Parloirs : les familles peuvent attendre
Pointé par le Contrôleur général, le fonctionnement des parloirs famille n'a rien de satisfaisant. (Article paru dans le numéro de mai de Lyon Capitale)A Villefranche, les prévenus en ont droit à trois par semaine alors que les condamnés à deux.
Ils durent une demi-heure sauf le jeudi et le vendredi matin (une heure). Les familles ou les proches doivent prendre rendez-vous à une borne automatique. Et le jour J et à l'heure H, chacun doit se présenter à l'accueil famille. Là, des surveillants font l'appel et ouvrent une première porte.
Aucun retard n'est toléré. "Un jour, j'ai vu une personne se faire refouler pour cinq minutes alors qu'elle avait fait plus de 500 kilomètres !" se souvient un père de famille. Une fois passées à la consigne pour poser leurs objets métalliques, les familles passent sous le portique de détection de métaux. Là encore, la règle est très stricte.
A la troisième sonnerie, l'accès est refusé. "Il y a des petits trucs à savoir, explique une compagne de détenu. Les baleines des soutiens-gorge peuvent faire sonner. J'ai assisté à des scènes terribles. Une vieille dame qu'on refusait de faire entrer ou une personne qui a été mise dehors parce qu'un surveillant l'avait vu se déshabiller. Désormais, je mets un soutien-gorge spécial".
Tous les parloirs ont été rénovés.
Les boxes ont fait place à de petites salles de 4m2 climatisées où quatre chaises sont disposées. Interdit d'apporter quelque chose à un détenu, surtout pas à manger. La famille peut amener du linge propre mais il doit être posé dans une caisse en plastique avant d'entrer dans le parloir pour être examiné.
La surveillance s'opère grâce à des petites vitres disposées sur la cloison. "J'ai été vue en train de donner des petits gâteaux, témoigne l'amie d'un détenu. J'ai été privée de visite pendant trois mois." Une sonnerie annonce la fin du parloir. Les détenus partent en premier, posent leur main sur la borne biométrique, une porte s'ouvre. Derrière : fouille intégrale. Les familles partent ensuite.
Photo : Fabrice Caterini - Notre dossier complet sur les prisons en cliquant ici lien
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