Jo Grenoble 1968

50 ans des JO de Grenoble : l'événement qui a transformé Grenoble

Du 6 au 18 février 1968, Grenoble accueillait les Xe Jeux Olympiques d'hiver. "Le plus grand marqueur de la transformation du territoire isérois depuis le siècle dernier" explique Olivier Cogne, directeur du Musée dauphinois qui lui consacre une grande exposition.

1 158 athlètes, 37 pays, 10 disciplines, 35 épreuves, 2 500 journalistes ayant couvert l'événement, plus de 500 millions de téléspectateurs (ce sont les premiers jeux retransmis en couleurs) et le mythique triplé en or de Jean-Claude Killy. Sur le plan strictement sportif, les JO de Grenoble (aussi disputés à Chamrousse – ski alpin -, Autrans – ski de fond -, Villard-de-Lans - luge -, l'Alpe-d'Huez – bobsleigh - et Saint-Nizier-de-Moucherotte -saut à ski) sont une réussite. La France termine 3e en nombre de médailles (9, dont 4 en or, 3 en argent et 2 en bronze) derrière l'Union soviétique (13) et la Norvège (14), une performance jamais égalée depuis.
C'est aussi à cette occasion et dans ce contexte que Grenoble se transforme intégralement. "Les jeux ont impulsé un élan historique, transformant durablement notre territoire, reconnaît Éric Piolle, le maire de Grenoble. Ils ont non seulement modifié le visage de Grenoble, démocratisé l'accès à la montagne mais aussi offert à notre région une visibilité unique sur les cinq continents."

"Première ville française du XXIe siècle"

La période olympique a coïncidé avec la transformation urbanistique de la ville, déjà engagée à travers les prémices du "plan Bernard" (1962), du nom de l'architecte qui devait concevoir le plan d'urbanisme dont la ville venait de se doter. À l'époque, Grenoble était sous-équipée. "Les années 50 et le début des années 60 avaient été marquées par un laisser-faire qui tenait lieu de politique urbaine et aboutit au désordre proliférant des quartiers mal équipés qui entouraient le centre-ville au sud des "grands boulevards" " (...) analyse Pierre Frappat, agrégé de sciences économiques et sociales à l'université Stendhal de Grenoble 3*. Les Jeux ont accéléré la mutation urbaine de cette ville industrielle (45 % d'ouvriers) en plein essor (42,2 % de croissance démographique entre 1945 et 1962) . "À l'époque, Grenoble est la ville française qui gagne le plus d’habitants, explique Olivier Cogne directeur du Musée dauphinois. Mais la ville n'est pas dotée des infrastructures permettant d'accompagner cette croissance démographique. Les JO vont lui permettre de combler ce retard, à travers la construction de routes, d’autoroutes, de grands boulevards, d'un nouvel hôtel de ville, d'un hôtel de police, d'une gare, d'un aéroport et de milliers de logements, dont les fameuses trois tours emblématiques." Au point que Grenoble fut qualifiée de "première ville française du XXIe siècle" par l'hebdomadaire Paris-Match dans son numéro spécial JO de février 1968.

"Célébrer le passé, c'est se projeter vers demain !"

Selon le rapport officiel des JO de Grenoble, la facture totale des Jeux s'éleva à 1,1 milliard de francs : les transports et les communications mobilisèrent la plus grande partie des crédits (465,4 millions de francs), suivis par le Village olympique et le centre de presse (250,9 millions de francs). 75 % des équipements furent supportés par l'État et sept organismes publics et semi-publics, 20 % par la ville de Grenoble, 3,65 % par le département de l'Isère et le reste par les cinq autres communes olympiques. "La ville ayant dû fortement s'endetter et les premiers remboursements (auprès de la Caisse des dépôts et consignations, NdlR) intervenant dès 1967 pour certains emprunts, les impôts locaux furent plus que doublés sur les années 1966 et 1967" explique Pierre Frappat. Un poids financier qui s'allégea beaucoup avec l'accélération de l'inflation dans les années 70. Mais ces travaux étaient nécessaires, une note du Ministère de l'équipement analysant que "les équipements urbains existant à Grenoble correspondent aux besoins d'une ville de 80 000 habitants, alors que les besoins sont ceux d'une ville de 300 000 habitants. (…) D'où la nécessité de renouveler (les équipements, NdlR) tous en même temps."

