Victime d'une fraude bancaire via Internet de 5 000 euros

Pourtant, cette profession libérale lyonnaise a fait les frais d'une fraude à la carte bancaire d'un montant de plusieurs milliers d'euros.

Tout a commencé à Barcelone, où elle passait quelques jours en famille. Impossible de retirer de l'argent à un distributeur. L'esprit en goguette, elle n'y prête pas attention, son mari retirant à sa place. De retour à Lyon, rebelote : le distributeur lui indique que l'opération n'est pas autorisée. Au téléphone, sa banque confirme : son compte est très largement débiteur, suite à un récent achat sur Internet de 5 000 euros. Surprise. Caroline fait immédiatement opposition et porte plainte contre X au commissariat du 6e arrondissement. Pour cette même journée, elle est la deuxième personne à porter plainte pour des faits similaires. Après une rapide vérification, elle découvre que les 5 000 euros ont été dépensés sur le site de vente en ligne Pixmania pour l'achat d'un "home cinema" dernier cri. Le numéro de la carte bleue utilisée est bien celui de sa Visa Premier. Sauf que Caroline jure ne pas l'avoir perdue ni ne se l'être fait voler, et encore moins l'avoir utilisée pour un "home cinema". L'enquête est en cours mais a priori il s'agit d'un acte de phishing ou d'un cheval de troie (voir Lexique).

0,2 % de taux de fraude sur Internet
En 2006, la Banque de France a chiffré à 6,1 milliards d'euros les sommes dépensées en achats sur Internet. Et d'après l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, la fraude a frisé les 13,4 millions d'euros (0,208 % de l'ensemble des paiements Internet). Ce qui fait dire aux professionnels de ne pas oublier que pour payer en ligne, il faut toujours vérifier que le site est crypté lors du paiement. Pour remédier aux fraudes, la Banque Populaire a mis en place la

e-carte bleue, une CB virtuelle spécialement créée pour Internet : à chaque achat, un nouveau numéro est attribué à l'utilisateur de la CB, ce qui fait que le numéro de carte ne circule plus sur le web. Génial ? Pas si sûr, le Journal du Net relevant que le fait d'avoir plusieurs numéros de CB rend la carte suspecte aux yeux des logiciels des systèmes de détection des fraudes des cyber marchands.
Le porteur de CB est-il remboursé ?
Pour Jérémie Verniau, qui dirige le département propriété intellectuelle et droit des TIC du Cabinet Webconseil France Lawyer, à Lyon, " en cas de fraude, résultant notamment de l'utilisation de cartes bancaires falsifiées ou volées, ou encore de la récupération illicite de numéros de cartes bancaires, seul le commerçant concerné supporte le risque et donc le coût de cette fraude ". Autrement dit, le payeur en ligne sera remboursé : il a 70 jours pour réclamer à sa banque le recréditement des sommes volées.

* Prénom d'emprunt.
**e-commerce.

Lexique

Phishing
Technique qui consiste à duper les internautes par le biais d'un mail semblant provenir d'une banque ou d'un site de commerce. Le mail envoyé usurpe l'identité de l'entreprise et invite l'internaute à se connecter en ligne par le biais d'un lien hypertexte et de mettre à jour des informations bancaires le concernant dans un formulaire d'une page web factice, copie conforme du site original, en prétextant par exemple une mise à jour du service.

Cheval de Troie
Logiciel malveillant, la plupart du temps caché dans la pièce jointe d'un mail, et qui pénètre l'ordinateur de celui qui l'ouvre. Une fois installé dans le système informatique, le cheval de troie (en référence à la ruse d'Ulysse, contée dans l'Odyssée) pille tous les fichiers sensibles, dont les mots de passe, ou les numéros de carte bleue utilisée sur Internet.

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