Chute du Sucre : une faille dans le système de sécurité ?


Par Emmanuelle Sautot
Publié le 04/06/2015  à 09:37
2 réactions

Le 3 mai, Thibault, 26 ans, est tombé d’une poutre du haut de la boite de nuit électro Le Sucre. Depuis, des mesures ont été prises afin d’interdire l’accès aux escaliers de secours. La famille de Thibault pose la question de la sécurité de l’établissement.

Opticien à la Croix-Rousse, Thibault a fait une chute de 12 mètres de la terrasse du Sucre, à la Confluence. Hospitalisé depuis un mois, il est sous assistance respiratoire, a subi une opération de la jambe et risque d'être tétraplégique.

Ce dimanche 3 mai, le jeune homme vient faire la fête avec ses amis et arrive vers 17h. Un dimanche sur deux, le Sucre programme un rendez-vous techno de midi à minuit, appelé "We are reality". Econduit de la boite de nuit vers 21h30, Thibault essaie de rentrer à nouveau par l'escalier de secours, enjambe une rambarde de sécurité, atteint une poutre et glisse.

“C’est une technique connue quand tu te fais refouler”

D'après nos informations, ce "tuyau" – afin de rentrer dans la boîte discrètement – tournait auprès des habitués. "J'ai des potes qui ont utilisé ces escaliers pour rentrer. C'est une technique connue quand tu te fais refouler. Tu montes les escaliers de secours jusqu'au 4e étage, tu escalades et tu arrives sur la terrasse", explique Max, 18 ans, qui passe ses week-ends au Sucre.

"C'est un problème connu de la direction. Dès l'ouverture, l'équipe du Sucre a vu des jeunes passer par ces escaliers pompiers. Ils se sont inquiétés et ont posté des vigiles devant la porte", précise un habitué des lieux.

D'après Julien Chauviré, l'avocat de l'établissement, la direction du Sucre n'a jamais constaté, auparavant, de tels agissements. Du côté de la société de sécurité (un prestataire qui avait déployé 5 agents ce soir-là) on est moins catégorique. "C'est vrai qu'on a déjà dû faire redescendre des personnes qui essayaient de monter par là", nous assure Philippe Pic, le directeur de l'entreprise.

"Si la direction savait qu'il y avait un autre accès emprunté fréquemment, pourquoi n'ont-ils pas mis en place un dispositif de sécurité ? " s'interroge Me Caroline Paris, l'avocate de Thibault.

Depuis, des mesures ont été prises afin d'interdire l'accès aux escaliers de secours. Des panneaux de signalisation, une chaîne et un vigile en bloquent désormais l'entrée.

Aujourd'hui, la famille de la victime porte plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. Une enquête pénale est en cours.

 

  • Actuellement 5 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note : 5/5 (3 note(s) attribuée(s))

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Partagez cet article :   Twitter Facebook Google Plus email

à lire également

Vos réactions
2 commentaires

Quelque soit le système de sécurité, on empêchera jamais un imbécile de prendre des risques inconsidérés.

Signaler un abus | le 04/06/2015  à 09:56 | Posté par  Kasneh  

Poser la question du système de sécurité ? Celle de l'alcool et du binch drinking, plutôt non ? Un jour, on nous mettra des camisoles pour nous protéger de nous même, et nous serons consentants...

Signaler un abus | le 04/06/2015  à 10:08 | Posté par  Tx  

Il n'est pas possible de poster des commentaires au-delà de 60 jours après la publication de l'article.