Des groupes néonazis dans un festival de l'Ain ?

L’association SOS racisme a écrit au maire de la commune de Simandre-sur-Suran et au préfet de région ce jeudi 7 juillet afin de demander une enquête et d’interdire le Ragnard Rock festival, qui doit avoir lieu entre le 22 et le 24 juillet prochain. SOS Racisme souhaite alerter de la présence de "groupes au discours haineux, raciste et antisémite".

À quelques kilomètres de Bourg-en-Bresse, la commune de Simandre-sur-Suran (Ain) est censée accueillir la seconde édition du Ragnard Rock Fest. En tout, plus de 40 artistes provenant de 22 pays différents seront présents. Un festival qui proposera des "démonstrations de duel judiciaire", "batailles pour les enfants", "combats mêlées" et "village Varègue d’Ukraine" où l’on peut notamment découvrir les spécialités culinaires du pays. La ligne directrice du projet de la Compagnie d’Edoras (organisatrice du festival) est de "promouvoir l’art et l’histoire", en lien avec la culture païenne et de souligner la diversité du rock métal. "Le public est à l'image des artistes : multiculturel, divers par leurs origines, leurs langues (vingt pays, autant de cultures...) et... familial", annonce la Compagnie d’Edoras dans un communiqué de presse.

Entre mouvance Folkish et NSBM (National Socialist Black Metal)

Pourtant, parmi les groupes programmés au festival, deux d’entre eux semblent poser principalement problème à SOS Racisme : Graveland et Noktural Mortum.

Graveland est un groupe polonais interdit dans de nombreux pays, notamment en Allemagne. SOS Racisme souligne leur participation en avril 2016 au festival italien ouvertement néonazi : "Hot Shower", en référence aux méthodes utilisées par le régime nazi pour exterminer les personnes de confession juive durant la Seconde Guerre mondiale.

Quant à Noktural Mortum, le groupe ukrainien fondé en 1994 par Knjaz Varggoth s’est engagé à ses débuts sur la pente du black métal (NSBM) avec un penchant affirmé pour le néonazisme. Pour preuve, la parution de Nechrist en 1999 et surtout la chanson The call of arian spirit dont les paroles affirment une haine envers les juifs et confirment leur admiration pour le "White Power" et les Aryens.

"L’ensemble du festival" semble "douteux"

Peut-on dissocier la musique folk/black métal du message haineux véhiculé par les paroles du groupe ? Pour SOS Racisme, il n’en est pas question. Selon l’association antiraciste, le groupe Noktural Mortum serait proche de l’organisation ultranationaliste ukrainienne AZOV, dénoncée par l’ONU et Amnesty International comme étant coupable de "violations des Droits de l’Homme et d’actes de torture".

Pour SOS Racisme, "l’accointance de ces groupes avec les mouvances néonazie paraît incompatible avec une prestation lors d’un festival sur le territoire de notre République où l’apologie de crime contre l’humanité est pénalement répréhensible". "L’ensemble du festival" semble "douteux" et "inquiétant" explique Olivier Borel de SOS Racisme.

Des groupes repentis de leurs "erreurs de jeunesse" ?

Pour répondre à SOS Racisme, la compagnie d’Edoras a évoqué dans un communiqué des "erreurs de jeunesse" : "3/4 des membres d’origine {de Nokturnal Mortum} ne sont plus présents, et pour cause, les membres actuels étaient des enfants… Pour Graveland, le groupe est actuellement très loin de ces erreurs de jeunesse. (…) Un humain ne peut-il avoir le droit de se tromper de chemin pour ensuite suivre un chemin de rédemption ?"

Le Festival présente ainsi ces groupes comme "repentis" et affirme "qu’en aucune façon, le comité ne s’autoriserait à inviter des groupes ayant actuellement des propos racistes, antisémites".

La préfecture de l’Ain serait au courant et examinerait actuellement la situation pour donner une réponse d’ici quelques jours.

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2 commentaires
  1. Skipp - 8 juillet 2016

    Pas d'amalgame c'est le credo des antiracistes mais cela ne s'applique pas à eux apparemment.

  2. canut - 10 juillet 2016

    Nouvel article 431-1 du code pénal modifié : 1° Après le premier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de menaces, l'exercice de la liberté de création artistique ou de la liberté de la diffusion de la création artistique est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. » ;Portons tous plainte contre Dominique Sopo et cette pompe à subventions néfaste qu'est SOS Racisme !

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