Huit cas de racisme ordinaire à Lyon


Par Fabien Fournier
Publié le 30/12/2013  à 08:17
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La Licra a accepté d'ouvrir ses dossiers, révélant le racisme ordinaire ayant cours au travail, dans les cours d'école, sur Internet ou entre voisins. Nous avons volontairement choisi de vous présenter huit situations différentes, où s'exprime le rejet de l'autre. 

Y a-t-il une recrudescence du racisme en Rhône-Alpes ? Interpellés par les injures proférées à l'encontre de la Garde des Sceaux, nous avons interrogé différentes associations. "Nous étions à 50 plaignants l'an dernier, et on atteindra peut-être un chiffre de 60 cette année", évalue Eric Gerbe, responsable de l'accueil à la Licra. A notre demande, l'association en lutte contre le racisme et l'antisémitisme a accepté d'ouvrir ses dossiers, révélant le racisme ordinaire ayant cours au travail, dans les cours d'école, sur Internet ou entre voisins. 

Nous avons volontairement choisi de vous présenter huit situations où s'exprime le rejet de l'autre parfois au-delà de la seule différence de couleurs de peau. Tous ces cas se sont produits à Lyon et dans sa région, au cours des trois dernières années. Certains donnent lieu à une procédure judiciaire. Les exposés donnent uniquement la parole aux victimes. 

Le tract anonyme dans la boite aux lettres

L'enveloppe porte son nom, écrit à la main. La lettre est dactylographiée. "Il est temps que quelqu'un dise tout haut ce que beaucoup de monde pensent tout bas. Ce message s'adresse à vous, musulmans", attaque la missive. La destinataire est pourtant athée. La lettre lui enjoint d'arrêter "d'importer tout votre merde chez nous". "Il vous faudra obéir. intégrez-vous ou dégagez !", exhorte encore l'insulteur anonyme. 

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Sur Facebook, racisme et scatologie

Le conflit est d'abord professionnel. L'homme est photographe et reproche à un groupe de musique d'utiliser ses clichés à une autre fin que celle prévue dans le contrat les liant. Le règlement de comptes dérape sur Facebook. Le musicien poste : "Il se fait qu'il est chocolat et sa femme un jaune de citron. Imaginons leur ébats amoureux. Il sent la soupe, elle elle sent le nem. Voilà qui est cool le bon repas que voici". S'en suivent des immondices, avec une insistance sur l'insulte scatologique. Dans un premier temps, la plainte est classée sans suite. Saisi par la Licra, le doyen du juge d'instruction a cependant instruit l'affaire. Et de lourdes condamnations sont tombées à l'encontre de l'Internaute.

Altercation au volant

L'insulte raciste surgit parfois au coin de la rue, pour une une priorité grillée. La conductrice baisse la vitre pour informer le contrevenant que les règles ont ici été récemment changées. "Ferme ta gueule sale arabe, c'est pas une arabe de merde qui va m'apprendre la loi. Rentre chez toi, sale pute", lance l'homme à qui renseignement a été donné. La mère encaisse, ses enfants à l'arrière. Elle l'interpelle le lendemain, devant les grilles de l'école fréquentée par leurs enfants respectifs, dans l'ouest lyonnais, lui demandant s'il réitère ses propos. "Oui, je les maintiens", proclame-t-il fièrement.

Si la gendarmerie ne valide pas la plainte déposée, le Procureur de la République la retient. Un témoin appuie la version de la mère de famille. "Les témoignages sont souvent rares, mais même sans témoin, les juges peuvent se faire leur opinion. Il faut cependant avoir conscience que dans un cas de parole contre parole, la justice relaxe souvent", explique la Licra. A la barre, la victime précise vouloir des excuses, pas de l'argent. L'agresseur a été relaxé.

