Michel Bastos en aparté

Chaque mois, un joueur de l'OL se prête aux questions décalées de Lyon Capitale. Pour la première, Michel Bastos, nouvelle recrue de l'intersaison lyonnaise a accepté de se prêter au jeu. Confessions. (Article paru dans le numéro de septembre de Lyon Capitale)

Lyon Capitale : Avez-vous toujours voulu être footballeur professionnel ?
Michel Bastos : Depuis tout petit, je suis vraiment passionné par ce sport. Il faut dire aussi que mon père a été un bon footballeur. J'ai débuté le foot, grâce à un cousin qui m'a conseillé d'aller faire un test au club de Gremio. Si je n'avais pas été footballeur, je ne sais pas ce que je serais devenu. Je remercie le Bon Dieu. Sans le foot, je serais sûrement devenu un bandit. Il faut savoir que ma famille était très pauvre. On vivait à quatre dans une petite maison d'une pièce. La plupart de mes amis d'enfance sont morts ou en prison.

Avez-vous de véritables amis dans le football ?
On dit souvent que ce n'est pas possible d'avoir de véritables amis dans ce milieu. Pour ma part, ce n'est pas le cas. Mon meilleur ami, Rafael Schmitz est footballeur professionnel (joueur brésilien évoluant à Valenciennes). C'est le témoin de mon mariage. C'est même plus qu'un ami, c'est comme un frère pour moi. On est vraiment lié, on s'appelle deux à trois fois par jour.

Quel est le moment le plus embarrassant que vous ayez vécu sur un terrain ?
Lors de ma première saison à Lille. Claude Puel m'a sorti à trois, quatre reprises à la mi-temps. Je ne comprenais pas. J'étais titulaire et il me sortait de l'équipe. Je me disais : “mais pourquoi il fait ça”. Je me suis posé pleins de questions. J'étais en colère car j'avais peur que les supporters se disent que j'étais un mauvais joueur.

Et le moment qui vous a rendu le plus fier ?
De manière générale, je suis fier de mon parcours. Sinon, je dirais : mon premier but en professionnel au Brésil. J'étais sur le banc des remplaçants. Il y a un coup-franc pour mon équipe. A ce moment là, sur l'insistance de notre gardien remplaçant, l'entraîneur décide de me faire rentrer. Je tire le coup-franc et je marque. Premier ballon, premier but, c'était magnifique ! J'étais tellement content, que je me suis mis à courir dans tous les sens, jusqu'à faire chuter sans faire exprès l'arbitre de touche. A l'époque, cela avait fait le tour des télés brésiliennes. (rires)

“Cédric Varrault, je ne l'aime pas. Je le déteste ce mec !”

Quel est le meilleur footballeur avec qui vous avez eu l'occasion de jouer ?
Ce n'était peut-être pas le meilleur, mais en tenant compte du contexte, je dirais Patrick Kluivert. Il faisait partie des joueurs que je souhaitais rencontrer. Je n'ai pas été déçu. Malgré son statut, lorsqu'il est arrivé à Lille, il a fait preuve d'humilité. Il s'entraînait comme tout le monde, sans rechigner, il ne se prenait pas la tête. Sur le terrain, il se donnait à fond, sans tricher. Il a prouvé que c'était un super professionnel et un bon mec.

Quel est le meilleur joueur que vous avez affronté sur un terrain ?
Sans hésiter, Cristiano Ronaldo. Il est impressionnant. Je l'ai affronté en Ligue des champions avec Lille, et je l'ai vraiment trouvé très fort.

A qui pensez-vous le plus lorsque vous êtes sur une pelouse de football ?
Je pense à ma famille. Mon fils, ma femme et à mes parents. Je suis catholique, je respecte beaucoup la religion. A chaque fois que je rentre sur le terrain, je prie et je pense à mes proches.

Et notamment à votre frère Daniel * ?
Je n'en ai pas parlé, car c'est quelque chose à part. Je pense à lui, à chaque fois que j'accomplis quelque chose. De là-haut, j'imagine qu'il est heureux de voir que j'ai réussi. Par rapport à son accident, mes parents ont beaucoup culpabilisé. C'est quelque chose de très douloureux pour notre famille.

Quel est le joueur le moins sympa que vous avez rencontré ?
Je suis quelqu'un qui respecte tout le monde que ça soit sur ou en dehors du terrain. Je ne dis pas ça, parce que je joue à Lyon, mais Cédric Varrault de Saint-Etienne, je ne l'aime pas. Je le déteste ce mec ! Je n'ai aucun respect pour lui parce qu'il s'est mal comporté avec moi. Lors d'un match de championnat (Lille / Saint-Etienne : 3-0), j'étais en réussite, j'avais fait deux passes décisives. Sans avoir marqué, je peux dire que c'était mon meilleur match de la saison. Ce soir-là, Varrault n'avait pas été très bon, Il était très énervé. A la fin du match, lorsqu'on a rejoint les vestiaires, il n'a rien trouvé de mieux que de me frapper. Et de me menacer à plusieurs reprises. Lors du match retour, il était titulaire mais à l'échauffement, il s'est blessé. Il a passé le match dans les tribunes. Vous savez, Dieu voit tout. Je n'ai pas eu besoin de répondre à ses coups, de me venger. Malgré tout, je ne lui pardonnerai jamais.

“Lorsque je joue de la musique, je me libère, je m'amuse, je me lâche.”

