Le préfet de l’Ain maintient le festival controversé Ragnard Rock

Malgré la présence de plusieurs groupes NSBM (National Socialist Black Metal), souvent apparentés à l’idéologie néo-nazie, le festival viking Ragnard Rock va bel et bien avoir lieu du 21 au 24 juillet, depuis la décision du préfet de l’Ain de ne pas interdire l’événement.

Le Ragnard Rock Festival parviendra-t-il à tenir ses engagements ?

La préfecture de l’Ain a finalement autorisé le festival viking Ragnard Rock qui commence ce jeudi. Mais selon certaines conditions. Le comité d’organisation a promis au préfet de se tenir à certains engagements afin que le festival se déroule bien. Il s’est engagé entre autres à “ce que toutes les chansons des groupes qui se produiront aient été communiquées et vérifiées par le comité d’organisation, ce dernier étant composé de membres comprenant toutes les langues parlées sur le site du festival, et à ce qu’aucune ne véhicule des idées de haine raciale et à tendance politique, de même s’agissant des visuels et des décors”. De plus, si des limites sont dépassées, le comité s’engage à “expulser toute personne, y compris artiste, qui aurait un comportement inapproprié pendant le festival, et à signaler son identité à la gendarmerie le cas échéant”.

Le festival se déclarant totalement “apolitique ”, SOS Racisme espère que le comité d’organisation parviendra à faire respecter ses engagements. Le cabinet du préfet a assuré dans un communiqué pour SOS Racisme qu’il “ne toléra aucun dérapage”. L’association répond par cette déclaration : “En permettant au festival d’avoir lieu, les autorités locales portent la responsabilité du bon déroulement de l’évènement et du respect de la loi.

Pourtant plusieurs éléments laissent à penser qu’il existe certains liens entre la programmation du festival et l’idéologie antisémite. Si le festival ne peut être réduit à un rassemblement fachiste, Olivier Borel de SOS Racisme estime qu’il est tout de même “douteux ”.

Influence NSBM et idées radicales : zoom sur Graveland

Une des têtes d’affiche controversées du Ragnard rock Fest, Graveland est un groupe polonais interdit dans de nombreux pays, notamment en Allemagne. SOS Racisme souligne leur participation en avril 2016 au festival italien ouvertement néonazi : "Hot Shower", en référence aux méthodes utilisées par le régime nazi pour exterminer les personnes de confession juive durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Decibel Magazine publie une interview du groupe en janvier 2010. Le polonais Robert Fudali (dont le pseudonyme est Rob Darken) y expose ouvertement ses idées racistes : “We all need racial segregation to preserve our own culture and spirituality" / “The growing power of homosexual lobby destroying family bonds – it has influence on the decreasing number of White people ” / “Mass medias ruled by the Jewish lobby manipulate information and spread propaganda against Arabs.

Nous avons tous besoin de la ségrégation raciale pour préserver notre propre culture et notre propre spiritualité” / “Le pouvoir grandissant des lobbys homosexuels détruit les liens familiaux – cela a de l’influence sur la diminution du nombre des Blancs ” / “Les médias de masse gouvernés par les lobbys juifs manipulent l’information et propagent de la propagande contre les Arabes

Une position victimaire due à une incompréhension du “ métal ” ?

L’organisation du festival semble prendre une “position victimaire”, selon le témoignage d’une source anonyme. Elle produirait volontairement de la “désinformation au sujet des groupes”. La réaction des organisateurs concernant la polémique varie d’ailleurs selon les années. Pour l’édition 2015, les organisateurs estimaient dans les colonnes du journal Le Progrès : “'on savait bien qu’on allait se faire traiter de fachos’, s’agace le débonnaire Franco Gianelli, quand on l’interroge sur l’aura sulfureuse que trimbalent certains invités de son festival".

Pourtant cette année,ces derniers se déclarent beaucoup plus surpris par la polémique : "La Compagnie d'Edoras, organisatrice du RRF a eu la surprise de prendre connaissance du communiqué de presse du 7 juillet 2016 de SOS Racisme assimilant le festival (et le village Viking) à un festival permettant à des groupes de musique metal de faire l'apologie 'de l'idéologie nazie'”.

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