Pourtant mise en demeure par la préfecture, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a obtenu gain de cause : l’État va mener une double enquête après des accusations de "dérives islamo-gauchistes" à l’université Lyon 2.
L’histoire n’en finit pas. Mise en demeure par la préfecture du Rhône en mai dernier la Région Auvergne-Rhône-Alpes ne sera pas, du moins pour un temps, obligée de verser les quelque 9,9 millions d’euros de subventions à l’université Lyon 2, que la collectivité avait décidé de geler après qu’un professeur, Fabrice Balanche, avait été accusé de racisme et intimidé par un groupe d’individus qui s’étaient introduits dans son cours en 2025.
En novembre de la même année, une deuxième affaire était venue tendre un peu plus les relations entre la Région et l'université. Julien Théry, professeur d'histoire à Lyon 2, avait été sous le feu des critiques après avoir partagé, sur ses réseaux sociaux, une liste de "génocidaires à boycotter". Le conseiller spécial à la Région, Laurent Wauquiez, avait dénoncé des "dérives islamo-gauchistes" et réclamait depuis un audit à l’État.
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Deux missions d’enquête lancées par l’État
Et d’après nos confrères du Progrès, ce sera bientôt le cas. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, auraient envoyé un courrier commun au président de Région, Fabrice Pannekoucke, lui indiquant qu’ils prévoient de mener deux missions de renseignement : l’une par l’Inspection générale de l’éducation et l’autre par les services de la direction nationale du renseignement territorial.
Laurent Wauquiez s’est réjoui de cette nouvelle auprès de nos confrères, estimant que l’on "n’a pas le droit de fermer les yeux sur des dérives islamistes, sur des faits relevant de l’apologie du terrorisme et sur l’entrisme." Et d’ajouter : "Le respect de la laïcité et de la liberté académique n’est pas négociable. Si cela redevenait la règle au sein de l’Université Lyon 2, nous n’aurions aucune difficulté à verser la subvention. Nous lui tendons ainsi la main. L’objectif n’est aucunement de ne pas payer."
La direction de l’université n’était, elle, pas au courant. "Nous n’avons pas été informés du lancement d’une mission de ce type à notre égard", assure-t-elle à nos confrères, soulignant faire "pleinement confiance à la Préfecture pour mener à bien la procédure de mandatement d’office envers la Région, approuvée par la Chambre Régionale des Comptes."
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