Damien Abad : “du racisme anti-jeune”

Suite du feuilleton Grossetête-Abad. Ce jeudi, le jeune député européen revient sur les propos tenus la veille par Françoise Grossetête qui le décrit comme “un gamin de 29 ans qui a encore tout à apprendre”. Damien Abad dénonce un “racisme anti-jeune” et se félicite de la réaction de la chef de file UMP pour les régionales qu’il juge “excellent pour moi et catastrophique pour elle”.

Rappel des faits : Françoise Grossetête a été investie par les militants UMP au printemps 2009 pour être chef de file du parti pour les régionales de 2010. Malgré le bon score qu’elle a réalisé aux européennes, elle ne parvient pas à faire taire les rumeurs annonçant l’arrivée d’une autre tête de liste à droite. Lundi dernier, Damien Abad, député européen du Nouveau Centre, se propose comme tête de liste d’union entre son parti et l’UMP. Mercredi, Françoise Grossetête réagit vivement à sa candidature à la candidature. Elle décrit Damien Abad comme “un gamin de 29 ans qui a encore tout à apprendre” et qu’elle était la patronne de la droite en Rhône-Alpes. Ce jeudi, Damien Abad réplique aux propos de Françoise Grossetête. Dans un communiqué de presse repris par l'AFP, le député européen du Nouveau Centre se greffe à Jean Sarkozy en expliquant que Françoise Grossetête mène une cavale similaire à celle que connaît le fils du président de la République.

Lyon Capitale : Comment jugez-vous les propos assez virulents de Françoise Grossetête à votre égard ?
Damien Abad : Je trouve cela excellent pour moi et catastrophique pour elle. Me traiter de gamin de 29 ans, franchement, c’est du racisme anti-jeune. Et puis comment va-t-elle parler aux jeunes électeurs après ça ? Françoise Grossetête a pété les plombs. Elle se rabaisse à un tel niveau. Elle consacre une interview à ma personne. C’est bien pour moi, mais cela montre aussi qu’elle n’est pas tranquille. Il y a d’autres choses à dire que d’axer une interview sur moi alors que nous avons une région à gagner et que pour cela nous aurons besoin de tout le monde. C’est inquiétant de voir une élue qui a vingt ans d’expérience péter les plombs de la sorte. Je ne comprends pas son acharnement et sa volonté de me rabaisser. Et puis, elle attaque aussi un ministre du gouvernement de Nicolas Sarkozy (Hervé Morin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre, ndlr).

Elle dit que vous avez tout à apprendre, êtes-vous d’accord ?
Je suis jeune et je dois apprendre mais il faut arrêter de dire que je suis ambitieux ou arriviste. En ce moment, il y a beaucoup de violence autour de Jean Sarkozy sur son âge et je ne suis pas sûr qu’avec ses propos Françoise Grossetête ait envoyé un bon signal. On ne peut pas dire que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique et dans le même temps attaquer ceux qui réussissent. J’ai toujours affirmé que la politique était l’ambition de ma vie mais je veux prendre mon temps, je veux durer. Je ne revendique rien, mais, je dis qu’il faut réfléchir avec l’UMP sur la manière dont nous pourrons capter l’électorat centriste. Ce n’est pas idiot d’avoir une offre complémentaire entre le Nouveau Centre et l’UMP. Après il faut se donner le temps de la réflexion et voir qui sera le meilleur candidat. Et ce ne sera peut-être pas moi.

On vous imagine mal travailler ou même figurer sur une liste commune...
Je l’ai vue mardi au Parlement européen et elle m’a dit que si elle le pouvait, elle ne prendrait pas d’élus du Nouveau Centre sur ses listes. Je ne suis pas sûr que ce soit un bon signal envoyé aux électeurs centristes. Après je ne veux pas rentrer dans un débat de personne, qui n’intéresse pas les électeurs. Il faut siffler la fin de la récréation.

Y a-t-il un problème entre vous deux ?
Elle était jalouse pendant la campagne des européennes car à chaque meeting, j’étais toujours plus applaudi qu’elle. Elle a aussi été jalouse de Nora Berra. Elle a tout fait pour que Nora Berra ne soit pas nommée secrétaire d’Etat car elle voulait ce poste. Récemment, elle est allée dire à Éric Woerth (Ministre du Budget, ndlr) que les nouveaux députés européens étaient nuls. Lors d’une réunion, une eurodéputée a pris la parole pour dire que ces critiques étaient inadmissibles. Je pense que des gens comme Barnier ou Dantin apprécieront.

Quels effets ont eu les propos de Françoise Grossetête sur votre ambition d’être tête de liste d’union en Rhône-Alpes ?
Elle m’a donné plus de motivation, cela me conforte aussi. C’est une preuve que ce que je dis n’est pas dénué de sens. Je ne pense pas qu’un Gérard Collomb, qu’un Michel Noir ou qu’un Raymond Barre aurait tenu ce genre de propos.

Au printemps dernier, vous aviez fait la campagne des européennes ensemble et aujourd’hui chacun de vous s’attribue la victoire. Où est la vérité ?
Je veux bien croire que Françoise Grossetête ait réalisé 30 % toute seule mais je regarde aussi la différence entre les européennes de 2004 où elle était déjà tête de liste et celles de 2009. L’humilité oblige à dire que c’est Nicolas Sarkozy et la qualité de la présidence française de l’Union Européenne qui nous ont aidé à gagner. Et puis les listes étaient jeunes et équilibrées. J’ai de très bons rapports avec l’UMP, j’ai toujours été loyal envers ce parti. Et je pense avoir de meilleurs relations avec les parlementaires que certains. Pendant les européennes, je recevais des coups de téléphone de l’UMP me disant : “c’est à toi de faire la campagne”. Aujourd’hui, Françoise Grossetête essaie de monter l’UMP contre moi.

Êtes-vous un parachuté comme l’exprime Françoise Grossetête ?
Mon grand-père doit se retourner dans sa tombe. Il a fui l’Espagne de Franco et est arrivé à Saint-Étienne où il a été mineur de fonds. Ma famille a vécu à Lyon. Après on peut dire que je suis un parachuté car on a essayé de me placer sur des listes pour les européennes.

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