Verdict pour Toni Musulin : trois ans de prison ferme

Toni Musulin était jugé mardi à Lyon pour vol simple et tentative d’escroquerie. Il écope de seulement trois ans de prison ferme.

Célèbre notamment pour le vol audacieux fin 2009 de 11,6 millions d'euros en novembre dernier, millions obtenus par le détournement de son propre fourgon, Toni Musulin a été condamné mardi soir à 22h50 à la peine de trois ans de prison ferme. Il devra aussi dédommager de 45 000 euros les parties civiles constituées, son employeur, la société Loomis et l’assureur de sa Ferrari F430, Allianz. A cela s’ajoute une interdiction d’exercer en tant que convoyeur de fonds.

Un pied de nez à la justice ?

Un moindre mal quand on sait que le Procureur de la République avait réclamé cinq ans ferme sur les deux chefs d’accusation : vol simple et tentative d’escroquerie. Ce dernier notait vers 19h30 : «  Il s’agit d’un vol exceptionnel élaboré selon un stratagème et un calcul froid.  »

Pour lui, tout l’enjeu du procès était de savoir où étaient les 2,5 millions manquants du butin engrangé par Toni Musulin lors du détournement de son propre fourgon le 5 novembre dernier. « Cela restera une des déceptions de cette audience. Toni Musulin aurait dû avoir la décence de tout nous dire, d’éclaircir les zones d’ombre et d’avoir des regrets, qui ne sont malheureusement jamais venus. » Et le Procureur de la République de rappeler que «  2,5 millions, c’est l’équivalent de 150 ans de travail pour un Français moyen.  » Il s’est ensuite désolé de ce « pied de nez fait à la justice  » mais a assuré que les investigations se poursuivraient. « Le premier acte se termine ce soir mais le second s’ouvre demain,  » a-t-il insisté.

"une peine équilibrée"

Mais après des réquisitions « inacceptables, inadmissibles  », selon les deux avocats de Toni Musulin, les deux heures de plaidoierie auront réussi à faire pencher la balance en faveur de la défense. Tous les deux ont souligné tour à tour le besoin d’humaniser cette peine. Me Banbanaste à quelques heures du verdict exigeait « une peine équilibrée  ». « Ce n’est plus l’heure du combat procédural  », a-t-il plaidé, « il faut que cette affaire s’arrête.  » Son confrère et collègue, Me Cotte-Bretonnier a, quant à lui, dit « stop à la justice d’exception  » et souligné : «  le quantum de l’escroquerie ou du vol ne doivent pas venir dénaturer la peine telle qu’elle est prévue par la loi.  »

Les deux avocats de la défense ont aussi fait remarquer qu’il s’agissait d’une première pour Toni Musulin, détenteur d’un casier judiciaire vierge et qu’il se faisait aujourd’hui, après 6 mois à l’isolement à Corbas, une « sombre image de la justice  » et avait du « ressentiment plus que de la confiance  ». En fin de journée, le Toni magistral de l'après-midi était en effet apparu fatigué par l'audience, sombre.

Les 2,5 millions manquants, une affaire non résolue

Le juge a donc prononcé une peine de trois ans de prison ferme avec effet immédiat. Tout s’arrête donc. Pas de déclarations fracassantes, mais encore beaucoup de mystères et de flous autour de cette affaire. Mais surtout, l’assurance pour le braqueur villeurbannais le plus célèbre de l’histoire de sortir de prison dans trois ans maximum.

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