Souffrez-vous de la comparaison constante avec Juninho ?
Je sais que les gens attendent beaucoup de moi au niveau des coups-francs. J'apprécie beaucoup Juninho. C'est un super joueur, un super mec, qui a fait beaucoup pour Lyon. Je ne veux pas être comparé avec Juni, car ce qu'il a fait à l'OL, n'est pas donné à tout le monde. J'ai trop de respect pour lui, pour accepter cette comparaison. Cela dit, j'ai beaucoup d'ambition. Je sais que je peux réussir ici. Je peux apporter à l'équipe, marquer beaucoup de buts. Je ne veux pas être seulement jugé sur les coups-francs mais également lorsque je fais un débordement, un centre, une passe décisive,...

Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait avec votre premier salaire ?
Ça date (rires). Je ne gagnais pas beaucoup, mais j'ai acheté des vêtements, des baskets car ceux que je portais à l'époque, elles étaient pourries. Par la suite, lorsque j'ai gagné un peu plus d'argent, j'ai loué à mes parents un petit appartement de trois pièces.

Quel est votre rapport à l'argent ?
Il y a beaucoup de joueurs qui ont gagné beaucoup d'argent et qui, à la fin de leur carrière, n'ont plus rien. Je fais donc attention à ce que je gagne. Comme tous les footeux, j'aime bien aller acheter de belles fringues, mais je ne fais jamais trop de folies. Je ne suis pas matérialiste. J'aime me faire plaisir, mais je pense à l'avenir. D'autant plus que j'ai un enfant.

C'est bien connu, les footballeurs ont du succès avec la gente féminine. Quel est votre genre de filles ?
Brésilienne, blonde, les yeux bleus,... (éclats de rire). Bon, comme tous les hommes, j'aime les femmes. Mais celles qui sont sincères et qui ont des valeurs. Après, je n'ai pas de préférences : black, blondes, brunes, peu importe (sourire). De toute façon, je suis marié et je suis très heureux avec ma femme. Si demain, et je ne le souhaite surtout pas, je dois me séparer de ma femme, je ne me vois pas avec une autre. Avec mon statut, ma notoriété, j'aurais trop peur qu'elle soit avec moi par intérêt.

En dehors du foot, quelles sont vos passions ?
Je suis fan de musique. J'aide financièrement un groupe brésilien afin qu'il puisse se produire. La musique, c'est une véritable passion. Depuis l'âge de dix ans, je joue de différents instruments typiques du Brésil. Lorsque je joue de la musique, je me libère, je m'amuse, je me lâche. Quand avec mes cousins, mes amis, on est tous ensemble, à jouer des instruments, à chanter... c'est vraiment beau. Rien que d'en parler, j'en ai des frissons ! J'attends impatiemment les vacances, rien que pour ça.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?
J'aurais 36 ans. Je me vois au Brésil, chez moi, avec mon fils, ma femme, mes parents. J'ai quelques business là-bas, j'aurai le temps de m'en occuper. J'aime le foot, mais je pense que ça ne va pas me manquer. Les gens ne se rendent pas compte mais pour arriver au haut niveau, cela demande beaucoup de sacrifices. Je me prépare déjà à accepter l'après-carrière.

“Je regarde Secret Story”

Lyon étant la capitale de la gastronomie, je suis obligé de vous demander quel est votre plat préféré ?
J'adore manger. J'ai déjà testé quelques restaurants lyonnais (rires). C'est super bon ! J'aime beaucoup la cuisine française, mais j'ai tout de même une préférence pour la cuisine brésilienne. Les haricots noirs avec du riz, des petits morceaux de viande, de la farine de manioc, c'est magnifique ! Je mange ça et après je suis plus en forme sur le terrain. Les coups-francs, ça part plus vite (rires).

On m'a confié que vous aimiez bien le vin...
Ah le vin ! C'est une merveille (rires). J'ai découvert le vin grâce à des amis à Lille et à Martha (son attachée de presse). Au Brésil, les gens boivent le vin comme de l'eau ou du coca. En France, il y a un tout un rituel autour du vin. Cela m'a passionné. Je ne suis pas un expert, mais ça me plaît beaucoup. En plus, à Lyon, Cris aime ça aussi. D'ailleurs, on a prévu de se faire une soirée dégustation avec nos épouses.

Hors football, quel personnage appréciez-vous ?
Mon père. C'est mon héros. Je suis fan de lui. Pour tout ce qu'il a fait pour moi et mes soeurs. Tout ce qu'il fait encore aujourd'hui. Mon père était footballeur. Mais à la mort de mon frère, il a arrêté sa carrière. Tout ce qui m'arrive aujourd'hui, il l'aurait voulu pour Daniel. Je pense qu'il est heureux et fier de mon parcours.

Quel est votre film culte ?
Je n'ai pas un film préféré mais j'aime regarder la télé, des DVD. Je peux matter cinq films d'affilée. Je suis bon public, car je suis même les émissions de télé-réalité. Avec ma femme, on regarde Secret Story, on est à fond dedans. Cindy, je la kiffe ! (rires)

Êtes-vous superstitieux ?
Oula la ! Je suis très superstitieux. La saison dernière, du début à la fin du championnat, j'ai toujours mis les mêmes chaussettes. D'ailleurs, il y'en a une qui avait un petit trou, mais je l'ai quand même gardée. Bon, je te rassure, je les lavais avant chaque match (rires). Sinon, je rentre toujours sur le terrain avec le pied droit. Et je me signe toujours pour remercier Dieu d'être là.

*Son frère jumeau Daniel a perdu la vie dans un accident de voiture

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