5 choses que vous ignorez peut-être sur le parc de la Tête d'Or


Par Florent Deligia
Publié le 01/05/2015  à 08:24
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Avec l'arrivée des beaux jours, les Lyonnais se dirigent vers le parc de la Tête d'Or. Lyon Capitale vous propose de découvrir cinq choses que vous ignorez peut-être sur le poumon vert de la ville.

parc de la tête d'or ()

Tête d'Or à cause d'une légende

Lyon, XVIe siècle. Les terres qui accueilleront trois cents ans plus tard le parc de la Tête-d’Or ne sont alors qu’un terrain vague parsemé de pâturages, où s’invite régulièrement le Rhône. Il faut dire que l’Est lyonnais n’existe pas encore et ceux qui s’y aventurent le font parfois à leurs risques et périls. La propriété appartient à l’époque à la famille Lambert, mais se nomme déjà “Tête-d’Or” en raison d’une légende tenace. On raconte que des barbares ou des croisés y auraient dissimulé un trésor majestueux. Parmi ces richesses, une tête de Christ en or qui ne manque pas d’attiser la convoitise des curieux. Plus tard, la légende évoluera. On dit qu’en creusant le lac, des canuts ont découvert la tête du Christ rapportée par les croisés. Avides de richesse, ils se sont alors battus pour s’emparer du trésor. Émue par ce triste spectacle, la tête du Christ aurait fondu en larmes, remplissant ainsi le lac. Plus sérieusement, ce sont surtout les eaux du Rhône qui composent ces 17 hectares liquides.

Pour le parc de la Tête d'Or comme la rue de la République : Merci Vaïsse

Le XIXe siècle est marqué par de nombreux projets de parc dans la ville. Cependant, l’aménagement du parc sur les terres que nous connaissons aujourd’hui sera impulsé par le préfet Vaïsse, à partir de 1855. Vaïsse est l’homme des grands travaux à Lyon. On lui doit également la rue de la République et la rue Édouard-Herriot (“de l’Empereur” et “de l’Impératrice” sous le Second Empire). En 1856, en pleine mode hygiéniste, Vaïsse milite pour une “promenade publique”, “facilement accessible aux promeneurs à pied (...) – la campagne de ceux qui n’en ont pas”. À 6 000 kilomètres de là, depuis les années 1850, les autorités new-yorkaises se posent la même question et aboutissent à la création du “Central Parc” qui sera inauguré en 1857. Cette même année, les travaux du parc de la Tête-d’Or débutent, après que la ville de Lyon a acheté les terres aux Hospices, pour 1 250 000 francs.Les frères Denis et Eugène Bühler ont été choisis pour le dessiner, en suivant un cahier des charges précis. Le parc doit être composé “d’allées de différentes largeurs pour les promenades à pied, à cheval et en voiture”, d’un “lac alimenté par les eaux du Rhône”, d’une école botanique, des bâches et des serres, “d’une orangerie avec un amphithéâtre pour les cours de botanique”, d’un espace pour un parc à daims et d’autres abris pour les animaux, et “d’un aviarium pour les oiseaux”.

Construit pour occuper les Canuts

Pour ses grands travaux, le préfet Vaïsse aime joindre l’utile à l’esthétique : la rue Impériale (République) devait ainsi faciliter les charges de la cavalerie en cas de nouvelles émeutes des canuts ; l’aménagement du parc de la Tête-d’Or va quant à lui permettre d’occuper les Canuts au chômage... et de calmer les esprits. Plus de 3 000 ouvriers se relaient pour transformer le parc, monter lesdigues et creuser le lac. Peu habitués aux travaux de ce type, les canuts remplissent rapidement les hôpitaux de Lyon (dans le meilleur des cas), voire les cimetières lorsque cela tourne mal. Malgré les difficultés, ils ne baissent pourtant pas les bras : certains espèrent secrètement tomber sur le trésor à chaque coup de pelle et travaillent à un rythme soutenu. Le parc est enfin inauguré le 5 juillet 1857, dans une chaleur étouffante, alors que les travaux sont loin d’être finis et que des plantes se meurent déjà.

Un parc sans clôture à l'origine

À l’origine, le parc de la Tête-d’Or n’a ni clôture ni murs, les Lyonnais pouvant y rentrer et en sortir comme bon leur semble. La situation ne va pas durer, d’autant que certains n’hésitent pas à voler des plantes, des arbustes et même les plumes d’une autruche. En 1888, une clôture est posée, qui fait long feu, démontée par des visiteurs qui ne voulaient point de cette limite. En 1897, est alors érigé un muret surmonté d’une grille, là encore en vain. En 1898, la solution radicale est votée par la municipalité : une haute grille protégera le parc de tous les intrus, qui ne sera ouverte qu’à trois endroits et solidement fermée la nuit. Cela ne découragera pas les promeneurs noctambules, mais les empêchera au moins de partir avec des trésors sous le bras.

Les plaques d'immatriculation, une idée lyonnaise pour le parc

1891. Les premières voitures circulent librement dans le parc, provoquant le mécontentement des promeneurs, qui se plaignent de la poussière soulevée par les roues et des accidents parfois mortels. Le maire, Antoine Gailleton, décide alors de rendre obligatoire l’installation d’une plaque métallique avec un numéro d’identification sur chaque automobile. À ses débuts, la plaque est temporaire : on la prend à l’entrée du parc pour la restituer à la sortie. Mais le dispositif s’impose bientôt à toute la ville, et chaque voiture lyonnaise reçoit son numéro fixe. Les visiteurs quant à eux se voient prêter une plaque pour circuler librement. Le dispositif sera généralisé à tout l’Hexagone dès 1901.

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