Nuit debout Paris

À Lyon, la “Nuit Debout” veut importer “l’effervescence” parisienne

Jeudi dernier, ils étaient plus de 500 à la Croix-Rousse, mobilisés dans le cadre de l’initiative citoyenne “Nuit debout”. Ils sont déjà plus de 1 400 inscrits sur la page Facebook “Nuit debout Lyon” pour se rassembler ce mardi 5 avril place Mazagran dans le 7e arrondissement.

Le mouvement initié à Paris prend de l'ampleur depuis le 31 mars et le début d’occupation constante de la place de la République. Cimentées autour de la contestation contre la loi El Khomri, ces mobilisations entendent apporter du renouveau dans le répertoire d'action du champ politique en France, en se calquant sur ce qui a été fait en Espagne avec le mouvement des Indignés ou aux États-Unis avec Occupy Wall Street. Pourtant, si le phénomène grandit à Paris, à Lyon, mis à part la soirée du 31 mars, la greffe ne prend pas encore.

“Il y a quelque chose qui s’est créé début mars”

"À Paris, c'est énorme. Il y a plein de gens qui vont dans le même sens. Il y a une énergie incroyable. Il faut maintenant qu'il y ait ça à Lyon", s'enthousiasme Mark, le co-administrateur de la page Facebook “Nuit debout Lyon”. "Je vis à Paris, mais je suis souvent sur Lyon et j'ai voulu transporter ce que je vivais dans la capitale", raconte-t-il. Salarié syndiqué, il participe depuis le début aux assemblées générales à l'université de Tolbiac : "J'ai senti une effervescence là-bas. Il y a quelque chose qui s'est créé début mars. Une effervescence qui a abouti à une convergence des luttes entre travailleurs et jeunes."

À Lyon, Mark espère que le mouvement pourra se pérenniser dans le long terme en occupant une place. "Tout va dépendre de la mobilisation ici, mais aussi à Paris, explique-t-il. Paris conditionne le reste de la France." Ce mardi, l'occupation aura lieu place Mazagran, dans le 7e arrondissement.

La peur de la récupération

Ce mouvement naissant attire les convoitises, même chez les jeunes. "Il y a la volonté de certains jeunes de récupérer le mouvement alors que nous on n'a pas d'ambition politique derrière. Les partis ou les syndicats comme la CGT essaient de tirer la couverture vers eux", regrette Mark. Le co-administrateur de la page Nuit debout Lyon pointe aussi du doigt certaines organisations comme l'Union des étudiants communistes.

Pourtant, il ne semble pas si inquiet que ça : "On ne fait pas ça pour de l'ambition. Les gens qui essaient de le faire avec de l'ambition ne sont pas crédibles, parce que ça va à l'encontre de nos revendications, c’est-à-dire tout le monde a la même importance, car c'est un mouvement citoyen."

Pas de récupération, mais une volonté claire de rassembler le plus de monde possible, même les personnalités politiques, syndicales ou intellectuelles : "Tout le monde est le bienvenu, qu’il soit représentant politique ou personnalité. Mais il faut que chacun garde sa place."

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