Antisémitisme à la cour d'école

La jeune fille de 11 ans vient d'entrer au collège, dans le 8e arrondissement lyonnais. A la cour de récréation, la discussion  porte sur les origines. A l'exposé de la sienne, on la traite de "sale pute juive". La mère, lassée des injures antisémites, décide de changer son enfant d'établissement. Aucune suite n'est donnée à cette affaire. "L'Education nationale est désarmée", regrette la Licra. Pourtant, un an plus tard, une autre élève est victime d'insultes antisémites et de harcèlement, dans le même collège. L'intervention des parents, de l'académie et de la Licra ne laissent pas cette fois les faits sans réponse. Le principal et le conseil de discipline ont admonesté les élèves fautifs, la direction de l'établissement a aussi organisé le retour de la victime dans de bonnes conditions.

Harcelée pour quitter son emploi

Appelons-la Noémie. Elle est commerciale dans une entreprise qui vend des produits chimiques, dans l'agglomération. La société connait des difficultés économiques, les salariés ont peur de perdre leur emploi. "Pour se préserver, on met en difficulté quelqu'un d'autre", décrypte Eric Gerbe. C'est en particulier une employée qui, chaque fois que son chemin croise celui de Noémie, singe l'accent noir. Les autres collègues laissent faire. La victime n'a rien de l'immigrée fraichement arrivée et habitée de sonorités africaines. '"Elle est polyglotte, est diplômée à Bac + 5". Le harcèlement produit ses effets : Noëmie craque, est mise en arrêt maladie. "Le patron tombe des nues. Il dit à la fois que ce n'est pas acceptable et que ce n'est pas possible", raconte la Licra qui a échangé avec lui. 

 

Homophobie et racisme anti-blanc

"Nique ta mère, fils de pute. Bande de pédés, de tapettes. On vous encule, sales blancs". En quelques mots, racisme anti-blanc et homophobie sont proférés, ce qui vaudra une plainte conjointe de la Licra et de la LGBT. Les faits ont lieu à l'issue de la Gay Pride, place Bellecour, en 2013. Les deux victimes sont agressés par un groupe de huit personnes, comprenant aussi des filles. Des coups sont échangés, les policiers s'interposent. Les agresseurs, poursuivis en justice, devront verser 1000 euros de dédommagement, et 500 euros à chaque association. Ils ont fait appel, s'estimant eux-mêmes victimes de racisme. 

A une Brésilienne : "sale arabe !"

C'est le jour du passage du Tour de France à Lyon. Une étudiante est à vélo, sur une piste cyclable quai Tilsit. Un groupe lui barre la route. Elle donne un coup de sonnette, un homme la renverse pourtant volontairement. Elle se fait traiter de "sale arabe". Depuis, cette doctorante brésilienne, spécialisée en littérature française, est sous le choc. "Elle se pose beaucoup de questions sur la France", nous souffle la Licra. 

Discrimination au logement

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C'est une professionnelle de l'immobilier qui a été confrontée aux pratiques discriminatoires ayant parfois cours dans son métier. Cette Parisienne, en quête d'un logement sur Chambéry, jette son dévolu sur un appartement. "Il est déjà occupé", lui répond le propriétaire. Elle le fait rappeler par un ami, au profil identique mais au nom moins exotique. "Il est libre", lui dit-on. Le propriétaire ira jusqu'à relancer plusieurs fois l'ami. La jeune fille lésée signale les faits à l'agence, sans réponse. Elle n'engage aucune poursuite. 

 

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11 commentaires

A une Brésilienne : "sale arabe !"...
Ça résume bien les choses, il me semble...Certaines personnes un peu...limitées ne savent définir les autres que de façon manichéenne en fonction de leur race : les gentils et les méchants se définissent d'abord par la couleur de leur peau, leur nom et leur accent. Pour connaître beaucoup de racistes, ce ne sont jamais des gens très fins...

