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Numéro 23 : Houzelot fait chevalier de l’ordre des Arts et Lettres

L’information était passée totalement inaperçue. Elle n’en est pas moins avérée. Fleur Pellerin, ministre de la Culture, vient de nommer (arrêté du 13 février 2015) Pascal Houzelot au grade de chevalier de l’ordre des Arts et Lettres. Motif : président-fondateur d’une chaîne de télévision.

Après l’escroquerie Tvous la Télédiversité (opportunément devenue Numéro 23) du CSA de Michel Boyon et sa revente annoncée à NextRadioTV pour 90 millions d’euros, voilà que l’appareil d’État continue de complètement dysfonctionner, en dépit des discours de façade se voulant offusqués. Fleur Pellerin, qui, devant la représentation nationale, s’étrangle de cette revente scandaleuse -le canal TNT ayant été offert gratuitement à Pascal Houzelot en 2012- comme de la médiocrité absolue de cette chaîne créée dans le seul but de réaliser une opération financière juteuse, comme le clame aujourd’hui Rachid Arhab, ancien Sage du CSA révolté, n’est pourtant pas gênée aux entournures pour décorer son récipiendaire.

De deux choses l’une : soit elle ne lit pas les dossiers que son cabinet instruit pour elle et décore ensuite n’importe qui au kilomètre, soit elle est une adepte du double langage, devenu il est vrai monnaie courante en politique. Rappelons que l’ordre des Arts et des Lettres est une décoration honorifique censée récompenser “les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde”.

Avec cette affaire et en pleine période de disette pour le monde des médias, les récentes injonctions de Fleur Pellerin à Mathieu Gallet pour “sortir du conflit” et “rétablir le dialogue social” à Radio France prennent, du coup, une tout autre résonance et une tout autre signification. En un mot comme en cent, elles ont perdu toute forme de crédibilité. Comme l’écrivait André Thérive, “La trahison est une question de dates”. Appelons cela le syndrome de la Rue des boutiques obscures. Audiard était quant à lui beaucoup plus direct, qui affirmait “Les producteurs de films ont tous des Rolls-Royce parce que, dans le métro, il faut payer comptant”.

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