Transit sous Fourvière : haro sur les camions

Huit opérations de contrôle de poids-lourds ont été effectuées hier mardi, en Rhône-Alpes. À Lyon, c’est la circulation sous Fourvière qui est pointée.

Les contrôleurs des transports terrestres de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du
logement (Dreal) et des inspecteurs du travail (Direccte), assistés des forces de gendarmerie et de police, ont procédé hier, mardi 29 septembre au matin, à huit opérations de contrôle des transports routiers de marchandises.

Les axes visés : A404 à Groissiat (01), A7 à Allan (26), A48 à Voreppe (38), A43 à St-Quentin-Fallavier (38), A72 à Veauchette (42), A6 à Dardilly (69), A430 à Ste-Hélène-sur-Isère (73) et A40 à Viry (74)).

Le bilan : 23 % des 136 véhicules contrôlés étaient en infraction.

Un véhicule a fait l'objet d'une immobilisation immédiate en raison de sa surcharge (véhicule pesé à 5,5 tonnes pour 3,5 tonnes autorisées). La majorité des infractions concerne le non-respect de la réglementation sociale européenne (durée de conduite et repos obligatoire des conducteurs), ainsi que les conditions d’utilisation de l’appareil de contrôle installé à l’intérieur des véhicules.

Des poids-lourds interdits de tunnel

Mais ce qui interpelle le plus, ce sont les trois poids-lourds de plus de 7,5 tonnes en transit dans l’agglomération lyonnaise qui ont été interceptés à la sortie du tunnel sous Fourvière. En effet, la circulation sur cet axe n’est autorisée pour ce type de véhicule que dans le cadre d’une desserte locale (transporteur installé dans l’agglomération lyonnaise, ou chargement et déchargement dans le périmètre autorisé). Cette infraction est punie d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 1 500 euros.

Voilà qui apporte de l'eau au moulin de ceux qui veulent désengorger le tunnel sous Fourvière, et pousser les camions en transit à emprunter le contournement Est de Lyon. Dont Gérard Collomb, qui demande à l'État de valider un “péage de cordon” pour ces véhicules qui ne font que passer, comme nous le révélons dans le numéro d'octobre de Lyon Capitale. Or, "il est impossible de faire un péage gratuit pour les habitants de la métropole et payant pour les autres. La loi interdit ce type de discrimination", relève Bernard Soulage, vice-président PS du conseil régional et spécialiste des transports.

Une faille dans la loi pour y glisser un péage

En revanche, une "discrimination d'usage" pourrait être envisageable. "Il existe une zone de flou dans la loi qui pourrait nous convenir, glisse dans nos colonnes Jean-Luc Da Passano, vice-président de la métropole en charge de ce projet. Notre idée est de faire payer en fonction d'un critère temporel. Par exemple, celui qui fait le trajet Anse/Chasse-sur-Rhône en moins d'une heure, il doit payer, car sa place était sur le contournement Est. Mais quelqu'un qui entre le matin dans l'agglomération et en repart le soir après avoir travaillé ou fait ses courses, il ne paiera pas."

Le casse-tête juridique freinera-t-il les pouvoirs publics ? Ou engendrera-t-il une usine à gaz ? De leur côté, les écologistes sont persuadés que Lyon ne pourra couper, à terme, à une forme de péage urbain...

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