David Kimelfeld et Gérard Collomb, à la finale du Bocuse d’Or 2019 © Maxime Jegat / PhotoPQR MaxPPP
David Kimelfeld et Gérard Collomb, à la finale du Bocuse d’Or 2019 © Maxime Jegat / PhotoPQR MaxPPP
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Lyon 2020 : Collomb / Kimelfeld, l’impasse

Le poison de la haine se propage entre Gérard Collomb et David Kimelfeld. En avril, chacun a clarifié ses ambitions et sa stratégie. Les mouvements de troupe s’apparentent aux préparatifs d’une guerre fratricide au sein des majorités, à la mairie de Lyon et à la métropole. Dans les deux camps, la perspective de s’affronter dans les urnes dans moins d’un an n’est plus exclue. Plongée dans les coulisses d’une bataille impitoyable.

Chaque jour qui passe, le fossé se creuse. Dans la guerre fratricide – un parricide, dit-on du côté de l’hôtel de ville – que se livrent Gérard Collomb et David Kimelfeld, la tension monte inexorablement. À désormais moins d’un an des élections municipales et métropolitaines, les cotes d’alerte ont été largement dépassées. Les élus qui, hier encore, juraient que les deux édiles finiraient par se rejoindre ne parieraient plus aujourd’hui leurs indemnités sur une issue raisonnable. Le député de Villeurbanne Bruno Bonnell, soutien historique de Gérard Collomb, propose ses services de Casque Bleu mais semble à court d’arguments : “C’est peut-être naïf, mais je reste persuadé qu’il est indispensable de trouver une solution de rassemblement. Toute division fera perdre notre camp, celui de la majorité présidentielle. Mais, la solution, je ne la vois pas. Les deux sont déterminés à maintenir leurs candidatures.”

Odyssée Kimelfeld, acte I

Entre les deux élus qui président aux destinées des collectivités lyonnaises, la division n’obéit plus à une lente commedia dell’arte sur fond de différences de sensibilité. Depuis quelques semaines, ils arpentent le sentier de la guerre. Le président de la métropole, David Kimelfeld, a lancé son odyssée 2020 en réunissant ses soutiens. Ils étaient entre 250 (source hôtel de ville) et 300 (chiffrage de la rue du Lac) à la Comédie-Odéon pour cet acte inaugural. “Ma détermination aujourd’hui est sans faille”, a rappelé David Kimelfeld lors du lancement de son association politique “Nous sommes la métropole”. Sur scène, quelques personnalités de la société civile comme le chef Grégory Cuilleron ou des chefs d’entreprise se sont succédé. Le parterre était composé d’élus de la majorité en rupture de ban avec la collombie. Quelques minutes plus tôt, ils avaient entendu David Kimelfeld théoriser la touche personnelle qu’il donne aux politiques métropolitaines : plus participative, sociale et environnementale. Soit autant de tacles adressés, en creux, à la méthode Collomb. Le droit d’inventaire a commencé. “Ce terme me gêne un peu. Nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait sur les derniers mandats. Ce qu’il faut désormais, c’est apporter un nouveau souffle”, tempère la députée LREM Anne Brugnera, présidente du groupe de la majorité à la métropole de Lyon, qui roule pour l’écurie Kimelfeld. Sur la scène de la Comédie-Odéon, le président de la métropole n’a jamais prononcé le nom de son rival et ancien mentor. La réponse à ce premier coup de force de la campagne des municipales ne s’est pas fait attendre. Une semaine plus tard, dans une interview accordée au Progrès, Gérard Collomb a mis fin à un suspense largement éventé : il sera candidat à la présidence de la métropole, pas seulement à la mairie de Lyon.

Objectifs, valeurs, mairie

Jusqu’alors, une issue pacifique autour d’un partage des postes était la solution de compromis voulue par l’ensemble des élus. Les deux rivaux ont désormais les mêmes intentions. “De par le choix de Gérard Collomb de briguer la présidence de la métropole, ils sont désormais deux candidats dans la même famille et la situation ne peut que se tendre, regrette le député LREM Thomas Rudigoz, soutien du président de la métropole. Il reste encore du temps et il peut se passer beaucoup de choses.” Dans l’éventail des possibilités, une nouvelle est apparue ces derniers jours. Dans l’entourage de David Kimelfeld, on se met à parler de Lyon de manière décomplexée. Sur la scène de la Comédie-Odéon, le président de la métropole avait subrepticement entrouvert cette porte : “Le destin de la métropole et celui de Lyon sont liés. Nous devons partager les mêmes objectifs, les mêmes valeurs. Nous bâtirons un projet ensemble.” En officialisant sa candidature à la métropole et dans un parallélisme des formes destructeur, Gérard Collomb a ouvert la porte aux appétits lyonnais du président de la métropole. En juin, “Nous sommes la métropole” désignera ses référents dans chacune des 14 circonscriptions métropolitaines. Les six territoires lyonnais ne feront pas exception. L’association de David Kimelfeld planche aussi sur Lyon.

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