Entretien avec Raphaël Saint-André, entraîneur du LOU Rugby : le chef de meute

Pour beaucoup ce nom renvoit au grand Philippe, ancien ailier et capitaine du XV de France. Mais à Lyon, c'est avec son frère Raphaël, qu'il faut compter. Entretien.

Lyon Capitale : Après avoir amené l'ASVEL Rugby en Fédérale 1 la saison dernière, vous prenez les commandes du LOU Rugby. Pourquoi Lyon ?
Cela fait huit ans que je suis à Lyon, je m'y sens très bien. Mes parents sont originaires de Romans, ma femme est de Clermont-Ferrand, alors Lyon était le meilleur compromis.

Qu'est-ce qui a motivé votre retour au LOU en tant qu'entraîneur ?
Le LOU est parti sur un projet de développement différent des années précédentes. Le budget a été revu à la baisse, comme les ambitions qui sont aujourd'hui plus raisonnables. Le club veut construire pour une accession à l'élite d'ici trois ans. Plusieurs jeunes du centre de formation ont été intégrés à l'équipe première. Cette politique me plaît.

Qu'est-ce que vous a apporté votre expérience comme joueur et entraîneur en Angleterre ?
Une autre vision du rugby. Le rugby anglais c'est l'école du travail, du physique et de l'unité. Ce sont des machines à travailler. Je vais d'ailleurs passer une semaine à Sale, en décembre, aux côtés de mon frère, pour voir comment on travaille au top niveau anglais.

Votre frère Philippe, l'ex-international, vous donne-t-il des conseils ?
On s'appelle quasiment tous les jours. Mais c'est plutôt moi qui lui dit ce que je pense de son groupe. Il n'a pas encore vu jouer mon équipe, alors que moi je n'ai qu'à regarder la télé pour voir ses matches.

Comment a-t-il vécu la nomination de Marc Lièvremont à la tête du XV de France ?
Il a été un peu déçu, mais très honoré d'être contacté par le président Bernard Lapasset. Entraîner les Sale Sharks reste un très beau challenge pour lui.

Comme Bernard Laporte, vous êtes à la fois homme de terrain et de businessman. Pourquoi ?
Avant tout c'était une nécessité. Lorsque le rugby n'était pas encore professionnel, il fallait faire autre chose que du rugby pour gagner sa vie. A mon retour d'Angleterre, j'ai monté une société à Lyon, "Couleur Voyage". En 2000, j'ai racheté le "All Sports Café" alors en liquidation judiciaire, qui est par la suite devenu "La voile". Aujourd'hui je ne suis plus qu'actionnaire de ces sociétés. Je suis au LOU à 100 %.

Le LOU serait-il en mesure d'assumer une accession à l'élite ?
Aujourd'hui, je ne le pense pas. Mais vu le potentiel des municipalités, des dirigeants et des actionnaires, en trois mois tout peut être opérationnel. La mise à niveau essentiel sera budgétaire. Des clubs comme Albi, Auch ou Dax ont réussi, il n'y a pas de raison de faire moins bien. Mais cette saison, la cerise sur le gâteau ce serait déjà une qualification pour la demi-finale du championnat. Ce sera difficile, mais rien n'est impossible.

L'avis de Philippe Saint-André, son frère
Son frère au LOU : "Comme tous passionné, il a voulu tenter le professionnalisme. C'est un beau challenge. Il essaiera de relever avec joie, passion, et envie comme à son habitude."

Lyon, ville de rugby ? : "Economiquement à Lyon, il y a tout pour réussir. Le rugby pro tend à devenir le rugby des grosses agglomérations. Si les résultats arrivent, le public suivra."

Sa venue au LOU : "J'ai habité 15 mois à Lyon, mon fils y est né et ma femme a aimé cette ville. Je suis en contrat avec mon club jusqu'en 2010. Mais revenir à Lyon pour entraîner le LOU avec mon frère, pourquoi pas, l'avenir le dira."

* Entraîneur des Sale Sharks (GB), 69 sélections en équipe de France

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