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©Charlotte Santana

Violences à l'école : à Henri Wallon, les enseignants se mettent en grève

Insultes, menaces de morts et violences, l'école Henri Wallon de Vaulx-en-Velin ne tient plus. Depuis que certains élèves atteints de graves troubles du comportement y sont scolarisés, la situation est devenue insoutenable pour les enseignants qui se sont mis en grève ce jeudi 5 avril.

Dans un communiqué, l'école Henri Wallon explique ne plus pouvoir faire cours dans des circonstances normales depuis que des élèves atteints de graves troubles comportementaux en ont rejoint les bancs. Selon eux, et malgré leurs nombreux appels à l'aide, leur hiérarchie fait la sourde oreille et n'entend pas régler le problème. Pour tenter de débloquer la situation, les enseignants se sont mis en grève ce jeudi 5 avril. Ces élèves devraient être scolarisés en ITEP (Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique) en raison de leurs difficultés psychologiques et de leurs troubles du comportement, mais ces établissements spécialisés sont déjà pleins à craquer. A l'école Henri Wallon, on assure que tout a été fait pour adapter l'enseignement à ces élèves, sans succès. "Ils retournent l'école. Ils font preuve d'une violence extrême, on a eu des jets de chaise, de compas… Une élève a été blessée, un autre est venu à l'école avec un pistolet à billes et on reçoit des menaces de mort de la part de certains" s'insurge une enseignante de l'école.

"Les élèves ont peur de venir en classe"

Face à une telle violence, l'atmosphère de l'école Henri Wallon s'est largement dégradée. "Les parents sont tellement effarés de ce qu'il se passe qu'ils veulent mettre leurs enfants dans le privé. On a des élèves qui ont peur de venir en classe, beaucoup d'enfants sont en souffrance" explique l'institutrice.  Les professeurs qui ont alerté l'inspection générale, dénoncent un laisser-faire de la part de leur hiérarchie, qui les accuse selon eux de ne pas avoir fait assez pour intégrer les élèves en question. "On a tout fait" riposte une enseignante, "On a adapté son emploi du temps, il est suivi par un éducateur… Notre hiérarchie nous a renvoyé la balle en disant qu'on n'avait pas assez décoré la salle de classe" dénonce-t-elle. A cette situation s'ajoute "une baisse des moyens (absence de PDMQDC – plus de maitres que de classes- au cycle 3, absence d’aide pédagogique, absence d’EVS administrative…) qui ne fait qu’aggraver la situation". Pour l'heure, la grève ne devrait pas être reconduite. Contactée, l'inspection académique n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.

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