Fusion avec Queyranne, vice-présidence, budget : le Front de Gauche s’explique

INTERVIEW - Le Front de Gauche, rassemblement du PC, du Parti de Gauche et de micro-organisations, a accepté la fusion proposée par les listes Europe Ecologie et socialistes. Mais il a d’ores et déjà refusé le programme qui allait avec. Sa chef de file de la liste Front de Gauche, Elisa Martin (Parti de gauche) s’explique.

Résultat d’une fusion avec les deux autres listes, celles de Meirieu et de Queyranne, le Front de Gauche devrait obtenir dix élus. Si la gauche maintient son score du premier tour. Mais le Front de Gauche ne veut guère aller au-delà dans le rapprochement avec les autres forces politiques régionales et a donc refusé de signer le programme qui est censé aller avec cette fusion. Elisa Martin explique cette posture politique “indépendantiste” acceptée par Queyranne.

Lyon Capitale : Pourquoi avez-vous refusé de signer le programme ?

Elisa Martin : Pour rapprocher les trois points de vue qui ne sont pas divergents mais différents, cela prend du temps. Or nous n’avions que quelques heures pour mettre sur pied une liste de 173 noms qui arithmétiquement correspond au suffrage universel. Nous devions aussi régler une question fondamentale : la mise en œuvre des politiques. Nous ne voulions pas signer un document rédigé rapidement qui engage pour quatre années, sans être aller au bout de la discussion.

Après les élections, si vous êtes élus, allez-vous signer le contrat de mandature ?

On ne le signera pas. Le déroulement des discussions nous conforte dans notre position. Lundi, nous sommes quand même entrés dans la salle pour explorer un certain nombre de points, dans une logique d’amendement. Au final, nos propositions n’ont pas été reprises. Par exemple, pour le financement de l’économie, on a posé des conditions précises : utilité sociale et conséquence environnementale de la production et place reconnue des salariés dans les entreprises concernées. Or aujourd’hui, la possibilité est toujours ouverte pour financer des grands groupes.

Sur la question de l’éducation, on peut écrire dans un programme qu’on est opposé à la privatisation et à la marchandisation. Mais si, juste après, il est écrit “création d’école de la deuxième chance”, “école de production”, “financement des écoles privées sous contrat”. C’est contradictoire. Au point où nous en serons, après les élections, nous préférons discuter dossier par dossier quand ils arriveront à l’assemblée régionale.

Vous êtes-vous engagés sur un texte ?

Nous avons signé ensemble une déclaration politique que les électeurs vont retrouver sous la forme de la profession de foi. Dans une première partie, nous analysons le premier tour. Et dans une seconde, nous exposons les grands objectifs. Notamment deux : le maintien et développement des services publics et la place de l’écologie dans toutes nos politiques régionales. Le contrat politique, il est là. C’est la profession de foi qu’on envoie aux électeurs. Point barre.

Allez-vous participer à l’exécutif ?

La proposition de vice-présidence nous a été faite à 15h50. Nous avons besoin d’y réfléchir.

Vous voulez participer à la majorité mais pas participer à la direction de la région. C’est bien cela ?

En tout cas nous devons avoir le temps de savoir ce qu’est cette vice-présidence et de savoir si elle a du sens pour nous, si elle nous permet de faire des choses, pas seulement de participer à un exécutif. On va d’abord laisser les électeurs s’exprimer. Nous examinerons cette vice-présidence après. Il ne faut pas donner le sentiment que les jeux sont faits.

Allez-vous voter le budget même si vous n’êtes pas d’accord avec ce qui est dedans...

On va voter le budget dans un an. Nous espérons que nous arriverons à créer les conditions pour être entendus. Je ne présuppose pas que je ne voterai pas le budget. On veut défendre nos positions au sein d’une majorité de gauche. La marque d’appartenance c’est le vote du budget pas la signature d’un contrat de mandature. Et nous présupposons que nous trouverons les conditions politiques pour voter le budget. Je crois au dialogue argumenté qui se déroule avec du temps et de la réflexion. On n’est pas des gauchistes.

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