Procès Iacono : “J’ai pourri la vie de mon grand-père”

ENTRETIEN - Gabriel Iacono, petit-fils de Christian Iacono, se dit “stressé” à l’approche du troisième procès de son grand-père devant la cour d’assises du Rhône, à partir de lundi prochain. Aujourd’hui âgé de 24 ans, père de famille et agent de sécurité, Gabriel Iacono tente de “survivre”. Il a accusé son grand-père de l’avoir violé. Alors que Christian Iacono était condamné à 9 ans de prison en appel, le jeune homme s’est rétracté en mai 2011, avouant avoir menti.

Lyon Capitale : Comment abordez-vous ce procès ?

Gabriel Iacono : Je suis très stressé à l’approche du procès. J’ai hâte d’être à la fin pour, enfin, espérer entendre l’acquittement de mon grand-père.

Vous avez l’intention de demander le huis clos. Pour quelles raisons ?

Oui, je préférerais le huis clos, pour la tranquillité des débats et être plus serein à la barre quand l’heure viendra de mon passage.

Donnez-vous des explications à votre mensonge ?

Je réserve mon témoignage. Je sais exactement pourquoi et comment j’ai menti. Seulement, au deuxième procès, j’ai compris que toute une famille souffrait à cause de moi et mon grand-père était en prison. Il fallait que je répare mes conneries. Au début de ma rétractation, je n’arrivais pas à me regarder dans une glace. C’était insupportable.

Maintenant, j’arrive mieux à assumer. J’essaie d’avancer. C’est plus de la survie que de la vie. J’ai passé des diplômes dans la sécurité, j’ai trouvé un travail comme agent de sécurité. J’élève mon fils comme je peux. Depuis que je me suis rétracté, j’ai une place qui est beaucoup moins facile qu’avant. Aujourd’hui, c’est une place beaucoup plus agressive et violente. Tant que l’affaire n’est pas finie, je ne peux pas avancer. Tout comme mon grand-père d’ailleurs.

Quel est le regard des autres sur vous alors que vous n’êtes plus présenté comme victime ?

Bien sût qu’on m’en veut ! Mon grand-père m’en veut d’avoir menti. C’est normal, j’ai pourri sa vie. Et pour ceux qui m’ont soutenu, ils m’ont soutenu pour rien… Ils m’en veulent aussi évidemment. Dans l’histoire, je vais être le plus détesté. C’est le risque à prendre lorsque l’on veut réparer ses erreurs.

Après le procès, vous attendez l’instant de revoir votre grand-père ?

Oui, bien sûr, je l’attends, j’aimerais bien. Mais, il faut d’abord que mon grand-père soit blanchi, et après il pourra avancer, moi aussi. On pourra peut-être se rencontrer. On pourra discuter, il pourra peut-être comprendre, bien sûr on aura des conversations, s’il est d’accord bien évidemment.

Vous avez peur qu’il ne veuille plus vous parler ?

C’est une crainte. Je comprendrais s’il ne veut pas. Mais je ne peux rien faire. S’il ne veut pas me voir… Je ne peux pas m’opposer à son choix.

Redoutez-vous la parole des experts durant le procès ?

Je pense que la guerre acharnée entre les experts, la cour ou même les avocats ne me concerne que moyennement. Cela me dépasse, même. Après, je sais qu’il y a des experts qui diront oui, je disais vrai il y a dix ans… Comme il y aura des experts cités pour l’enquête de la commission de la Cour de révision, qui vont dire que je suis aussi crédible maintenant. Ils se battront dans le tribunal. Moi, je sais la vérité. Maintenant, il faut que la cour l’entende, cette vérité.

Ce que vous craignez le plus, c’est que votre grand-père soit condamné ?

Oui, c’est ma plus grosse crainte, qu’on ne veuille pas m’entendre et qu’on le condamne à nouveau.

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