Législatives : les militants FN "très déçus" dans le Rhône

L'ambiance était plus que fraîche ce dimanche soir à la fédération FN du cours de Verdun, dans le quartier de Perrache. L'amertume à succédé à la déception, alors que l'électorat frontiste s'est très largement démobilisé après une bonne percée de Marine Le Pen à la présidentielle.

De déceptions en déceptions. Personne chez la petite cinquantaine de personnes, responsables et militants, présentes à la fédération FN du Rhône au plus fort de la soirée électorale ce dimanche ne cachait son amertume. Le faible score national (13 %) tombé, les premières critiques ne tardent d'ailleurs pas à se faire entendre. Sur "l'absence de proportionnelle" notamment, comme à chaque législative.

"On se fout de électeurs"

"Vous rendez compte on représente 11 millions d'électeurs (score de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, NdlR) et on va avoir moins de dix sièges", lâche une militante de la 12e circonscription. Ce 11 juin en revanche, ils étaient moins de trois millions d'électeurs à glisser un bulletin FN dans les urnes de France. "Les gens savent qu'on ne sera pas élus, ils ne se déplacent plus", croit savoir Agnès Marion, candidate sur la 10e circo.

Imitant leur secrétaire départementale, Muriel Coativy, plusieurs militants pestent sur les problèmes d'envois des professions de foi. "Moi je ne les ai pas reçu", nous raconte une cinquantenaire. "On se fout des électeurs", entend-on résonner à l'évocation de ce sujet. Reste que ce cafouillage, si problématique soit-il d'un point de vue démocratique, ne lèse pas plus le FN qu'un autre parti finissent par reconnaître les militants.

"Ceausescu ne faisait pas mieux"

Dès le début de soirée, l'ambiance était très fraîche chez la vingtaine de militants présents à 19h30. Tous sont alors plutôt réalistes sur le faible potentiel du Rhône pour leur parti. Mais si l'on reconnaissait volontiers dès avant la tombée des résultats ce caractère peu fertile pour le FN, l'espoir prévalait encore sur la résignation qui allait s'installer au fil des heures. A l'image d'Antoine Mellies, plutôt confiant, qui ergotait sur les difficultés de Georges Fenech, député sortant et opposant du candidat frontiste sur la 11e circonscription. Son élimination en sera d'autant plus dure à avaler.

Les résultats de Christophe Boudot à Villefranche ne remontent pas le moral des militants, qui découvrent ensuite les défaites, attendues, de Jean-Marie Nicolas dans la 7e circonscription et de Muriel Coativy dans la 12e. Quelques acclamations furtives résonnent à la vue de la qualification de Gilbert Collard, dans le Gard et Louis Aliot dans les Pyrénées-Orientales, vite effacées par le retour à la réalité générale et à la tendance locale.

"C'est très décevant", "les Français ont fait n'importe quoi", commentent pêle-mêle plusieurs militants. "440 sièges, Ceausescu ne faisait pas mieux", lâche un membre de la sécurité face à des résultats annonçant la future majorité comme la plus importante de la Ve République.

Monchau qualifié, "tous sur la 14e"

L'heure est à l'amertume. Le moment de ressortir le fameux refrain anti-média, jugés "partiaux" et "militants" contre le FN. L'attaque comme meilleure défense. "Ceux qui perdent le plus ce sont Les Républicains en dotation et en sièges", glisse un candidat FN sur le Rhône. "Et le PS !", s'empresse d'ajouter un militant.

Tombe alors la seule satisfaction de la soirée dans une permanence FN déjà clairsemée qui s'anime pour la première fois de la soirée. Damien Monchaud arriverait deuxième dans la 14e circo. A priori seul candidat FN au second tour, le jeune conseiller municipal se mue en héros de la soirée. Les bises succèdent aux hourras.

"On ne se sera pas battus pour rien, lance Muriel Coativy. Tous sur la 14e !". Il n'en fallait pas moins pour sortir le champagne qui patientait au frigo. Les coupettes attendront encore l'officialisation des résultats pour être remplies. De coupettes, Damien Monchaud n'en dégustera pas, trop pressé de partir en préfecture se frotter à la presse locale.

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