Signaler un abus | le 30/12/2013  à 12:02 | Posté par  Epsilon  

8 cas de racisme, aucun concernant un blanc hétérosexuel. Tout est dit sur les intentions de l'auteur, a savoir faire sa propagande anti raciste. On va bien se marrer quand d'ici peu, les prétendus anti racistes seront eux meme accusés de racisme par ceux qu'ils pretendaient defendre, pour un oui pour un non.
Etant metisse j'affirme que cet article ne traduit absolument pas la réalité du terrain, c'est un papier pour les salons de bien pensants ou pour draguer une etudiante en sociologie.

Signaler un abus | le 30/12/2013  à 14:00 | Posté par  stivostine69  

C'est étonnant comme le commentaire de Epsilon est mis en lumière par celui de stivostine69.
Comme quoi, c'est bien avec des différences d'éclairage que l'on trouve la lumière...

Signaler un abus | le 30/12/2013  à 16:35 | Posté par  Bonjour69  

La licra c'est une association qui et la pour prendre de l'argent ils on même fait un débat dur les harkis alor qu'il connaisse rien à se sujet les harkis on peut dit qu'il y a eu du racisme venu en France on leur a rien donner alor que les pied noire oui c'est pour ça que dans la fonction publique y'a beaucoup de pied noire et pas de harkis alor qui et rasicte

Signaler un abus | le 01/01/2014  à 16:57 | Posté par  pépito69  

"8 cas de racisme, aucun concernant un blanc hétérosexuel."

Cela paraît tomber sous le sens dans la mesure où le racisme est une pratique discriminatoire indissociable des rapports de domination sociale, n'en déplaise aux porte-étendards du pseudo "racisme anti-blanc", cache-misère de la xénophobie la plus crasse. Pour la même raison, aucun homme hétérosexuel ne pourrait honnêtement se prétendre victime de sexisme dans la société patriarcale qui est la nôtre.

Signaler un abus | le 02/01/2014  à 11:25 | Posté par  Selim  

Toutes ces attitudes ne sont que la conséquence de l'abandon de (tous) les citoyens par des élus qui conduisent des politiques irresponsables.
La licra, mrap, sos racisme et consors n'y changeront rien sauf attiser le feu.

Signaler un abus | le 03/01/2014  à 15:56 | Posté par  Electeur  

Pendant des décennies ces associations et autres bien pensant bobos ont pardonné tout et n'importe quoi au nom de "l'humanisme". Ouvrez une vraie discussion sur l'immigration et vous êtes traité de racisme et menacé de poursuites en justice très vite. Mais surtout ne changeons fientant que ça rapporte à certains.

Signaler un abus | le 04/01/2014  à 09:03 | Posté par  nonmaiscepaspourdire  

LICRA c'est quoi au juste ?...

Signaler un abus | le 04/01/2014  à 16:37 | Posté par  kaoetic  

@selim : en niant l'existence d'un racisme anti-blanc, en expliquant qu'aucun cas n'existe a cause de l'oppression social qu'exercerait les blancs sur le reste de la population, vous ne faites pas de la science, vous faites de la propagande. En effet, il est très facile de demontrer qu'il existe des cas ou le racisme anti-blanc est caracterisé sans oppression sociale quelconque, en particulier quand l'auteur des faits a accumuler a 22/23ans qqles centaines de milliers d'euros de revenu.

Signaler un abus | le 04/01/2014  à 20:31 | Posté par  stivostine69  

@Selim : je pose alors la question : pourquoi nier un fait avéré, une vérité concrete ? C'est très simple, je reprends vos mots : pour masquer la xenophobie la plus crasse, pour attiser les cendres.
Heureusement, tous les immigrés n'ont pas la meme haine de la France, je pense en particulier a mes parents qui chérissent ce beau pays qui a su les accueillir, qui a su nous donner du travail et de l'education, qui a augmenter notre esperance de vie de 20ans au moins.

Signaler un abus | le 04/01/2014  à 20:35 | Posté par  stivostine69  

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