Philippe Grillot
Philippe Grillot © E. Julliard

Coup de théâtre : l’élection de la CCI de Lyon en sursis

Coup de théâtre. Le rapporteur public du tribunal administratif de Lyon a demandé l’annulation de l’élection du président de la chambre de commerce et d’industrie de Lyon. Quasiment un an après son éviction pour avoir simplement déplu aux présidents de la CGPME et de la chambre régionale de commerce et d’industrie, Philippe Grillot, l’ancien président de la CCI de Lyon, pourrait retrouver son siège.

C'est dans la plus grande discrétion que Philippe Grillot a intenté un recours pour annuler l'élection du président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Lyon. À la fin de l'année 2013, M. Grillot avait été évincé de son siège de président de la CCI de Lyon.

Indépendant et électron libre par rapport aux puissants syndicats patronaux que sont le Medef et la CGPME, Philippe Grillot avait eu des prises de position iconoclastes, en souhaitant notamment regrouper certaines CCI de la région pour réaliser des économies.

La tête de Grillot sur un plateau

Position qui a fortement déplu à l'actuel président de la chambre régionale de commerce et d'industrie, Jean-Paul Mauduy, issu des rangs du Medef. “J’ai peut-être eu tort de parler si tôt. Je ne suis pas une marionnette. Je me fais exécuter par un appareil qui ne supporte pas les électrons libres”,expliquait M. Grillot à l'époque de son éviction.

Le Medef avait demandé sa tête et François Turcas, le patron de la CGPME, la lui a apportée sur un plateau en faisant démissionner tous les membres du bureau de la CCI en novembre 2013. Une nouvelle élection devenait alors inéluctable.

Grillot souhaitait convoquer une assemblée générale afin de procéder à l'élection d'un nouveau président selon son propre agenda : "Je préférais partir à une date que j'avais décidée, plutôt qu'à celle voulue par les organisations patronales", expliquait Philippe Grillot à l'époque.

Mais les instances patronales et le préfet ont décidé d'en finir fissa avec Grillot. La représentante de la préfecture décide donc de l'élection d'un nouveau président séance tenante et se substitue au président de la CCI pour valider le principe d'une élection dès le lendemain d'une assemblée générale de la CCI de Lyon lors de laquelle M. Grillot voulait retirer le principe de l'élection de l'ordre du jour. C'est Emmanuel Imberton qui fut alors élu à la tête de la CCI de Lyon.

Coup d’État

Aujourd'hui, Philippe Grillot pourrait retrouver son siège. À la faveur d'un recours qu'il a introduit dès janvier 2014, la justice administrative pourrait en effet lui donner raison. L'ancien président de la CCI conteste en effet sa destitution “de fait” par le représentant du préfet avant même la tenue de la nouvelle élection en décembre 2013. "Le représentant du préfet a en effet opéré un véritable coup d'Etat. Nous réclamons simplement que Philippe Grillot soit rétabli dans sa fonction de président",déclare Me Rémi Sermier, l'avocat de Philippe Grillot.

L'ancien président de la CCI ne cherche pas à retrouver son poste de façon durable. "C'est une question de principe. J'entends faire respecter les règles", assure-t-il aujourd'hui. Le rapporteur public a conclu lui aussi à l'annulation de l'élection du président de la CCI.

Dans un drôle de pied de nez à l'histoire, en forme de bras d'honneur aux organisations patronales qui avaient eu sa tête, Philippe Grillot pourrait décider lui-même de l'assemblée générale qui invalide sa fonction de président. La décision a été mise en délibéré. Réponse dans trois semaines environ.

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2 commentaires
  1. grandlyonnaise - 14 novembre 2014

    'Le représentant du préfet a en effet opéré un véritable coup d'Etat.' Ce serait une insulte que de dire que c'est encore un coup du Préfet en place qui privilégie ses relations personnelles à son devoir d'intérêt général ?La justice a peut être commencé à s'en apercevoir ....

  2. Société Civile - 21 novembre 2014

    C'est juste une honte pour Lyon et son image en termes de respect des règles applicables. Les décisions du nouveau/ faux Président sont menacées d'invalidité: budgets, votes... Des démissions/ sanctions devraient suivre immédiatement!

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