Vue de Givors © Antoine Merlet
© Antoine Merlet

Municipales : à Givors, le RN aux portes du pouvoir ?

Le bastion communiste du sud de l’agglomération est menacé. Sur fond d’affaire judiciaire, le RN et son secrétaire départemental, Antoine Mellies, se tiennent en embuscade. Une configuration qui ressemble à la chute d’Hénin-Beaumont, le fief de Marine Le Pen.

La métropole n’a jamais été un terrain de conquête pour l’extrême droite. En 2020, le parti de Marine Le Pen, rebaptisé Rassemblement national, mise sur son transfuge des Insoumis Andréa Kotarac, qui devrait être candidat dans l’une des deux circonscriptions de l’Est, où la sociologie pourrait être porteuse. Mais c’est surtout aux municipales de Givors que le parti d’extrême droite nourrit le plus d’espoirs. Son candidat, Antoine Mellies, travaille cette ville depuis de nombreuses années, à l’exception d’une excursion en Ardèche pour les régionales de 2015. Le Rassemblement national a ainsi noyauté un mouvement des Gilets jaunes très dynamique à Givors. Les communistes ont fait de même et chacun a tenu son rond-point aux deux extrémités de la zone commerciale. Préfiguration de ce qui devrait être le duel de la campagne municipale dans la dent creuse de la métropole.

Les Républicains absents

Pour le candidat RN aux municipales, les planètes s’alignent. La commune a des similitudes avec Hénin-Beaumont, le fief nordiste de Marine Le Pen : paupérisation et déclin industriel. Les Républicains n’ont toujours pas de candidat. “Nous allons tout faire pour en trouver un”, promet Alexandre Vincendet. Les semaines passent et la donne ne change pas. La majorité communiste sortante a vécu un mandat indexé sur l’agenda judiciaire de son ancien maire, Martial Passi, condamné en appel à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, pour prise illégale d’intérêts et recel. La Cour de cassation a étudié ce dossier mi-janvier et rendra sa décision début mars. Ce calendrier pourrait ne pas être sans impact sur les électeurs. “Dans la ville, personne n’en parle à part mes opposants”, balaie Christiane Charnay, la maire communiste de la commune. “Le niveau de rejet de la maire et des communistes est tel que, même en cas de front républicain, nous pouvons gagner la ville en duel au second tour”, affirme Antoine Mellies.

Le candidat LREM, Alexandre Couchot, assistant parlementaire du député de la circonscription, n’a pas encore décidé de l’attitude qu’il adoptera au second tour et note “un vrai ras-le-bol dans la commune”. Au péril frontiste – aux dernières européennes, le RN est arrivé très largement en tête avec 28 % des voix, devant LREM (13,78 %) et les Insoumis (12,14 %) – Christiane Charnay oppose un particularisme givordin : “Nous sommes une ville humaniste et solidaire. Les Givordins savent ce qu’ils ont et ce qu’ils n’auront pas avec le RN. Dans les villes qu’ils prennent, ils reviennent sur l’action sociale.” Par le passé, l’argument a fonctionné, dans l’une des villes les plus pauvres de la métropole.

Résultats des élections à Givors


[Article extrait du dossier “Municipales et métropolitaines 2020” de Lyon Capitale n° 796 – Février 2020]

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