Carmen, de José Montalvo / Noé, de Thierry Malandain / Le Bestiaire d’Hichem, de Jeanne Mordoj © Patrick Berger / Olivier Houeix / Géraldine Aresteanu (montage LC)
Carmen, de José Montalvo / Noé, de Thierry Malandain / Le Bestiaire d’Hichem, de Jeanne Mordoj © Patrick Berger / Olivier Houeix / Géraldine Aresteanu (montage LC)

Spectacles – Danse : Carmen et Noé, la révolte et le devenir de l’humanité

José Montalvo présente cette semaine à Lyon sa vision démultipliée de Carmen, “un être sans patrie”. Auquel fera écho “L’errance est humaine” de Jeanne Mordoj. Quelques jours avant le Noé de Thierry Malandain, qui interroge la transformation de notre humanité.

Carmen(s) – Chorégraphie de José Montalvo © Patrick Berger
Carmen(s) – Chorégraphie de José Montalvo © Patrick Berger

Déracinement

José Montalvo revient à Lyon avec sa Carmen(s) pleine d’une liberté et d’une révolte qu’elle exprime en dansant et en chantant. Dans le titre de sa version, il met un “s” car pour lui toutes les femmes sont différentes et sont chacune une Carmen, donc impossible d’en choisir une seule. Fidèle à sa danse multiculturelle, il intègre ici la question du métissage et de l’immigration : “Carmen, dit-il, est inscrite, du fait de ses origines, dans une collectivité qui porte en elle l’histoire d’un exode, d’un déracinement, d’un peuple errant. J’aime l’idée qu’un personnage célébré dans le monde entier soit un être sans patrie et sans racines.” On connaît son travail bourré d’énergie, de jeux, de sensualité et c’est sûr on se laissera porter, une fois de plus, par les couleurs de sa danse.

José Montalvo / Carmen(s) – du 11 au 15 décembre à 20h30, sauf mercredi 12 à 19h30 (ce soir-là, bord de scène : rencontre avec l’équipe à l’issue de la représentation) à la Maison de la danse

 

Errance et transgression

Le Bestiaire d’Hichem – Chorégraphie Jeanne Mordoj
Le Bestiaire d’Hichem – Chorégraphie Jeanne Mordoj

Formée à l’École nationale des arts du cirque de Châlons-en-Champagne, Jeanne Mordoj propose un travail situé entre théâtre, cabaret et arts du cirque, interprétant ses propres spectacles avec un corps physiquement engagé qui va chercher loin les perceptions et les contorsions du corps. Elle revient aux Subsistances après y avoir créé en 2012 La Poème, qui explorait joyeusement les contours du corps féminin et ses mutations possibles. Son programme est constitué de deux pièces, un solo et un duo. La première, L’errance est humaine, interroge le mouvement qui ne dure pas, le fait de ne pas laisser de traces derrière soi pour se dire que l’intensité du moment est peut-être le vrai sens de notre passage sur terre. La seconde, Le Bestiaire d’Hichem, interprétée par l’équilibriste et acrobate vocale Julia Brisset et le jeune acrobate Hichem Chérif, donne à voir la fascinante part sauvage de l’animal en liberté, les frontières entre la femme, l’homme et la bête. Accessible dès 6 ans, cette pièce aborde les notions de transgression et de transformation, qui concernent particulièrement les enfants, auxquels on demande l’inverse : se conformer au raisonnable.

Jeanne Mordoj / L’errance est humaine – du 12 au 14 décembre à 20h

Le Bestiaire d’Hichem – jeudi 13 et vendredi 14 décembre à 10h (séances scolaires ouvertes au public) aux Subsistances

 

Transformation

Noé – Chorégraphie Thierry Malandin © Olivier Houeix
Noé – Chorégraphie Thierry Malandin © Olivier Houeix

La semaine prochaine, c’est le Ballet Biarritz, dirigé par Thierry Malandain, qui sera accueilli à la Maison de la danse. Avec une version néoclassique de Noé, abstraite et sans animaux, qui interroge le devenir et la transformation de l’humanité, celle des hommes et de l’environnement. Beaucoup d’émotions en perspective, car le travail de ce chorégraphe est d’une grande subtilité, qui se sert des codes classiques non pas uniquement pour fabriquer du beau mais aussi pour explorer la profondeur des propos qu’il aborde dans ses pièces.

Thierry Malandain / Noé – du 18 au 22 décembre à 20h30, sauf mercredi 19 à 19h30 (soir du bord de scène avec l’équipe) à la Maison de la danse


[Ces articles sont extraits de Lyon Capitale n°783 – Décembre 2018]

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