Budget en hausse et dettes en baisse, le miracle villeurbannais existe-t-il ?

La ville de Villeurbanne présentait ce mercredi son budget pour l’année 2010. Pas d’augmentation des impôts en vue mais un budget en hausse et une dette quasiment inexistante.

Comme dans toutes les villes et surtout celles socialistes, Jean-Paul Bret, le maire PS de Villeurbanne, peste contre le gouvernement à l’heure de présenter son budget en guise de préambule. “Dans le même temps, on nous demande de réduire nos dépenses mais l’action du gouvernement nous pousse à les augmenter. Leur discours est schizophrène”, tempête-t-il. Villeurbanne n’est pourtant pas l’une des villes les plus à plaindre. Beaucoup de communes sont empêtrées dans des dettes mais pas Villeurbanne. “La dette est quasiment à zéro. Nous sommes dans une situation saine. Nous pouvons investir sans avoir recours à des emprunts. Si nous avions toujours des dettes, nous aurions dû payer 13 millions d’intérêt sur les trois prochaines années”, se félicite Prosper Kabalo, l’adjoint aux finances de la ville. “Nous n’avons pas la volonté de ne pas emprunter mais nous sommes dans une situation qui nous permet de réduire la dette tout en augmentant notre capacité d’investir. Cela nous permet d’être serein pour les prochaines années”, ajoute Jean-Paul Bret.

L'opposition n'a pas digéré la hausse des impôts en 2009
Les élus socialistes s’enorgueillissent de leur dette presque inexistante mais pour l’opposition, il s’agit surtout d’un signe d’immobilisme. “Je comparerais la gestion de Jean-Paul Bret à un vieux moteur qui consomme beaucoup mais qui a peu de rendement. Les frais de fonctionnement de la ville représentent presque le double de sa capacité d’investissement. Il gère bien la dette mais au lieu de s’en servir pour protéger les citoyens qui vont souffrir de la crise en 2010, il a décidé en 2009 d’augmenter la fiscalité locale alors même que la municipalité dispose d’une réserve financière de 18 millions d’euros. Jean-Paul Bret thésaurise”, attaque Richard Moralès, conseiller municipal Modem. "Alors que nous avons traversé la pire crise depuis longtemps en 2009 et que la municipalité dispose d'une marge de manoeuvre financière, ils n'ont pas hésité à augmenter les impôts. On ne gère pas une ville comme une entreprise. Dire que l'on n'a pas de dettes mais que l'on augmente les impôts, ce n'est pas de la bonne gestion pour les citoyens", ajoute Baptiste Dumas, conseiller municipal UMP. Toujours sur le thème des impôts, l'adjoint aux finances de la ville a insisté sur le fait que Villeurbanne était la deuxième ville de France de plus de 100 000 habitants où la taxe d'habitation est la moins élevée.

40 millions d'euros pour investir
L’année prochaine, les impôts n’augmenteront pas dans la deuxième ville du Rhône. La capacité d’investissement sera, elle, en hausse et atteindra 40 millions d’euros. “C’est un record mais dans les années à venir, notre budget diminuera”, tempère Jean-Paul Bret. Le quart des sommes disponible sera alloué à l’éducation avec un gros programme de rénovation. Au total, sur les six ans de son second mandat, le maire de Villeurbanne devrait investir près de 200 millions d’euros.

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