés comme Chantal Sébire ou Vincent Himbert ?
Ce ne sont pas de cas isolés. En Belgique c'est 500 cas par an, en Hollande : 2000, quand on rapporte à notre population en France ça pourrait être 10 000 à 15 000 cas, c'est 2 % des morts en Hollande, ce n'est pas l'exception.

Les soins palliatifs sont-ils une alternative ?
Il faut les deux. En Belgique il y a deux fois plus de lits de soins ppalliatifs qu'en France. On voit l'hypocrisie du discours, en France seulement 15 % des gens qui en ont besoin peuvent en bénéficier. C'est un manque de moyens financiers. Mais les soins palliatifs en répondent pas à toutes les situations. La demande de mort existe chez un certain nombre de personnes parce que leurs souffrances sont insupportables. On se bat pour que ce soit la personne qui décide et non pas le médecin.

Est-ce que vous êtes écoutés ?
On se heurte à beaucoup d'opposition de la part des religions et une partie du corps médical qui ne veut pas qu'on la dessaisisse du pouvoir qu'elle a sur la vie et la mort des gens. La loi Leonetti est quand même un progrès. L'affaire Chantal Sébire a fait avancer les choses mais il reste à convaincre les élus qu'il faut une loi. On a tout intérêt à sortir des clivages habituels mais il faut reconnaître qu'une partie de la droite est très conservatrice sur ces questions et ne veut pas entendre la demande d'une majorité de français.

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