Barbarin Vœu Echevins
Philippe Barbarin

Le cardinal Barbarin fera l’objet de plaintes

Pour ne pas avoir dénoncé des faits de pédophilie survenus avant 1991, le cardinal Barbarin devrait faire l’objet de plaintes de la part de plusieurs victimes du père Bernard Preynat.

"Le cardinal Barbarin confirme son irresponsabilité." Ce sont les mots de François Devaux, président de l'association La Parole Libérée, pour décrire le comportement du cardinal Barbarin et les explications qu'il a données la semaine dernière au journal La Croix.

"Je n'ai pas monté une association pour dénoncer un fait de pédophilie, mais pour dénoncer toutes les pratiques autour", poursuit-il. Parmi ces pratiques, le silence et l'inaction du diocèse de Lyon face à un prêtre qui a commis des agressions sexuelles sur des enfants de 9 à 11 ans il y a vingt-cinq ans.

Une nomination comme doyen malgré les accusations

Pour François Devaux, la situation est incompréhensible. Le cardinal Barbarin était au courant des accusations de pédophilie à l'encontre du prêtre Bernard Preynat depuis 2006, 2007. Il a cependant décidé en 2013 de le nommer doyen, un important poste au sein du clergé. Le cardinal a expliqué son choix : celui d'"avoir fait confiance" au père Bernard Preynat. Ce dernier, qui avait déjà confessé ses actes dans un courrier aux parents, avait juré au cardinal ne pas avoir touché d'enfants depuis 1991. Le cardinal Barbarin explique également qu'il n'avait pas saisi la justice parce qu'il n'avait pas reçu de "témoignages directs de la part de victimes" avant 2014.

Jusqu'à aujourd'hui, toutes les plaintes à l'encontre du prêtre Bernard Preynat concernent des actes commis avant 1991. Le prêtre a cependant été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en janvier. Pour les victimes, le fait d'avoir couvert les agissements du prêtre, si anciens soient-ils, et d'avoir conservé cet homme trop longtemps dans l'Eglise avant de réagir, n'est pas digne de pardon.

D'autres personnalités de l'Eglise pourraient faire l'objet d'une plainte similaire pour "non-dénonciation d'actes de pédophilie". C'est le cas de Régine Maire, membre du conseil épiscopal du diocèse de Lyon, chargée par le cardinal Barbarin de recevoir les victimes dans ce dossier. Le premier rendez-vous pour accueillir une victime du père Preynat s'était déroulé en 2011, soit quatre ans avant que le prêtre ne soit démis de ses fonctions épiscopales par le cardinal.

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut