Rentrée des enseignants : leurs écoles toujours controversées

Le rectorat a exposé les priorités de l'Académie de Lyon en matière d'éducation et de formation des enseignants. Car septembre 2013, c'est aussi la première rentrée des ESPE, les nouvelles écoles pour former les professeurs. Des écoles dont la mise en place soulève encore des questions.

La rectrice de l'académie de Lyon, Françoise Moulin-Civil, a présenté le 30 août dernier les perpectives de la première rentrée scolaire, marquée par la réforme de l'école du gouvernement. Parmi toutes les politiques scolaires abordées, elle a introduit l'application à l'échelle de l'académie de la nouvelle formation initiale des métiers du professorat et de l'éducation. Considérée comme "la clé de voûte de la refondation de l'Ecole", cette mesure vise à remplacer les formations diplômantes de l'IUFM et de l'Université par des écoles spécialisées et unifiées, les ESPE (Ecole Supérieures du Professorat et de l'Education).

Leur création s'accompagne de celle d'un nouveau diplôme exclusivement destiné au métier d'enseignant, le Master "Métiers de l'enseignement, de l'Education et de la Formation" (MEEF), proposant aux étudiants une professionnalisation en deux ans à l'issue de leur licence. "La formation repose sur un équilibre entre enseignements et stages en école ou en établissement afin de favoriser une entrée progressive dans le métier", a exposé la rectrice. Dès la rentrée 2013, ces écoles accueillent d'une part des stagiaires déjà en exercice, d'autre part des candidats étudiants déclarés admissibles qui sont destinés à continuer leur formation universitaire tout en intégrant pour un tiers-temps l'ESPE dans laquelle ils postulent. Ces écoles investissent les locaux des IUFM désormais abolis.

"Une forme de défiance de l'Etat envers les Universités et IUFM"

"Nous insistons sur le fait que les étudiants qui vont inaugurer les ESPE cette rentrée ont choisi cette formation : ce ne sont que des volontaires et leur nombre n'est pas négligeable", a affirmé la rectrice, pour convaincre l'assemblée du succès de la réforme et de l'enthousiasme des étudiants. "Il faut dire que nous les avons bien accueillis", a-t-elle ajouté d'un ton léger.

Dans l'académie de Lyon, l'ESPE accueille en septembre 2013 près de 2000 étudiants, stagiaires du premier degré et du second degré, admis et admissibles confondus. Pourtant, en avril, l'ensemble des stagiaires et des professeurs d'IUFM du SNESUP avaient demandé un moratoire d'un an pour cette réforme, et la pétition qui s'y oppose, lancée par une collaboration de syndicats dont le SNESUP et la FSU, est toujours en ligne aujourd'hui. "C'est clair qu'on n'est moins dans la confrontation que lors de la réforme Sarkozy, qui éludait l'importance du droit à la formation et plaçait des stagiaires non qualifiés devant des classes" concède Bernard Roux, coordinateur du SNESUP en Rhônes-Alpes.

"Mais ça ne résout pas le problème : les maquettes de formations n'étaient pas claires ni précises, il n'y a pas de concertation, et ce type de réforme manifeste une forme de défiance de l'Etat envers les Universités et IUFM. La réforme est précipitée et pleine de défauts", confie-t-il. Le rectorat livre peu d'explications sur le contenu de la formation théorique et sur la gestion différenciée (ou pas) de la formation en fonction de la discipline qui sera enseignée. l'institution se contente d'appuyer fortement sur l'enjeu majeur que constitue la formation enseignante dans la réforme de l'Education nationale. "Cela donne l'impression que la priorité de l'action gouvernementale c'est d'avoir un affichage", en conclut Bernard Roux.

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