L’union crée la division au sein de la droite

Samedi matin, des conseillers régionaux UMP risquent d’être fâchés en découvrant les listes du parti présidentiel pour les régionales de mars prochain. L’UMP se présente unie au premier tour et doit satisfaire ses nouveaux partenaires. Au détriment des “historiques”.

“Je suis pour un gouvernement d'ouverture, y compris aux sarkozystes, c'est tout dire”, déclarait Patrick Devedjian à l’occasion de la formation du premier gouvernement Fillon. Samedi matin, certains conseillers régionaux UMP sortants comprendront la frustration ressentie par Devedjian en juin 2007. Les listes de l’UMP pour les régionales seront enfin dévoilées aux alentours de midi. Leur élaboration a tourné au casse-tête. Dans les fédérations, depuis deux semaines, on se triture les méninges pour essayer de satisfaire tous les partenaires de la droite.

Combler tous les alliés

Chaque allié de l’UMP revendique des places éligibles que leur poids électoral ne serait en mesure de leur donner. Mais l’union dès le premier tour se monnaie. Dans le Rhône, Robert Thévenot de la Gauche Moderne, Patrick Louis (Mouvement pour la France), Jean-Loup Fleuret (Nouveau Centre), Fabienne Lévy (Radicaux Valoisiens) ou encore Jo Giroud (proche de Mercier) devraient tous profiter des largesses de l’UMP pour être dans les dix premières places. Celles qui sont, à ce jour, quasiment sures d’être éligibles.

Grand ménage chez les sortants

Conséquence, les UMP de la première heure doivent faire de la place. “Nos élus seront les principales victimes. Il ne reste plus beaucoup de postes éligibles”, regrette un cadre du parti présidentiel. Dans le Rhône, Emmanuel Hamelin devrait faire les frais de la politique d’union de la droite. Ancien député, conseiller régional sortant, il n’a aucune assurance d’être dans les dix premiers. Idem pour François Turcas ou Laure Dagorne. Quant à la société civile au sein de laquelle Europe Écologie et le Parti Socialiste puisent largement, elle ne devrait être que peu représentée. Les listes ne sont pas extensibles surtout quand les sondages annoncent une lourde défaite de la droite en Rhône-Alpes.

Décision à Paris

“La balle n’est plus dans notre camp”, poursuit un élu UMP lyonnais. C’est à Paris, entre la commission national d’investiture, où siègent Xavier Bertrand et Jean-Claude Gaudin, et le bureau de Nicolas Sarkozy que tout se jouera. Le scénario s’est déjà déroulé de cette manière pour la désignation des têtes de liste départementales. La fédération du Rhône proposait un ticket Meunier-Berra, Paris a inversé l’ordre. Et les instances locales n’ont pas franchement leur mot à dire. Le comble : même Françoise Grossetête, la tête de liste régionale, n’arrive pas à faire monter sur les listes des élus dont elle est proche. Paris ne fait pas de cadeaux et les UMP historiques trinquent. La campagne régionale n’a pas commencé que l’ambiance est déjà électrique.

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