Un prêtre de Lyon compare les victimes des attentats aux terroristes

Le père Hervé Benoît, prêtre catholique à la basilique de Fourvière, a publié une tribune sur le site Riposte catholique, dans laquelle il affirme que les assassins du Bataclan sont “les frères siamois” des spectateurs du concert, “pauvres enfants de la génération bobo”.

"Vous invoquez le diable en rigolant ? Lui vous prendre (sic) au sérieux." Sur le site Ripostecatholique.fr, le père Hervé Benoît, prêtre catholique de la basilique de Fourvière, a publié vendredi dernier un texte en réaction aux attentats de Paris.

Un texte qui est loin de bercer dans la compassion avec les victimes, en tout cas celles du Bataclan, qualifiées de "frères siamois" de leurs assassins.

“On ne joue pas avec les icônes”

Dans ce texte, parsemé de nombreuses fautes de français, le père Hervé Benoît fustige "ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique". En cause, le groupe qui se produisait ce soir-là sur la scène parisienne, Eagles of Death Metal, et ses paroles évoquant le diable : "À force de ne rien prendre au sérieux, tout fini (sic) par devenir tragique (…) On ne joue pas avec les icônes, elles véhiculent le sacré..."

Cette jeunesse, pour la musique qu'elle écoute et apprécie, est, pour le père Benoît, victime du "même déracinement, de la même amnésie, du même infantilisme, de la même inculture" que ses bourreaux.

“Pas la position du diocèse, ni du cardinal”

"C'est pas le retour du Moyen Âge, poursuit-il, contrairement à ce que disent les crétins, c'est la postmodernité dans toute son absurdité. Le drame de l'humanisme athée, qui aime le diable, la mort, la violence, et qui le dit... et qui en meurt !"

"Où est l'horreur, la vraie ?" s'interroge-t-il enfin lorsqu'il compare les 130 morts des attentats aux "600 morts (…) chiffre des avortements en France le même jour".

Contacté par Lyon Capitale, le diocèse de Lyon a simplement indiqué que "ce n'[était] évidemment pas une position qui reflète celle du diocèse ni celle du cardinal", ne souhaitant pas faire plus de commentaire pour le moment, "peut-être plus tard". "Ce n'est pas le jour", alors que le cardinal Barbarin célèbre ce lundi après-midi les obsèques de Caroline Prénat, Lyonnaise de 24 ans tuée au Bataclan le 13 novembre.

À la sortie de ces funérailles, justement, le cardinal Barbarin a évoqué un texte "très blessant".

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut