Havard se lance vraiment

Jeudi 24 février, Michel Havard a officiellement annoncé sa candidature pour les municipales de 2014. Lors de ce meeting, il a prononcé son premier discours de challenger de Gérard Collomb en dressant un bilan très négatif de l’action du maire de Lyon.

À mi-mandat, Michel Havard a décidé d’officialiser sa candidature pour les élections municipales de 2014. Il l’a annoncé devant plus de 600 militants UMP qu’il avait conviés à son opération “reconquête de Lyon”. Pour cette soirée qu’il dit “avoir attendu toute sa vie”, il avait orchestré un show. Un animateur au profil d’un spectacle de stand-up lance la soirée. Et puis symboliquement, Dominique Perben passe le relais à Michel Havard. Le président du groupe UMP au conseil municipal lève très vite le peu d'ambiguïté restante : “je serai candidat à la mairie de Lyon en 2014”. Pendant une trentaine de minutes, il va détailler sa stratégie. Il se pose en rassembleur à droite, en modéré. Il parle un peu de lui mais surtout de la gestion actuelle de Gérard Collomb. Pour la première fois depuis trois ans, il attaque fort. Première cible : “la méthode de travail qui consiste à empiler les simulacres de concertation, à décider en autocrate et à ne pas assez se préoccuper des personnes qui vivent et travaillent dans la ville”. Il cite les exemples de l’Hôtel-Dieu, de la crise des cantines, la désertification de Grôlée.

Comme Emmanuel Hamelin, conseiller municipal UMP, un an plus tôt lors du lancement de sa candidature, Michel Havard liste la série d’évènements internationaux manqués par Gérard Collomb : départ du Grand Prix de Tennis de Lyon, de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev, la capitale européenne de la culture 2013, Lyon Mode City, etc... Il déplore aussi l’abandon du métro au motif que “ça coûte cher et surtout ça ne s’inaugure pas en un mandat”.

Collomb, le solitaire

Pas un mot sur les réussites de Gérard Collomb (Confluence, Berges du Rhône, Cité Internationale) que le futur candidat de la droite attribue aux prédécesseurs de l’actuel maire de Lyon. “On attend toujours que l’imagination soit au pouvoir”, harangue le député UMP. Avant de railler “une réalisation made in Collomb” : le projet Carré de Soie “ou comment construire un centre commercial sans commerce alimentaire pour tirer l’ensemble, dans une zone de chalandise inférieure à tous les standards commerciaux. Il ne faut pas s’étonner que ce soit aujourd’hui un échec ! Celui d’une méthode qui consiste à avancer sans écouter, à décider sans concerter, à imposer en solitaire”.

"La météo ne sera sans doute pas propice tous les jours”

À la tribune, le discours de Michel Havard manque encore d’assurance, de charisme mais il offre une image un peu plus combative qu’auparavant. Cette soirée, il l’avait préparé depuis longtemps. Il ponctue même son discours d’une animation qui n’a pas franchement pris. Au milieu de la salle, une corbeille pleine de cailloux pend. Il invite les militants à prendre chacun une pierre de l’édifice. Par un système de poulies, une représentation de la Ville de Lyon descend alors jusqu’à une hauteur accessible pour Michel Havard. Le moment se voulait symbolique. Pas euphorique. Dans une métaphore maritime, il invite les militants à monter à bord de son embarcation même si “la météo ne sera sans doute pas propice tous les jours”.

La droite lyonnaise a choisi son candidat

Son discours s’adressait aux militants, la soirée était aussi un message fort envoyé aux deux autres candidats de la droite lyonnaise : Emmanuel Hamelin (UMP) et Denis Broliquier, le maire Lyon Divers Droite du 2è arrondissement. Jeudi soir, Michel Havard a remis l’église au milieu du village de la droite lyonnaise. Autour de lui, il avait réuni tous les cadres de son parti : Dominique Perben, la Lyonnaise du gouvernement Nora Berra et le patron de l’UMP du Rhône Philippe Cochet. L’élan d’Emmanuel Hamelin en prend un coup et devient encore plus solitaire. Celui de Michel Havard démarre. “J’avais dit que j’avais un calendrier à tenir et je m’y tiens”, nous a confié Michel Havard pour justifier sa position attentiste jusqu’à présent. Dès lundi, lors du conseil municipal, Michel Havard aura l’occasion de montrer son nouveau visage : celui de challenger de Gérard Collomb.

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10 commentaires
  1. pilou - 25 février 2011

    Sa va Gégé, tu peux commencer à mettre le champagne au frais..

  2. lionel - 25 février 2011

    Pour le champagne,on peut lui faire confiance.Canard Duchene ou Mercier?jouez sur betclic.

  3. lyonnais - 26 février 2011

    @pilou, le dernier des derniers, il en faut bien un?Pilou, l'homme qui préfère regarder les bateaux de plaisance s'amarrés dans un No Man's Land car non prévu à leurs effets (pas d'eau, d'électricité, gardiennage etc...) le long des quais Joffre / Tilsitt tout cela parceque son idole de césar Collomb n'a pas fait de vrai marina de 200 anneaux comme le prévoyait M. Barre à la Confluence.