Ce sont à ces impacts, ces retombées pour Grenoble et à cette démonstration des avancées techniques qui ont participé au développement du territoire, que le Musée dauphinois consacre une grande exposition, "Grenoble 1968, les Jeux Olympiques qui ont changé l'Isère" du 5 février 2018 au 7 janvier 2019. L'exposition fait partie des festivités plus globales du 50e anniversaire des JO de Grenoble. Les animations ont commencé mi-octobre, avec le Snow Garden Festival. Elles se poursuivront jusqu'en jusqu'en juin prochain avec le Congrès annuel de la Fédération française de ski. "Au travers de cet anniversaire, nous souhaitons mettre en valeur la richesses de notre région et de son histoire récente, explique le maire de Grenoble Éric Piolle. Célébrer le passé, c'est se projeter vers demain !"

* Les Jeux Olympiques à Grenoble : une ville industrielle saisie par le sport, in Revue de géographie alpine, année 1991, volume 79, numéro 3, pp. 45-48.
** rapport officiel du Comité d'organisation des Xe Jeux Olympiques d'hiver de Grenoble remis au CIO en 1969.
Pratique :
> Programme des festivités du 50e anniversaire des JO de Grenoble de 1968 sur
http://www.grenoble.fr/1115-programme-des-celebrations.htm
> Exposition "Grenoble 1968, les Jeux Olympiques qui ont changé l'Isère", au Musée dauphinois, du 5 février 2018 au 7 janvier 2019.

Les éléphants blancs

Si le bilan des JO de 1968 fut positif pour le développement de Grenoble, en tant que ville et aire urbaine, l'impact environnemental des cimetières olympiques n'est pas négligeable. Certains équipements ont ainsi été délaissés ou abandonnés. C'est le cas de la piste de bobsleigh de l'Alpe d'Huez, dont la démolition estimée coûtant trop cher qu'on préféra la recouvrir au fur et à mesure des travaux de la station. C'est aussi le cas du tunnel percé dans les falaises du Vercors, qui reliait Grenoble à l'un des sites de compétition, impraticable depuis vingt ans suite à des éboulements. Ou comme le tremplin de 90 mètres à Saint-Nizier-du-Moucherotte, inutilisé depuis trente ans. Néanmoins, cette balafre blanche devrait être utilisée dès cette année dans le cadre du Vercors Multisports Festival (trail et VTT) qui se tiendra tous les ans.

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3 commentaires
  1. Robes Pierre - 7 février 2018

    Après avoir perdus toute référence ,les JO réservés à une élite le prix des places exorbitants mais c'est la collectivité qui paie pour que des nantis puissent se distraire , Les besoins d’aménagement en partie discutables, pour certains les grandes liaisons indispensables, Gardons en mémoire que le département à mis 20 ans à absorber le cout et avec l'aide de l'état, ceux de Paris c'est déjà une réalisation au détriment de Rhône-Alpes-Auvergne avec l'abandon de projets , grévant l'avenir.

  2. Abolition_de_la_monnaie - 7 février 2018

    Alors Robert Pierre, on se plaint du fric et de son merdier, mais on continue à approuver son utilisation ? Et vous parlez de 'gréver l'avenir', vous qui roulez en 4x4 et promouvez la destruction des terres agricoles nourricières ? . Vous n'avez vraiment peur de rien ! 😀 Rappelez-vous, Coubertin (même s'il a eu la fâcheuse idée d'être contre les femmes dans le sport), voulait qu'il n'y ait aucun sportif professionnel dans les JO. Mais ensuite le fric a tout pourri comme d'habitude.

  3. Robes Pierre - 7 février 2018

    je te fais une petite confidence que tu comprendras peut être, j'en connais de nombreux en ce moment qui après avoir dormis au froid qui d'un véhicule 4 roues motrices , un vrai 3.6 litres , 6cylindres 180 CV, qui franchit sans soucis chemins boueux et routes enneigées consomme un peu, moins de 17 litres que je réserve à cet usage le reste des déplacements en monospace , de chez le losange ,le pied. les courses c'est petite Peugeot idem Berlingo, mais..Continue à marmonner . Tiens Marmon , le petit MH600 un joli camion tu devrais songer à en trouver un d'occase .histoire d'écouler le surplus d'essence.

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