Tony Parker et Jean-Paul Bret à Villeurbanne en 2015 © Tim Douet
Tony Parker et Jean-Paul Bret à Villeurbanne en 2015 © Tim Douet

Villeurbanne : la subvention à l’Asvel débattue par les candidats pour 2020

Le club de basket présidé par Tony Parker s’est rapproché de l’OL et de Décines. Un exode qui ennuie la quasi-totalité des candidats aux municipales à Villeurbanne.

L’Asvel devait être au cœur du projet phare du prochain mandat, à Villeurbanne. L’équipe municipale actuelle avait validé la construction d’une nouvelle salle, avec des fonds privés, sur le site du stade Georges-Lyvet, anciennement dédié aux rugbymen villeurbannais. La livraison de cette Arena multifonction était prévue au début du prochain mandat. Elle verra finalement le jour d’ici à 2023, mais à Décines-Charpieu. Tony Parker, le président de l’Asvel, a en effet opéré un rapprochement avec l’OL. Jean-Michel Aulas, qui désirait une salle de spectacles pour boucler l’offre de divertissement et d’événementiel de l’OL Land, est entré au capital du club villeurbannais de basket. Un camouflet pour la municipalité de Villeurbanne, qui n’était pas favorable au scénario d’un exode de son club emblématique. “L’Asvel a expliqué que la ville avait mal géré ce dossier. Tony Parker est un homme d’affaires. Il attendait des réponses rapides pour son projet. Le temps de Jean-Paul Bret n’était pas le même. Si je suis élu, je serai un maire business friendly”, promet Marc Atallah, le candidat investi par Les Républicains.

Le prix du statu quo en débat

La prochaine majorité devra construire une relation avec un club sur le départ, mais qui évolue toujours à l’Astroballe. “Le club ne gagnerait rien à renier son attachement à Villeurbanne. Je ne serai pas le maire de Villeurbanne qui fait entrer la ville dans le sport business. Le club a fait des choix et il ne peut pas nous demander de les suivre dans une stratégie sur laquelle on n’a pas été sollicités”, souligne de son côté Cédric Van Styvendael, le candidat PS qui a la lourde tâche de prendre la relève de Jean-Paul Bret. Avant de partir vers Décines, l’Asvel a encore quelques saisons à disputer à l’Astroballe. Les candidats, toutes sensibilités confondues, espèrent que ce statu quo durera. “Ils vont encore rester le temps des travaux à Villeurbanne. Ensuite, ils ne joueront pas tous les matchs dans leur salle de 17 000 places. Ils viendront encore à l’Astroballe. Même s’ils sont partis d’une manière unilatérale, nous ne devons pas réduire leur subvention unilatéralement”, prévient Prosper Kabalo, le candidat LREM, actuel adjoint aux finances. Marc Atallah estime lui que l’Astroballe peut même subir un lifting pour contenter le club de Tony Parker.

Le devenir villeurbannais d’un club qui a troqué ses couleurs vertes pour celles de son sponsor dessine des clivages politiques. “Depuis longtemps, nous disons que la ville doit moins financer l’Asvel et réorienter les subventions vers la pratique du sport dans les quartiers”, rappelle Laurent Legendre, candidat Insoumis dans la circonscription métropolitaine de Villeurbanne. “L’Asvel est désormais sur un autre modèle économique, abonde Bruno Bernard (EELV). Qu’ils restent à l’Astroballe ne nous pose aucun problème. Mais il faudra revoir à la baisse le package de subventions, tout comme le prix du loyer.”


[Article publié dans Lyon Capitale n° 794 – Décembre 2019]

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