Lyon - Saint-Étienne : le rêve d’une métropole verte

Lyon seule est un nain au niveau européen. En s’alliant avec ses voisines, elle pourrait enfin rivaliser avec Milan, Munich ou Barcelone. Il faudra aussi relever un défi : la construction d’une vaste métropole de 3 millions d’habitants, offrant une haute qualité de services, tout en préservant en son cœur des espaces naturels uniques.

La métropole du futur sera verte. Ou elle ne sera pas. Verte car plus personne ne se projette à 20 ou 30 ans sans prendre en compte les considérations écologiques : développement des transports “propres”, transformation des industries polluantes… Verte parce que tous les documents d’aménagement du territoire ont inscrit la protection des ceintures vertes de l’agglomération lyonnaise comme une priorité stratégique, susceptible d’attirer demain des entreprises internationales en quête d’un cadre de vie unique pour leurs cadres supérieurs. Verte enfin car l’avenir de Lyon passe par Saint-Étienne. La deuxième et la huitième agglomérations de France ne constituent déjà pratiquement plus qu’une seule et même zone urbaine. La ville s’est étendue pratiquement tout le long de la périlleuse et obsolète A47.

Aux deux bouts, les maires tiennent le même discours. Celui du nécessaire rapprochement. Les Universités ont déjà fait le pas en se ralliant à la même bannière, “l’Université de Lyon”. Les Hôpitaux pourraient suivre. Les réseaux de transports sont en train de se constituer en “RER” à la lyonnaise, avec l’équivalent d’une carte orange unique. Et demain, toutes les politiques seront concertées ? Les maires de Saint-Étienne et de Lyon ne disent pas autre chose. C’était déjà le cas lors du dernier mandat et cela n’avait concrètement pas beaucoup avancé relève à raison Bernard Constantin, porte-parole de la SEPL* et spécialiste des questions métropolitaines (lire entretien). Le dernier rapport de l’association tire la sonnette d’alarme sur les retards pris par Lyon, “capitale mondiale de l’incohérence administrative !

Fini l’immobilisme ?

Durant son premier mandat, Gérard Collomb ne s’est pas saisi de ce chantier. Il l’a d’ailleurs admis durant la dernière campagne dans Lyon Capitale (29 janvier 2008), où il annonçait un virage : “Il fallait que Lyon se développe ! Quand on aura achevé le Confluent et le 7e, la ville sera réalisée, construite. Le mandat qui se termine a montré le passage à une deuxième étape : développer des territoires qui étaient complètement marginalisés, comme le Carré de soie. Il faut maintenant penser encore plus loin, penser métropole d’équilibre”. À Saint-Étienne, Maurice Vincent saisit la balle au bond : “Je suis peut-être plus prêt à dialoguer avec le Grand Lyon que mon prédécesseur (Michel Thiollière, UMP), car le phénomène de métropolisation progresse d’année en année.

Vincent-Collomb, la métropole possède son moteur. On peut même y ajouter un autre socialiste, Alain Cottalorda, maire de Bourgoin-Jallieu. La SEPL aimerait un organe plus formel, réunissant aussi Bourg-en-Bresse, Roanne, Villefranche ou Vienne. Mais pour le journaliste Daniel Navrot (Prospective Rhône-Alpes Méditerranée), les rencontres biannuelles entre Collomb, Vincent et Cottalorda peuvent suffire : “La SEPL n’a pas tort de regretter l’immobilisme du dernier mandat. Mais je peux témoigner des avancées. Il y a une réelle convergence entre Collomb, Vincent et Cottalorda. Tous les trois, ils peuvent très bien faire un maximum de choses.” Vice-Président du Grand Lyon en charge de la “stratégie métropolitaine”, Jean-Yves Sécheresse (PS) confirme : “Cottalorda, Vincent et Collomb sont sur la même ligne. La volonté politique est là.” On ne demande qu’à les croire. Et on attend surtout la concrétisation de ces belles promesses.

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