Michel Sorine © Tim Douet
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Entretien avec Michel Sorine, codirigeant d’Extra Sports, tétraplégique

Le patron de l’agence Extra Sports (SaintéLyon, Lyon Urban Trail, Lyon Free Bike…) a eu en 2014 un grave accident de vélo, qui l’a laissé tétraplégique*. Ce dingue de sport revient avec franchise sur “ce putain de 1er avril, comme le putain de camion de Coluche”, comme il l’écrit sur le blog 100 % humour noir** où il raconte sa nouvelle vie. Indiscutable acteur et fin observateur de la ville, Michel Sorine nous parle de Lyon, de Gérard Collomb, dont il a fait les campagnes de 2008 et 2014, de ses démons et de ses projets. Objectif : le Ventoux ! Notre entretien Grande Gueule de septembre.

* Et non pas paraplégique, comme nous l’avons malheureusement écrit dans notre mensuel papier.
** Extropied.com – Extraits ci-dessous, à la suite de l’entretien.

Lyon Capitale : Êtes-vous une grande gueule ? Michel Sorine : Je suis quelqu’un d’hyper modéré… Je n’ai en revanche aucune limite au niveau de l’humour, je pense qu’on peut rire de tout. Avez-vous toujours été modéré dans vos propos ? Je ne suis pas le genre de personne qui s’emporte. L’expérience m’a prouvé qu’il ne fallait jamais réagir à chaud. Même quand je suis très en colère, je laisse toujours passer une journée ou une nuit avant de réagir, d’une façon sans doute appropriée et réfléchie. Le 1er avril 2014, vous avez eu un grave accident de vélo dans le tunnel de la Croix-Rousse. Comment cela s’est-il passé ? J’avais inauguré le tunnel l’année précédente, le lundi qui suivait la Fête des lumières. J’ai trouvé ça génial, très beau, très pratique pour les cyclistes comme moi. Mais, déjà à l’époque, je trouvais le tunnel un peu trop sombre. On m’a dit que ça n’allait pas durer, qu’il était “en configuration Fête des lumières, [avec] peu d’éclairage pour optimiser les projections”. Finalement, ça a duré largement plus d’un an. Avant mon accident, je l’empruntais assez régulièrement pour rejoindre Vaise et les monts d’Or. Je continue à penser que l’ouvrage est très pratique. J’ai eu un accident ce jour-là car je n’ai pas vu arriver en face de moi un autre cycliste qui n’avait pas d’éclairage, alors que j’effectuais un dépassement. Mon avocat a bien tenté d’incriminer le Grand Lyon sur le déficit évident de lumière. J’étais à 25 km/h, ce qui est une vitesse raisonnable sur une piste cyclable. Mais ils ont retenu qu’à l’entrée du tunnel il était indiqué que la traversée dure “8 minutes”, ce qui correspondait à un petit 15 km/h. J’étais donc tenu de rouler à cette vitesse et j’ai été imprudent, à leurs yeux. Comment avez-vous vécu cette décision ? Je m’y attendais et je n’ai pas fait appel. Je voulais tourner la page. Je m’en suis surtout voulu à moi-même, qui connaissais le tunnel, de n’avoir pas été assez vigilant. Ce tunnel a clairement un défaut d’usage : réservé aux vélos, il est emprunté par des piétons, des coureurs, des trottinettes et – à l’époque – on y voyait fort mal… On doit donc être particulièrement prudent et je ne l’ai pas été suffisamment. Selon vous, peut-on rouler à vélo en toute sécurité à Lyon ?

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