Doutre
Albert Doutre © TD

Le patron de la police vire Lyon Capitale d'un point presse

"Vous parlez sans arrêt des dysfonctionnements de la police" s’est emporté le patron de la police du Rhône, reprochant à Lyon Capitale la mise en ligne d’une vidéo montrant un policier lyonnais frapper à terre un supporter algérien.

Le directeur départemental de la sécurité publique du Rhône, Albert Doutre, a exigé ce matin le départ d’une journaliste de Lyon Capitale d’un point presse organisé dans son bureau pour évoquer les événements de la nuit, après le match Allemagne/Algérie. Refusant de s’exprimer en présence de notre journaliste, il l’a fait raccompagner par une fonctionnaire de police jusqu’à la sortie du commissariat central. "Partez, je ne veux plus parler aux journalistes de Lyon Capitale" a-t-il lancé.

Lors d’un bref échange, en présence de nos confrères d'autres médias lyonnais, il a répété : "Je ne parle plus à Lyon Capitale." Interrogé par notre journaliste sur les raisons de son exclusion, il a précisé : "Vous parlez sans arrêt des dysfonctionnements de la police. Il y a eu la vidéo la semaine dernière sur le pont de la Guillotière."

La vidéo en question montrait un policier lyonnais frappant à terre un supporter algérien. Reprise par la plupart des médias en ligne, elle avait été postée sur YouTube par un témoin. Avant de la mettre en ligne sur lyoncapitale.fr, notre journaliste – justement celle qui a été exclue du point presse – avait vérifié la véracité des images et contacté la direction départementale de la sécurité publique du Rhône. Cette dernière, qui a découvert alors cette vidéo, nous avait fait savoir, comme nous l’indiquions dans l’article, qu’une enquête interne serait ouverte. Ce qui fut confirmé dès le lendemain par le parquet.

Par ailleurs, nous avons appris ce matin que les services de police du Rhône ont reçu la consigne du même Albert Doutre de ne plus communiquer avec les journalistes de Lyon Capitale.

La rédaction de Lyon Capitale s’indigne d’une telle atteinte à la liberté de la presse et rappelle qu’elle n’a fait que son travail en publiant cette vidéo, comme lors de l’affaire Neyret, et comme à chaque fois qu’elle a eu à traiter de dysfonctionnements au sein de la police lyonnaise. Albert Doutre s'était d'ailleurs à plusieurs reprises ces derniers mois exprimé longuement dans les colonnes de Lyon Capitale et sur lyoncapitale.fr.

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6 commentaires
  1. Marine - 1 juillet 2014

    Je suis contre toutes formes de violence mais juste pour mon information 'personnelle' pourquoi ne voyons jamais des vidéos qui montrent ce que les lyonnais et lyonnaises ont subi lors de ces débordements. Ont à l'impression qu'il y a 2 sortes d'articles. Dommage. Tout devrait être publié !!!! Aujourd'hui Lyon Capital va t'il interroger nos élus sur le coût de ses débordements, sur le coût de ces forces de l'ordre et surtout sur Qui Paie ??? Merci

  2. france3969 - 1 juillet 2014

    C'est inadmissible et inacceptable qu'un représentant de l'état francais, de surcroit un représentant de la justice, décide seul, tel un 'dictateur', d'exclure un journaliste d'une réunion publique sous prétexte que ces articles ne sont pas complaisant avec son service. C'EST UNE HONTE à la france, pays de la liberté d'expression!! D'ailleurs, c'est cette liberté du journalisme qui permet d'avoir des journaux qui défendent le point de vue de l'état et d'autres qui le critique. Honte à lui !!!

  3. stivostine69 - 1 juillet 2014

    Soutien total à Lyon Cap, meme si comme bcp j'ai été choqué par le deux poids deux mesures des videos diffuser sur Lyon Cap.

  4. Epaminondas - 1 juillet 2014

    Et la confraternité ? Combien d'autres journalistes ont également quitté la salle pour manifester leur soutien à votre journaliste et protester contre ces méthodes anti-démocratiques ?

  5. grandlyonnaise - 1 juillet 2014

    Cet homme, prompt à mettre en oeuvre des décisions préfectorales organisées sur des faux certificats de tubercolose pour les animaux, est tout à fait capable de nier ses actes de violence, et punir ceux qui oseraient en faire l'écho !ce sont ces gens là qui nous gouvernent Nous sommes en France parait il ! il faut vraiment réussir à s'en convaincre en voyant de tels faits !BRAVO LYON CAP il n'y a pas beaucoup de monde qui soit CAP comme vous de défendre la liberté d'information

  6. Sophie_Lyon - 1 juillet 2014

    Le Progrès n'est pas sorti de la salle en signe de solidarité ? ça m'étonne 😀

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