Salon de l’auto  : évoluer ou disparaître

Malgré les doutes et les rumeurs d’annulation, le salon automobile de Lyon ouvrira finalement bien ses portes du 3 octobre au 11 octobre 2010 à Eurexpo. Mais face aux désistements de certains constructeurs, les organisateurs ont choisi de jouer la carte de l’écologie.

Un salon de crise ?

Alors que l’industrie automobile remonte doucement la pente de la crise, les fragilités du marché subsistent. Ainsi dans ce contexte électrique certains constructeurs ont refusé de faire le déplacement. Cette année, il n’y aura donc pas de véhicule Nissan, Audi, Mini, ou encore Land Rover. Plus préoccupant pour les amateurs de belle mécanique, Ferrari et Porsche ont décliné l’invitation. Néanmoins, les marques seront officieusement présentes dans une exposition de voitures d’exception. Ainsi, cette année le salon accueillera une soixantaine d’exposants contre une centaine en 2007. Les temps sont durs, même pour GL Events. Les organisateurs avouent qu’ils ont dû réduire leur marge, tandis que le budget global a été revu à la baisse.

Le joker écolo

Les salons de l’auto sont souvent synonymes de rêves et de prototypes. Malheureusement, sorti de la trinité européenne : Paris, Frankfort, Genève, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Pour combler ce déficit, le salon de Lyon a choisi de jouer la carte de l’écologie. Au delà des véhicules propres qui seront exposés par les constructeurs, de nombreuses animations rythmeront la manifestation.

Au centre du salon, un village éco-mobilité exposera les nouvelles innovations dont le moteur à compression variable des lyonnais de MCE-5. Cette nouvelle technologie réduit la consommation en carburant d’un tiers tout en diminuant les émissions de CO2. Par ailleurs, un parcours extérieur sera dédié à l’essai de véhicules tout en apprenant à adopter une conduite écologique à l’aide de moniteurs.

Pour ceux qui rechercheraient quelques sensations fortes, une piste de course sera dédiée aux visiteurs qui désirent tester des karts électriques, silencieux et non polluants. Les jeunes de 14-22 ans pourront participer aux sélections des défis kart jeunes de la fédération française de sport automobile et accéder à une compétition nationale. Enfin la journée du 8 octobre sera entièrement consacrée à l’écologie, avec l’organisation d’une table ronde sur les solutions alternatives.

L’électrique pour tous

Lyon sera l’occasion de présenter au grand public de nombreux véhicules électriques et hybrides. Néanmoins, les trois grands constructeurs français ont réservé la présentation de leurs nouveaux modèles écologiques à Frankfort. À l’exception de Renault et de son Z.E. concept, les véhicules exposés sont pour la plupart déjà en vente et bénéficient d’un super bonus de 5 000 euros à l’achat (limité à 20 % du coût). Ainsi ceux qui désireraient franchir le pas, pourront découvrir, entre autre, la Matra e4, la Fiat Fiorino, ou encore le Piaggio Porter. Mais la véritable attraction viendra de la marque Tesla qui exposera son roadster électrique. Ce monstre écologique passe de 0 à 100 km/h en 3,9 secondes pour atteindre une vitesse maximale bridée à 200 km/h. D’une autonomie de 390 kilomètres, le Tesla roadster est vendu 100 000 euros. une berline de la même marque est prévue l’année prochaine, autour de 50 000 euros.
Chassez le naturel

Malgré toutes ces bonnes intentions, un petit point peinera les partisans du véhicule propre. En parallèle au village écologique, le salon automobile accueillera une piste de 4x4 où les visiteurs pourront venir tester leur propre véhicule sur un circuit de 7 hectares avec obstacles artificiels. Un choix paradoxal, lorsque l’on sait que le constructeur Land Rover ne sera pas présent et qu’une éventuelle compensation de ces émissions de CO2 supplémentaires n’a pas été envisagée. Au final le salon de Lyon reste un lieu de vente, où les concessionnaires viennent boucler leurs carnets de commandes.

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