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© Laurent Cousin

Transport : les Lyonnaises moins harcelées que les Parisiennes ?

Remarques lourdes, regards insistants, attouchements et exhibitions font partie du harcèlement vécu par les femmes. Une étude publiée en avril par Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes révèle qu'en Seine-Saint-Denis, 100 % des femmes ont déjà été harcelées dans les transports en commun. Devant ces chiffres alarmants, le gouvernement a présenté jeudi matin un plan de lutte destiné à rassurer les utilisatrices et freiner les agressions.

Lyon Capitale a enquêté auprès d'un panel de 50 Lyonnaises âgées de 16 à 60 ans, croisées au hasard d'une bouche de métro. Verdict, le harcèlement dans les transports n'est pas aussi fréquent qu'en Seine-Saint-Denis, mais existe bel et bien à Lyon. Sur 50 femmes interrogées, 22 ont répondu avoir déjà subi une forme de harcèlement en prenant les transports en commun, soit un peu moins de la moitié. Première tranche d'âge concernée, les jeunes femmes de 16 à 25 ans, qui témoignent souvent de contacts non consentis et de remarques salaces. Adèle, 24 ans, explique "une fois, un fraudeur a fait une pierre deux coups : il en a profité pour se coller à moi et me toucher les fesses de manière très insistante". Une autre trentenaire témoigne :"Ca m'arrive souvent. Les regards, les sifflements, les petits bruits de bouche. C'est un problème de société. À Londres par exemple, les filles se baladent en mini-jupe et personne ne vient les emmerder. Ça me révolte." Cécile, 16 ans, a quant à elle été photographiée par un inconnu entre Saxe et Vieux-Lyon.

Les lignes A et D reviennent le plus souvent

D'après les témoignages, ce sont les lignes A et D, les plus fréquentées du réseau, qui sont la plupart du temps le théâtre de harcèlement. "Quand je me fais aborder par des types, c'est surtout aux stations de Bellecour et de la Guillotière que ça se passe", explique Méah, 18 ans. Les femmes plus âgées, autour de la cinquantaine, adoptent un discours fataliste. "Ça m'est arrivé quand j'étais gamine surtout, mais plus maintenant. Pour moi c'est une question d'âge, ce sont surtout les jeunes qui y sont confrontées. Il y a des fous partout" déclare Cécile, 50 ans.

Alors, le harcèlement serait-il plus épisodique dans les transports lyonnais que parisiens ? Tout semble indiquer que oui, même si les femmes ont tendance à considérer de moins en moins les injonctions et autres "Hé, Mademoiselle !" comme du harcèlement. Une étudiante de 22 ans témoigne même de "paroles déplacées dans le tramway, mais rien de vraiment très grave". L'explication réside peut-être dans le fait que les rames sont moins bondées qu'à Paris, ce qui permet moins de proximité corporelle entre les usagers et donc découragerait les harceleurs potentiels.

Et une quadragénaire de témoigner "pour y avoir habité, à Paris c'est vraiment pire, on y a toutes droit au moins une fois. Alors qu'ici à Lyon, ça ne m'est jamais arrivé."

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