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Collomb envisage un retrait d'Aubry

Le maire de Lyon épouse "la ligne réformiste" du député de Corrèze, qui saura faire face "à une situation dégradée". Selon lui, la France devra suivre l'exemple industriel allemand… et le modèle lyonnais de déghettoïsation. Il n'exclut pas le retrait de Martine Aubry ce dimanche soir, "s'il y a une grande différence" entre elle et Hollande.

Les sondages pronostiquent un bon score de François Hollande ce dimanche soir, lors du 1er tour des primaires socialistes. Ses soutiens parisiens invitent déjà les autres candidats à se retirer de la compétition au soir du premier tour. Un geste selon eux qui permettrait à la famille socialiste de ne pas se diviser. Les supporters lyonnais, eux, ne pavoisent pas. Martine Roure, mandataire rhodanienne des amis de François Hollande "ne voit pas" Martine Aubry jeter l'éponge si facilement. "C'est une femme obstinée, c'est sa qualité et son défaut". "C'est son choix. A la présidentielle, si un candidat fait 47 %, il y a bien un second tour". "C'est celui qui sera à 20 % qui le dira, complète Gérard Collomb. S'il y a une grande différence...".

Roure fait ranger les tracts pro-Aubry

Pour Martine Roure, la campagne se passe bien à Lyon, sans coups bas. Même si elle regrette que les supporters de la maire de Lille aient tracté sur les marchés. L'élue lyonnaise a vu des militants distribuer des documents pro-Aubry le jour de la grève des enseignants. "J'ai trouvé ça malvenu, je leur ai dit, ils les ont rangés", indique la mandataire. Les Hollandais n'ont pas tracté, même s'ils comptent le faire vendredi, à l'avant-veille du scrutin. Et encore le document est-il surtout pédagogique sur la primaire.

Transposer Carré de Soie à l'Ile-de-France

Le maire de Lyon se reconnait dans "la ligne réformiste, qui part du réel" de François Hollande. Comme à son habitude, Gérard Collomb a attaqué par un constat sévère de la situation qui est "dramatique". "On peut mettre cela de côté et faire comme si on parlait de façon intemporelle", ironise-t-il, visant les candidats estampillés plus à gauche. Pour lui, l'enjeu est de faire face "à une situation très dégradée et donner de l'espérance". Une feuille de route qui n'est pas impossible à tenir : à l'écouter, le prochain Président de la République, pour réussir, devra suivre l'exemple lyonnais - "une ville restée dynamique y compris en période de crise". Il a passé son mardi matin à Carré de Soie où les "projets sont hallucinants". "On va redonner à Vaulx-en-Velin une nouvelle image de marque". D'après le président de l'agglomération, il faut "transposer" au plus vite cette oeuvre rénovatrice à l'Ile-de-France.

"Eux réussissent. Nous, on doit réussir"

Gérard Collomb souhaite "un grand projet social". Mais évoquant celui-ci, il revient vite au développement économique. Il cite en référence l'Allemagne qui "a un taux de chômage minimal". "Ils ont les mêmes contraintes que nous : l'Euro et les pays émergents. Et ils ont une balance commerciale positive. Eux réussissent. Nous, on doit réussir", exhorte-t-il. Pour lui, cet objectif passe par une production ciblée sur "le haut-de-gamme et l'innovation". Gérard Collomb plaide aussi pour une amélioration de notre système éducatif : "nous consacrons 1,5 % du PIB à l'enseignement supérieur quand la moyenne des autres pays est à 3 %", compare-t-il.

Le maire de Lyon n'entend pas faire table rase de la politique économique menée jusqu'alors par le gouvernement. Ainsi souhaite-t-il "poursuivre le grand emprunt". Et il pense aussi qu'il faudra "continuer à développer les pôles de compétitivité", montés en partenariat avec les collectivités locales. Pour conclure, Gérard Collomb lève le voile sur son slogan : "Vous me faites confiance ? Accordez cette confiance à François Hollande".

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