Rythmes scolaires: "Deux mauvais scénarios, on a choisi le moins pire"


Par Thomas Frénéat
Publié le 09/02/2018  à 11:49
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La mairie l'a annoncé hier, la ville revient à la semaine de 4 jours. Si Georges Képénékian s'est félicité des concertations organisées et de la solution trouvée, il semblerait finalement qu'à vouloir contenter tout le monde, il n'ait contenté personne.

Couloir d’une école primaire à Vénissieux, 2014 © Tim Douet
© Tim Douet

"Les deux scénarios étaient mauvais. On a choisi le moins pire" déplore la PEEP, à moitié satisfaite des changements. Victoire tiède également pour le syndicat d'enseignants FO, "Le principal c'est d'être repassés à 4 jours. Mais il faut dire qu'aucun des deux scénarios proposés n'était enthousiasmant", explique un militant. Chez l'association de parents d'élèves, c'est notamment l'alourdissement du périscolaire qui inquiète. "On va rester vigilants sur la qualité du périscolaire, qui n'est pas toujours au rendez-vous" prévient la PEEP avant d'ajouter "On regrette également qu'il n'y ait pas de différenciation entre la maternelle et l'élémentaire". En effet, l'association considère qu'il faudrait alléger les emplois du temps des plus petits. Un avis partagé par la FCPE, qui dans un récent communiqué assure ne pas se satisfaire "d'une solution toute macronienne" et relève "le besoin exprimé par les écoles maternelles, d’un rythme et d’une attention spécifiques".

Les syndicats d'enseignants amers

 Du côté des enseignants, la pilule a un peu de mal à passer. Au syndicat SE-UNSA, les militants se disent amers. "La réforme était bien pensée, mais a été détruite par des ministres comme Mr Darmanin. On devait se baser sur le bien-être des enfants, et c'est devenu une guerre d'adultes" déplore une militante qui pense que c'est une histoire d'argent qui a poussé le retour aux 4 jours. "L'argent ? C'est le nerf de la guerre. Ces changements vont dans le sens de l'économie et des adultes, et pas dans celui des enfants. Et encore une fois dans quelques années on nous dira que les enseignants sont bons a rien" regrette-t-elle. Au SGEN-CFDT, les enseignants syndiqués trouvent aussi que l'enfant a été un peu oublié dans cette affaire, et notamment les plus en difficulté. "Repasser à 4 jours signifie une surdensification de l'apprentissage. Pour les élèves qui ont un peu plus de mal à l'école, ça va être vraiment difficile" insiste un syndicaliste. En filigrane, tous pointent également les problèmes d'organisations que cela peut poser pour les enseignants eux-mêmes. En effet, si beaucoup d'écoles repassent à 4 jours, il en reste quelques-unes sur le modèle de 4,5. Problème, il existe des enseignants qui exercent dans les premières, et qui scolarisent leur enfant dans les secondes… Un véritable casse-tête d'organisation pour les concernés.

Des mobilisations prévues à Villeurbanne et Vénissieux

Au niveau de l'organisation des concertations, le syndicat FO a aussi son mot à dire. "Les horaires des conseils d'école ont été fixés par la mairie, et en plus elle a essayé d'interdire aux ATSEM d'y assister !" s'étonne un syndicaliste. "On espère qu'il va continuer à avoir de l'écoute. Même si on n'y croit pas tellement" conclut la PEEP. Enfin, dans les deux seules communes qui ont voté les 4,5 jours, la tension monte. À Vénissieux notamment, plusieurs syndicats d'enseignants annoncent qu'ils se mobiliseront aux côtés des parents d'élèves pour appuyer un retour aux 4 jours. À Villeurbanne, le syndicat SNUDI-FO qu'une assemblée générale est prévue tandis que "plus de 200 enseignants ont signé la pétition du SNUDI-FO pour le retour à la semaine de 4 jours".

 

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