Zen Zila : groupe libéré, rock assumé

Le groupe villeurbannais Zen Zila sort son cinquième album éponyme le lundi 13 septembre, en rupture totale avec leur style originel. Décryptage de cette nouvelle ère avec Wahid Chaïb et Laurent Benitah, les deux fondateurs du groupe.

Terminées les paroles en arabes, fini Tata Aïcha, plus de rythmes entrainants et légers. Zen Zila coupe court à 15 ans de musique aux sonorités orientales pour livrer un rock profond, plus sensible, un brin métaphorique. C'est un tournant important pour les deux fondateurs du groupe. Il correspond également à la fin de leur collaboration avec Universal avec qui ils avaient fait leurs trois derniers albums. Cette séparation s'est soldée par un retour à Lyon et une production indépendante de leur nouvel opus. Une liberté qui leur permet d'oser l'originalité, de s'aventurer dans un répertoire qu'on ne leur connaissait pas : le si rare rock français, à la Bashung, à la Noir Désir.

''C'était l'heure de le faire''

Laurent Benitah, le guitariste, explique cette volonté de tenter un nouveau genre : ''nos envies ont évolué. On avait cette idée depuis très longtemps de faire un album rock et blues. (…) C'était l'heure de le faire''. Parce que la conjoncture s'y prêtait, parce qu'ils n'avaient plus de contraintes imposées par une maison de disque, ils ont créé onze titres entièrement rock. Pari risqué lorsqu'on est connu pour un autre registre. Wahid, le chanteur, souligne de sa voix grave que c'est ''une bouffée d'oxygène.'' ''On a retrouvé des sensations qu'on avait perdues''.

Et comme pour se donner du courage, les membres de Zen Zila ont puisé dans les techniques des rockeurs américains des années 70. ''On s'est vraiment rapprochés de la manière dont ils travaillaient à l'époque. On a fait que très peu de prises. (…) On est allé chercher l'âme du truc, et pas un esthétisme en plastique'', précise Laurent. Avec des sons saturés, une ambiance plus électrique et plus tendue que dans les précédents albums, Zen Zila présente à son public une création à contre courant, un opus imbibé de tensions. Wahid le définit mieux que quiconque : ''c'est un album humain, engagé, peut être même militant, (…) contre une époque où l'on fait en sorte de mettre les gens les uns contre les autres.'' L'individualisme, un thème cher au rock français, que Zen Zila s'est naturellement approprié le temps d'un album.

''Zen Zila'', dans les bacs le 13 septembre
En concert au Transbordeur à Villeurbanne le 19 octobre

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