  4. Thierry Mouillac - 26 février 2011

    Un bel exemple de l'action de Lyon Divers Droite au service des lyonnais : la crise des cantines... Je suis donc heureux que Michel Havard salue le travail que j'ai effectué en mobilisant de nombreuses écoles de Lyon et en faisant venir une bonne centaine de parents d'élèves devant les grilles de l'Hôtel de Ville un samedi matin à la rencontre de Gérard Collomb pour l'interpeller sur le sujet. Résultat : le problème était résolu (malheureusement de façon trop temporaire à mon sens...) le mardi suivant !

  5. François - 26 février 2011

    je ne suis pas ump et j'étais bien présent pour voir l'évolution et la maturité dans le discours, dont le bilan coté lucide était très bon, les propositions en émergence, bref une très belle soirée et bien sur la reconquête veut dire beaucoup de travail de fond qui va venir, avec tous, y compris ceux qui se sont égarés de manière passagère....à pilou : gégé, n'a plus d'armée, le PS lyonnais est archi divisé et ne suis plus le bloc collomb qui fond à vue d'oeil. D'ailleurs, n'est ce pas Gérard C lui meme qui ne tarit pas d'éloges sur le challenger aujourd'hui devenu leader de la droite à Lyon, et ce, sans la machine UMP pour l'instant, c'est ca la différence... ce sont les bonnes volontés avant tout !! quand à Thierry M, l'homme à la cravate le soir de match, il faut sauter quand .. l'ol gagne !!

  6. Pauline L - 26 février 2011

    Je suis consternée de voir comment des hommes politiques peuvent récupérer les choses. Je ne sais pas qui est ce Monsieur Mouillac, si ce n'est qu'il était également présent mais comme parent d'élève à cette manifestation. Le port de l'écharpe tricolore ne permet pas tout Monsieur Mouillac! Vous témoignez par cette réaction que vous n'êtes qu'un politicien ce qui est dans ma bouche bien loin d'un compliment!

  7. Thierry Mouillac - 26 février 2011

    Chère Pauline, Je vous confirme que c'est bien en tant que parent d'élève que j'ai agis et qu'il ne s'agit en aucun cas d'une récupération, puisque c'est mon propre travail ! En général, ceux qui récupèrent le font d'une action qu'ils n'ont pas faite... Et je vous assure que mon engagement politique est uniquement motivé par l'intérêt général. Ce que j'ai prouvé d'ailleurs lors de cette action que je n'ai en aucun cas politisée. Il s'agit simplement ici de replacer le sujet dans sa réalité. Éviter toute forme de récupération en quelque sorte... Enfin, je vous pose simplement la question : ai-je contribué à régler la crise des cantines ? Bine à vous, Thierry Mouillac

  8. Pauline L - 26 février 2011

    Relisez bien vos propos : 1. il s'agit bien d'appropriation 2. de récupération 3. donc vous avez tout faux !

  9. aiglemalin - 27 février 2011

    L'article évoque certaines 'réussites' de gérard collomb. Mais c'est omettre que ces réussites ont été conçues et engagées par les maires précédents, noir et barre. Exemples : cite internationale, confluence ... Collomb a débute assez bien ses mandats Grace a une posture consensuelle et plutôt centriste. Il a aussi eu la chance de surfer sur de grands projets lances par ses prédécesseurs. Aujourd'hui, collomb a mange son pain blanc, il est livre a lui même et chacun peut constater que ce maire manque sérieusement d'envergure pour une ville comme Lyon. Manque de chance, au moment ou collomb devrait se remettre en question, voila qu'au contraire, il a pris la grosse tête. Il ne s'occupe plus de ses dossiers lyonnais, se voit President de la république et redouble d'autoritarisme ... Il vaudrait mieux le remercier en 2014.

  10. Florian69 - 28 février 2011

    Coup de gueulle : On voit bien l'attaque 'politicienne' (alors que soit disant elle n'aime pas ça) de @PaulineL qui derrière son 'Je ne sais pas qui est ce Monsieur Mouillac' se permet de l'attaquer alors que son message était tout à fait pertinent.Mais si, vous voyez bien qui c’est, je suis sûr que vous le connaissait bien malgré votre mauvaise foi. Vos propos sont pénibles car ils ne reconnaissent pas l'implication de cet homme publique, de ce Politique dans la crise des cantines. Monsieur Mouillac a peut-être certains défauts (comme mettre une cravate le soir de match ;))mais c'est un homme de terrain, un que l'on croise régulièrement sur les marchés, qui prend des positions sans se cacher derrière un pseudo (comme nous tous), un gars qui croit en la réalité de la politique de proximité d’où son engagement lors des cantonales. Soyons heureux de voir nos politiques faire du terrain et s'intéresser aux choses concrètes de notre vie (comme les cantines). Ils ne seraient pas là, vous hurleriez à l'abandon, ils sont là, vous hurlez à la récup.... éternelle rengaine de trop nombreux citoyens comme @PaulineL. Tant qu'à vous monsieur Mouillac, continuez à bien faire votre travail d'élu de terrain. Merci.

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