Premières vaccinations contre la covid-19 à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon © Paul Terra

Technologie, immunité... Le point sur les vaccins contre le COVID-19 injectés dans la région

La campagne de vaccination contre le COVID-19 s'accélère à Lyon et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes à compter de ce lundi 18 janvier. Etat des lieux de ce que l'on sait des vaccins injectés.

Au Palais des sports de Gerland, dans le 7e arrondissement de Lyon, plusieurs personnes - professionnels de santé et à risque - ont déjà reçu leur première injection du vaccin contre le COVID-19. A partir de ce vendredi 15 janvier et de lundi 18 janvier dans la région, ce sera au tour des plus de 75 ans vivant à domicile. Alors que la campagne de vaccination se précise, de nombreuses interrogations persistent : comment se déroule la vaccination ? quel vaccin sera injecté ? y a-t-il un risque d'effet secondaire ? au bout de combien de temps l'immunité est-elle effective ? Etat des lieux de ce qu'on sait déjà sur ce vaccin.

Pour qui ?

Pour se faire vacciner, il faut impérativement prendre rendez-vous en ligne ou par téléphone dans un des centres de vaccination recensés sur le site www.santé.fr. Les personnes qui ont le plus de chances de développer une forme grave du COVID-19 ou qui y sont fortement exposées sont prioritaires, à savoir :

  • les personnes âgées qui vivent en institution (EHPAD...)
  • les personnes en situation de handicap qui vivent en institution
  • les personnels de ces structures, les professionnels de santé, les pompiers et les aides à domicile âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités
  • les personnes de 75 ans ou plus qui vivent à domicile

Et si on a déjà eu le COVID-19 ?

Il n'est pas nécessaire de se faire tester avant de se faire vacciner, sauf pour les personnes susceptibles d'avoir été contaminées récemment, auquel cas la vaccination ne pourra se faire qu'après avoir effectué un test revenu négatif. Si vous avez récemment été vacciné contre un autre virus (celui de la grippe par exemple), il vous faudra attendre au minimum 14 jours avant de faire le vaccin contre le COVID-19. Si vous avez déjà eu le COVID-19, sous une forme symptomatique, il n'est pas forcément nécessaire de vous faire vacciner. Si vous le souhaitez, il vous faudra attendre au minimum trois mois après le début de vos symptômes.

Déroulement de la vaccination

Une fois sur place, au jour et à l'heure de votre rendez-vous, une consultation pré-vaccinale sera menée par un médecin ou sous sa responsabilité. Il s'agit de quelques questions posées au patient pour évaluer son état de santé, l'absence de contre-indications à la vaccination et recueillir son consentement. Ensuite, l'injection du précieux vaccin ne diffère guère de tous les vaccins obligatoires au cours d'une vie : une injection intramusculaire qui dure quelques secondes. Ensuite, vous resterez sur place un petit quart d'heure pour surveiller de potentiels effets indésirables puis vous pourrez rentrer chez vous. Attention, à ce stade, la vaccination n'est pas terminée ! Il vous faudra prendre un rendez-vous pour une deuxième injection environ un mois plus tard.

Six mois d'immunité trois semaines après les deux injections

Pour le vaccin de Pfizer, la 1ère injection doit être suivie d'une 2e au bout de 28 jours, et de 30 jours pour le vaccin de Moderna. Ces deux vaccins assurent une protection à 95 % contre le COVID-19, y compris les formes graves. Ce n'est qu'au bout de trois semaines après la 2e injection que se met en place l'immunité, qui doit durer au moins six mois, d'après les connaissances scientifiques actuelles. Pour le moment, les éléments scientifiques laissent penser que les deux vaccins seront également efficaces sur le variant britannique du coronavirus. En revanche, ces vaccins n'empêchent pas d'être porteur du virus et de le transmettre. Être vacciné n'exonère donc pas la personne du port du masque, du lavage de mains, de la distanciation physique et des autres mesures barrières !

Comment fonctionnent ces nouveaux vaccins ?

Pour le moment, les vaccins de Pfizer et de Moderna sont les seuls à avoir obtenu l'autorisation d'être utilisés dans l'Union européenne. Comme tous les vaccins, ils visent à apprendre au système immunitaire à se défendre contre ce nouveau virus. Tous deux se basent sur une technologie similaire qui n'avait encore jamais été utilisée chez l'être humain, celle de l'ARN messager. Celui-ci est une sorte de mode d'emploi à destination de l'organisme, qui va donner des instructions aux cellules. Dans le cas des vaccins de Pfizer et de Moderna, cet ARN messager est fabriqué en laboratoire et, une fois injecté dans l'organisme, va ordonner aux cellules de produire les protéines spécifiques au coronavirus - les fameuses protéines "spikes" dont la forme en pointe permet au coronavirus de s'accrocher aux cellules humaines et qui sont parfaitement inoffensives seules. Ainsi, il s'agit de familiariser l'organisme avec ces protéines pour qu'il produise des anticorps permettant de les détruire. Ces anticorps sur-mesure vont rester dans l'organisme et assurer une protection efficace qui pourra intervenir immédiatement en cas d'intrusion du coronavirus. Cette nouvelle technologie de l'ARN messager est ce qui a permis aux vaccins d'être développés si rapidement, ainsi que le fait d'avoir pu recruter un large éventail de personnes pour les essais cliniques étant donné le nombre important de malades dans le monde. En revanche, cette technique n'est pas nouvelle : elle est déjà utilisée par les vétérinaires pour vacciner les chiens ou les chevaux notamment. Pour l'être humain par contre, c'est une première.

Quels effets indésirables ?

Comme pour tous les vaccins, celui-ci peut avoir quelques effets indésirables légers qui ne diffèrent pas des vaccins habituels (petite douleur à l'injection notamment, fatigue). En revanche, l'introduction dans le corps de ce fameux ARN messager ne peut en aucun cas avoir une incidence sur l'ADN du patient. Aucun morceau du coronavirus, même minime, même inactivé, n'est injecté avec les vaccins de Pfizer ou de Moderna. Pour le moment, de rares cas de réactions allergiques, contenues, ont été recensés mais les deux vaccins semblent bien tolérés par les populations déjà vaccinées.

Les personnes vaccinées sont-elles recensées ?

Comme pour tous les vaccins, l'injection de celui-ci sera mentionnée dans votre carnet de santé. Vous serez également enregistré dans "Vaccin Covid", un téléservice de l'Assurance maladie mis en service début janvier et qui permet aux soignants de suivre la vaccination : savoir quel professionnel de santé a réalisé les vaccinations, pour qui, à quel endroit... Ces données permettent de connaître le nombre de personnes vaccinées et le pourcentage de personnes à risque parmi elles, éventuellement pour adapter ensuite les mesures sanitaires. En revanche, il n'existe à ce jour aucun "passeport vaccinal" qui fait polémique actuellement et qui serait obligatoire pour se rendre à certains endroits.

 

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