Villeurbanne : faible mobilisation pour la légalisation du cannabis

À Villeurbanne, ce vendredi 19 avril, le Collectif d’Information et de Recherche Cannabique (CIRC) organisait une conférence consacrée aux conditions de légalisation du cannabis.

Une petite cinquantaine de personnes se sont rassemblées à l'occasion d'une conférence sur la légalisation du cannabis à Villeurbanne. Les spectateurs, de toute génération, peine à emplir la salle de spectacle du Centre Culturel & de la Vie associative dont les fauteuils rouges restent désespérément vides. Cet événement du CIRC cherche visiblement son public au grand dam de Jérôme Expuesto, porte-parole de l'association, " On est très déçu évidemment, mais malheureusement à Lyon nous avons l'habitude ". Une des quelques explications à cet échec est selon lui politique " Depuis 2002 et l'élection de Chirac il y'a une droitisation politique et médiatique " qui rendrait le sujet indésirable. " En 2003 notre mobilisation 18 Joint a rassemblée 2000 personnes, la dernière seulement 80 " argumente-t-il. Pourtant la légalisation, ou tout du moins la dépénalisation a fait son chemin dans l’esprit des Français, le dernier sondage en date de l'IFOP, en juin 2018, semblait annoncer une bascule importante avec 51 % des personnes interrogées favorables à une autorisation " maîtrisée ".

écho relatif parmi les politiques

La dernière loi en date consiste simplement en la mise en place d'une amende de 200€ pour les consommateurs, le CIRC avait notamment été consulté. " Les politiques nous connaissent bien, mais hormis Europe Écologie, et encore, et le Nouveau Parti Anticapitaliste, on a quelque touche par-ci par-là, mais souvent des personnes retirées " liste-t-il. Ce vendredi après-midi c'est bien un homme politique, Didier Vullierme, adjoint socialiste à la sécurité de Villeurbanne, qui ouvre la conférence, " Les citoyens sont en avance sur la représentation nationale " estime-t-il. Pour lui, un des acteurs du lobbying en faveur de la légalisation, c'est une problématique " transpartisanne " bien que " socialement libérale ". Didier Vullierme fait partie des optimistes, " Il y'a un manque de courage politique, mais je pense que le sujet va évoluer rapidement ".

Un optimisme prudent

Au cours de la conférence, on réfléchit aux différentes options de légalisation, mais sur la date de celle-ci on affiche de la prudence. Francis Caballero 78 ans, ex-avocat et défenseur du cannabis à usage récréatif préfère " ne pas se risquer au jeu des pronostiques ". Parmi le public on fait preuve d'un optimisme prudent. Mais Sandrine, 48 ans, craint les modalités de la légalisation : " Si on crée un monopole d'État, les laboratoires pharmaceutiques vont sûrement vite récupérer tout ça ". Lina, 20 ans, pense que la prohibition à l’œuvre jusqu'à aujourd'hui est due à " un État paternaliste qui punit les gens selon leur mode de vie ". Elle est néanmoins confiante pour l'avenir " on est en bonne voie sur cette question ", assure-t-elle. Patrick Canin, l'un des intervenants, membre du bureau national de la Ligue des Droits de l'Homme, douche quelque peu ces espoirs d'une dernière petite phrase : " Une loi vient à peine d'être votée, ça n'évoluera pas avant plusieurs années maintenant... ".

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