À l’occasion du conseil municipal ce jeudi, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a annoncé qu’il mettra en place une commission des violences sexistes et sexuelles en septembre, à laquelle l’ensemble des groupes de l’hémicycle seront conviés.
Si elle n’avait pas été abordée lundi lors du conseil métropolitain, "l'affaire Abreu" a été le personnage principal de ce début de conseil municipal ce jeudi 25 juin. D’abord en raison de l’absence de Jean-Michel Aulas et Laure Cédat, président et vice-présidente du groupe Cœur lyonnais, poussés à leur mise en retrait pour avoir été tenus au courant en février des accusations de viol par soumission chimique portées contre Roman Abreu, ancien conseiller de Jean-Michel Aulas durant les municipales 2026. Une plainte a finalement été déposée par la militante Génération Aulas le 13 mai. Mais le sujet est également revenu dans les différentes prises de parole qui ont rythmé le début de la séance.
Une commission des violences sexistes et sexuelles en septembre
En premier lieu celle du maire, Grégory Doucet, qui a longuement rappelé que les violences sexistes et sexuelles ne sont ni "un enjeu périphérique", ni "un fait extérieur à la vie politique", estimant que "la prudence juridique ne doit jamais servir de refuge à l’indifférence politique." L’édile a notamment réitéré son soutien à la jeune militante, face au "poids du silence, du doute, de la culpabilité et même du calendrier politique." Et d'interroger : "Qui savait ? Qui n’a pas su ? Qui a considéré que ce n’était pas à dire ? Qui a laissé à la victime le poids d’une décision impossible ?"
Face à un sujet appelant à la "responsabilité moral et politique", Grégory Doucet a annoncé que la Ville de Lyon organiserait une commission des violences sexistes et sexuelles (VSS) en septembre prochain. Cette dernière sera "le point de départ" d’un pacte municipal de lutte contre les VSS voulu "transpartisan" par le maire afin de transformer "une affaire douloureuse en action résolue." Les formations sur les VSS dispensées dans les associations sportives seront par ailleurs rendues obligatoires dans l’ensemble des associations subventionnées par la municipalité.
Car "les premiers choix d’un mandat disent une vision", Grégory Doucet a dénoncé avec force "le silence" de la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, lors du conseil métropolitain lundi 22 juin et son refus que deux textes soient présentés. "Chacun appréciera ce choix. Passer sous silence les violences sexistes et sexuelles est un signal terrible", a-t-il jugé. Et d'affirmer : "Sur les violences sexistes et sexuelles, nous ne voulons ni gêne, ni calcul, ni silence. Nous voulons un pacte. Nous voulons une méthode. Nous voulons une responsabilité partagée." Véronique Sarselli a toutefois annoncé ce jeudi après-midi confier une "missions spéciale" à la conseillère métropolitaine Élodie Roux de Bézieux relative aux violences sexistes et sexuelles (voir encadré).
La présidente de la Métropole de Lyon Véronique Sarselli annonce dans un communiqué confier une "missions spéciale" à la conseillère métropolitaine Élodie Roux de Bézieux relative à "la prévention, au signalement et au traitement des violences sexistes et sexuelles dans la vie institutionnelle métropolitaine." Objectif : dresser un état des lieux des dispositifs existants et formuler "dans un délai de six mois" des propositions "concrètes" pour renforcer le cadre d’action métropolitain.
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"Cette affaire est politique"
Si l’ensemble des groupes se sont ensuite exprimés en faveur de la commission souhaitée par Grégory Doucet, ce sont surtout les prises de parole des groupes Lyon Ensemble et Lyon, Humaniste et Démocrate, nés de la scission au sein de Cœur lyonnais, qui étaient attendues. En témoigne le silence grave qui a accompagné les mots de Nina Bouffet (Lyon Ensemble). "Nous apportons notre soutien sincère, notre affection et solidarité à la victime face à l’épreuve qu’elle traverse. Nous serons toujours à ses côtés", a-t-elle déclaré. Et d’expliquer : "Quitter Cœur lyonnais est une décision qui n’est pas guidée par un esprit de division, elle coûte humainement, mais elle s’impose. C’est le choix de la cohérence à nos valeurs et à notre engagement politique." Soulignant enfin que les VSS "ne sont pas une affaire privée", mais "concernent toute la société", Nina Bouffet a dit vouloir être "de la génération qui ne fermera jamais les yeux devant les violences sexistes et sexuelles."
Quelques instants plus tard, Laurence Croizier saluait la décision de Véronique Sarselli de retirer leurs délégations à Jean-Michel Aulas (1er vice-président), Laure Cédat (8e vice-présidente) et Emmanuel Imberton (3e vice-président) et appelait à "ne pas politiser" cette affaire. Ce qui n’a pas manqué de donner lieu à une passe d’armes avec le maire. "Ne pas avoir un seul mot sur l’affaire, ne pas avoir engagé la moindre décision pour endiguer les violences sexistes et sexuelles, c’est mettre la poussière sous le tapis", a-t-il estimé. Et de conclure : "Je vous le dis dans les yeux, cette affaire est politique. C’est politique de faire comme si cela n’était qu’une affaire de plus dans cette longue liste abominable de violences sexuelles, c’est dire l’importance que l’on porte à ce sujet. Nous serrons alliés pour lutter. Qu'une légitimité électorale puisse reposer sur l'occultation d'un crime est déjà en soit un sujet."
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