À partir du 4 septembre 2026, La Sucrière, à Lyon, accueillera l’exposition Robert Doisneau – Instants donnés, une vaste rétrospective dédiée à l’un des photographes les plus emblématiques du XXe siècle.
Après l’exposition qui lui avait déjà été consacrée six ans plus tôt au musée Jean Couty à Lyon, celle-ci réunira plus de 350 photographies, des clichés mythiques, comme le célèbre baiser de l’hôtel de ville, aux images plus rares, offrant un voyage à travers près de soixante ans de création.
Né en 1912 à Gentilly, en banlieue parisienne, Robert Doisneau découvre très tôt le pouvoir expressif de l’image. Formé aux métiers de la gravure et de la création graphique, il se tourne ensuite vers la photographie. Il commence sa carrière dans le monde industriel, chez Renault, avec notamment le cliché publicitaire Le Déjeuner sur l’herbe, avant de choisir la voie de la photographie indépendante.

Au fil des ans, il collabore avec la presse et de prestigieux magazines tels que Vogue, ce qui contribue à accroître sa notoriété : il reçoit notamment le prix Kodak du meilleur jeune photographe en 1947. Appartenant au courant de la photographie humaniste, il développe une œuvre personnelle fondée sur l’observation de scènes simples et authentiques.

Si le nom de Doisneau est indissociable de Paris, son œuvre dépasse largement la seule image vivante et populaire de la capitale. Ses photographies racontent la France du XXe siècle, des années 1930 aux années 1990, ses transformations sociales, l’évolution de ses villes et de ses modes de vie.
Clichés inédits
Les visiteurs découvriront également plusieurs clichés inédits réalisées à Lyon en 1950, offrant un regard inattendu sur la ville au lendemain de la guerre. Le parcours immersif invite les visiteurs à pénétrer dans l’univers de Robert Doisneau à travers une sélection de documents d’archives et d’objets qui éclairent son processus créatif.

Paradoxalement, l’une des grandes singularités du photographe réside dans son goût pour… l’ordinaire. Là où d’autres photographes traquaient l’événement exceptionnel, le spectaculaire, ou les grandes figures de leur temps, lui préférait les anonymes croisés au coin d’une rue, les ouvriers sortant de l’usine, les enfants jouant sur les trottoirs ou les habitués des cafés et bistrots de quartier.
Il considérait que les scènes les plus modestes étaient souvent les plus révélatrices de la condition des sujets de ses clichés, et a fait du quotidien son terrain d’exploration.
Cette attention portée aux scènes ordinaires et aux instants volatils a donné naissance à une œuvre profondément humaine, dans laquelle chacun peut reconnaître une part de sa propre histoire et partager ces “instants donnés”.
Robert Doisneau – Instants donnés. Du 4 septembre au 31 décembre 2026 à La Sucrière

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