Joe Bel pull
© DR

Avant de prendre la route, Joe Bel nous embrasse

En attendant, on l’espère, un album, la Lyonno-Grenobloise Joe Bel fait son retour discographique aux commandes d’un magnifique EP enregistré à Villeurbanne et sorti sur le label Archipel, nouveau venu dans le paysage. Une réussite totale dont la production au cordeau semble comme libérer l’inspiration de la chanteuse, qui fête ce nouveau disque au Transbordeur ce mercredi.

Quand on avait découvert Joe Bel, fin 2012, elle était déjà Joe Bel mais dans une version plus folk et sans doute moins assurée. Cela faisait tout le charme de sa musique, celui de l’autodidacte qui, comme elle nous le confiait, tâtonne. Sauf que Joe Bel est une jeune femme et une musicienne bien plus assurée que l’image timide (et il faut le dire d’une grande fraîcheur) qu’elle peut donner à certains et sans doute malgré elle.

À mesure que les choses ont avancé pour Joe après la réception enthousiaste de son premier EP, de belles surprises scéniques ont suivi (des premières parties en pagaille et pas des moindres, ainsi qu’une tournée européenne en ouverture systématique du dégoupillant Asaf Avidan, conclue à l’Olympia s’il vous plaît). Fin de ce voyage-là.

Hit

Dans le domaine de l’émergence, dès qu’un élan s’arrête, il faut en entamer un autre. Joe Bel, désormais sous l’aile du tout neuf label Archipel et toujours davantage entourée (il y a quelque temps que la musicienne ne se produit plus seule avec sa guitare mais avec un vrai groupe qui lui va comme un gant), ce n’est pas vraiment le genre de chose qui lui fait peur.

Elle a donc remis le pied à l’étrier de la manière la plus volontaire qui soit pour enregistrer cet EP dans ce petit joyau de studio qu’est Mikrokosm. Comme sur de précédents titres entrevus entre les deux EP, la Bel s’y laisse aller un peu plus à son côté soul et à son groove gourmand mais mélancolique, s’autorisant quelques déhanchés reggae.

Bien aidée par des musiciens ad hoc et par la coproduction de Julien Jussey, Joe Bel tente avec ce deuxième court d’aller se taper la route de nouveau, puisque celui-ci s’intitule Hit the Roads et qu’un musicien n’attend que ça. Cela devrait pouvoir se faire.

On connaissait Stronger (qui lui va bien) et Lonely As I Am, deux titres qui marquaient déjà de réelles avancées et faisaient de belles promesses rythmiques. Mais c’est surtout Hit the Roads qui emporte le morceau, justifiant le premier mot de son titre.

Free

À vrai dire, là où on préfère Joe Bel, c’est sur un terrain plus rare, dont le groove n’est pas pour autant absent : celui de la ballade pop. En la matière, A While (Free) est un petit joyau, magnifiquement produit et écrit, en boucles et en chœurs qui se répondent les unes aux autres, chantés avec une simplicité désarmante. Comme si l’on retrouvait la Joe des débuts mais dotée d’une assurance cette fois assumée, qui lui permet de mettre de côté le contrôle pour se laisser aller à un abandon lui seyant à merveille, en l’habillant d’une émotion sans filtre et donc immédiatement communicative.

Il sera grand temps de le vérifier ce mercredi soir sur la scène du Club Transbo où la musicienne vient fêter dignement la sortie de son disque par un fameux French Kiss (concert gratuit avec tout un tas d’invités sur scène) initié par le Transbordeur et comme toujours précédé d’une résidence. Un mot parfaitement adapté pour un concert qui, pour Joe Bel, se déroule pratiquement à la maison.

Le French Kiss de Joe Bel – Mercredi 20 mai à 20h, au Transbordeur, Villeurbanne. GRATUIT sur invitation.
Hit the Roads, Archipel, 2015.
à lire également
Vu de la place Bellecour
Une salle mythique que les moins de quarante ans n’ont pas pu connaître, un lieu de la vie nocturne lyonnaise qui a accueilli Ray Charles, les Beatles, les Stones… Un palais aujourd’hui oublié, dont la fin de vie fut marquée à plusieurs reprises par la tragédie. Histoire du Palais d’Hiver, le plus grand music-hall d’Europe.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut