Grossetête : "une augmentation galopante de la fiscalité"

SERIE DU LUNDI - Dépenses de fonctionnement, frais de personnel, endettement, impôts : Françoise Grossetête attaque la politique fiscale de Jean-Jack Queyranne. Une critique moins convenue : la politique ferroviaire de la Région, pas suffisamment orientée, selon elle, sur le milieu rural.

"Queyranne s'était engagé à ne pas augmenter les impôts. Il disait que ses promesses pouvaient être financées à budget constant. Or l'augmentation de la fiscalité a été galopante : + 23,50 %. 179 millions d'euros d'impôts supplémentaires ont été votés : + 55 % pour la carte grise, + 26 % pour la taxe foncière et professionnelle. Et quant à l'endettement, il a tout bonnement doublé.

"L'institution régionale est paralysée"

A regarder de plus près, j'observe que le taux d'exécution des politiques régionales est très mauvais : 90 %. Ce sont des lignes budgétaires votées qui ne sont pas utilisées. Par exemple 18 millions d'euros pour l'action économique. La cause : l'institution régionale est devenue tellement lourde qu'elle est paralysée. Toutes les démarches sont compliquées. Les dépenses propres de la région ont augmenté de 30 %. En particulier les dépenses des personnels ont cru de 57 % en trois ans. Le changement de logo a coûté très cher. Si je suis élue présidente, je le dis tout de suite : je ne changerai pas le logo à nouveau.

La politique culturelle a manqué de souffle. La Région doit être un facilitateur. Elle ne doit pas être partisane, comme elle le fait actuellement. Pour être reconnues, certaines associations doivent être politisées.

Besoin de parkings aux abords des gares

En matière de transport, il est incontestable que la Région a porté son effort sur le ferroviaire. Il y a eu quelques progrès, je le reconnais. Mais il y a eu un grand battage médiatique alors que nous avons gagné que 500 places assises dans les TER, qui passent de 30 000 à 30 500. C'est seulement lors du dernier budget que 8000 places supplémentaires ont été prévues, juste avant les élections. Soulage s'est inspiré du modèle de Zurich. Cette action est positive en milieu urbain. Mais trois quarts des Rhônalpins vivent à la campagne (1). Or ceux-là ont besoin de parkings à proximité des gares pour prendre le train, ce que les Verts ont refusé de façon idéologique.

Ce sont aussi eux qui ont fait échouer le projet Rhin-Rhône par la voix de Voynet. Or le port Edouard Herriot a la capacité de doubler son transit. Il faut savoir qu'une péniche transporte l'équivalent de 300 camions que l'on sort ainsi des routes. Pourquoi les Verts sont-ils contre ?
Enfin l'action économique a trop oublié les TPE, les entreprises artisanales. Ce sont elles qui ne délocalisent pas. Elles peuvent créer de l'emploi. On aurait pu créer des pôles artisanaux".

(1) En réalité, Rhône-Alpes compte 6 021 346 habitants. Or les seules agglomérations de Lyon, Saint-Etienne et Grenoble totalisent 2 118 000 habitants.

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