Substitute, le film

Un jour déjà lointain, Fred Poulet, artiste dit "inclassable", veut savoir qui se cache derrière Vikash Dhorasoo, dit "l'intello du foot". Le musicos et le footeux apprennent à se connaître jusqu'au jour où le premier a l'idée de proposer un "truc" au second : "Le concept c'est que tu pars faire ta Coupe du monde avec une caméra super-huit et tu essaies de filmer ce qui te semble intéressant, à bout de bras, tous les jours au moins une minute, et après on voit". D'abord incongrue, cette caméra s'impose très vite à Dhorasoo comme une priorité quand il prend conscience qu'il est définitivement devenu a substitute (un remplaçant) aux yeux du patron Domenech. De plans tremblottants en prises de vues impures, l'événement le plus médiatisé au monde se transforme alors en un vague décor. L'Allemagne et ses paysages, les agents de sécurité, les couloirs d'hôtels, les halls d'aéroports ne sont que des prétextes pour que l'amitié entre Fred et Vikash donne à voir la face cachée d'un sportif de très haut niveau qui se retrouve sur la touche. Ce film expérimental, à l'opposé de tous les codes, révèle les véritables sentiments par lesquels passe un athlète sur lequel on ne compte plus. Le champion qui devient spectateur de l'événement dont il avait rêvé d'être un acteur de premier plan est alors aux antipodes des déclarations de circonstances : "l'essentiel, c'est le groupe...". Non, en pleine solitude, Dhorasoo crie à sa caméra : "J'ai envie de jouer. Remplaçant, ça ne m'intéresse pas". Un moment de vérité qui se prolonge pendant plus d'une heure. Pour le plus grand bonheur des fans de foot et des cinéphiles. Substitute, document rare, n'a pas été primé au festival de Belfort et sélectionné à Berlin par hasard ou par complaisance.

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