Gérard Collomb
Émilie Tabone

OL Land : pour Collomb, "le gouvernement peut faire échouer le projet"

OL Land visuel ()

© dr

Le Grand Lyon a voté, lundi soir, le lancement d'une nouvelle révision du plan local d'urbanisme pour permettre la réalisation de l'OL Land à Décines. Comme toujours sur ce dossier, les débats ont été agités. Principale nouveauté, Gérard Collomb a déclaré que le projet pourrait être remis en cause par l'Etat s'il ne signe pas la déclaration d'intérêt général.

Pour la troisième fois, Gérard Collomb et le Grand Lyon ont lancé une procédure de révision du Plan Local d'Urbanisme (PLU). Si elle aboutit, le Grand stade pourrait s'ériger sur le site du Montout à Décines. Dans l'histoire de ce projet, le "si" est toujours obligatoire. Les deux premières tentatives de révision du PLU ont été annulées par la justice administrative. Gérard Collomb a donc décidé de repartir à zéro sur cette procédure primordiale pour l'avenir de ce projet. Le président du Grand Lyon a ironisé sur ce sujet en mettant en avant la méticulosité du travail du Grand Lyon. Pour lui, tout a été pensé jusqu'aux insectes présents sur le site (100 espèces recensées, dont 48 protégées) qui pourrait un jour accueillir l'OL Land.

Le projet a été repris de zéro mais n'a pas gagné d'alliés dans les travées du Grand Lyon où les élus restent partagés. Europe Ecologie-Les Verts (sauf les membres de l'exécutif), l'UMP, les centristes votent contre. Les communistes sont divisés entre pour et abstentionnistes. Les socialistes, eux, votent pour à une très grande majorité. La commune de Chassieu et Nathalie Perrin-Gilbert sont les seuls à exprimer un avis différent. Chacun campe sur ses positions. L'opposition demande de réexaminer l'agrandissement de Gerland. Impossible rétorque la majorité, Gérard Collomb veut y installer le Lou Rugby.

L'Etat peut enterrer le projet

La seule nouveauté a tourné autour du rôle de l'Etat dans ce dossier. "Chantal Jouanno, la nouvelle ministre des Sports, a indiqué que la rénovation des stades était une priorité cependant, elle devrait plutôt s'enquérir auprès de François Fillon de la déclaration d'intérêt général. J'ai du mal à comprendre ce retard", s'est interrogé Thierry Braillard, élu radical de gauche et adjoint aux sports à la Ville de Lyon. Depuis le mois de juillet, ce document est sur le bureau du Premier ministre qui ne l'a toujours pas paraphé. "Un décret quand on veut le signer, on ne le laisse pas de côté plus d'une semaine", s'amuse un élu de droite. Sur ce point Gérard Collomb rejoint la position de cet élu UMP. "Nous avons besoin de la déclaration d'intérêt général. Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas envie de la signer ? Pour faire plaisir aux candidats du mois de mars qui alimentent leur campagne avec ce projet. Le gouvernement fait ce qu'il veut et s'il veut faire échouer le projet, il peut le faire", avance Gérard Collomb.

Ses propos sur les élections du printemps concernent les cantonales dans lesquelles Michel Forissier, maire UMP de Meyzieu et opposant de la première heure, est engagé sur un canton clé pour la présidence du conseil général. Un argument qui a fait doucement rire les élus de droite. "Le gouvernement ne fait pas sa politique en fonction des cantonales dans le Rhône", sourit un conseiller communautaire UMP. En coulisses, un élu de la majorité socialiste confiait pourtant qu'il avait bon espoir quant à la signature de la déclaration d'intérêt général : "Jean-Michel Aulas a reçu des garanties de l'Elysée".Un argument déjà utilisé par l'Olympique Lyonnais fin septembre. Mais toujours sans effets.

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Émilie Tabone

Un projet comme les autres

"L'intérêt général n'existe pas sur ce projet", prévient Michel Forissier. Une partie du débat lundi soir a tourné autour de ce thème. Pour Gérard Collomb, les équipements payés par les collectivités publiques et notamment le Grand Lyon ne serviront pas qu'au Grand stade mais au développement général de l'Est. "Le tramway T2, nous ne le faisons pas pour le Grand stade mais pour Eurexpo pour des salons comme Pollutec", a ainsi déclaré le président du Grand Lyon.

Pour démontrer un peu plus l'intérêt général du projet, Gérard Collomb a tenu à expliquer que l'investissement public sur ce projet n'a rien de particulier. "Nous ne ferions rien dans l'agglomération si l'argent public n'intervenait pas sur des projets privés. A la Confluence, il n'y a pas qu'Unibail (le groupe propriétaire du pôle de commerce et de loisirs). La Porte des Alpes a une vocation économique. Au Carré de Soie, Altarea est le seul concerné et pourtant nous avons mis le métro et le tram sur ce site. Nous pensions qu'Altarea ne serait pas seul à en profiter. Aujourd'hui, il n'y a pas que ce groupe qui en bénéficie. Si on suit ce raisonnement, nous n'aurons plus besoin d'argent car on ne fera plus rien et aucune entreprise ne se créera", a répondu le président socialiste du Grand Lyon aux opposants.

Les opposants sont déjà prêts

"La différence avec tous les projets dont parle Gérard Collomb c'est le montage du projet. Sur la Confluence, le Carré de Soie, nous avions des ZAC. Il n'y en a pas sur l'OL Land. Et cela va être l'un des problèmes : il n'y aura pas mise en concurrence pour l'achat des terrains. En cela, l'intérêt général va être dur à démontrer", glisse Michel Forissier. Ces questions s'arbitreront devant la justice administrative. Comme cette troisième révision du PLU. A la fin de l'enquête publique, les opposants devraient à nouveau saisir le tribunal administratif. Ils ont déjà un argument : "les enquêtes publiques sont saucissonnées en treize. Cela ne permet pas de juger de l'ensemble du projet". Le climat autour du projet n'a pas changé. Chaque camp se retranche derrière des arguments entendus pour la plupart depuis des mois. Et cela devrait encore durer longtemps. Rien ne change autour de l'OL Land mais l'horloge tourne. Gérard Collomb et sa majorité espèrent obtenir un permis de construire à la fin de l'année prochaine et évoquent toujours une inauguration fin 2013 ou début 2014.

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