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© Sytral

TCL : des luttes contre la fraude confiées à un sous-traitant

Selon nos informations, depuis le lundi 10 septembre, le groupe Keolis, exploitant du réseau TCL à Lyon, expérimente le contrôle par des voyageurs par une entreprise sous-traitante.

Depuis ce 10 septembre, certains usagers du réseau TCL peuvent être contrôlés par des salariés de la société privée SCAT, en plus des agents du réseau. En effet, l'exploitant Keolis vient de lancer une expérimentation sur la sous-traitance des contrôles et luttes contre la fraude pour certaines lignes scolaires, ainsi que des villes loin du centre de Lyon, à l'image de Givors. Selon Keolis, cette expérimentation doit permettre "aux équipes de se concentrer sur le centre-ville au sens large, et limiter ainsi les déplacements des agents sur des secteurs plus éloignés". Keolis précise que cette sous-traitance est équivalente à trois emplois en temps plein "pour compléter nos équipes, sans substitution". Ces employés sont assermentés par le tribunal de Lyon. Mais l'expérimentation passe mal du côté des syndicats. Force ouvrière qui "condamne ces pratiques", les qualifie de "non réglementaires". Selon le syndicat : "Cette sous-traitance met en péril nos emplois en faveur de jobs low-cost pour remplir les poches des actionnaires. À travers ces projets, c’est notre profession qu’ils attaquent en dénigrant nos agents et laissant sous-entendre que nous ne sommes pas compétents pour combattre la fraude".

Un bad buzz en 2017

Dans un communiqué envoyé à la presse, Force ouvrière en profite pour s'attaquer à l'entreprise de sous-traitance, originaire de la région de Lyon : "Présents depuis plusieurs années sur certains réseaux de France, les agents privés de la SCAT surnommés "les Shérifs" par nos collègues de Montpellier sont sous le feu des critiques". En avril 2017, une vidéo montrant l'arrestation d'un usager soupçonné de fraude à Montpellier, par les salariés de l'entreprise, avait déclenché de nombreuses réactions négatives sur les réseaux sociaux. Interrogé sur ce bad buzz, Keolis répond : "C'est bien la raison pour laquelle nous sommes sur une expérimentation, la société devra être exemplaire s'ils veulent à terme continuer. Ils devront respecter nos règles". Force ouvrière s'inquiète aujourd'hui de voir des entreprises arriver sur le secteur du contrôle "uniquement pour faire du chiffre sans se soucier des conséquences sur la sécurité des agents et des voyageurs du réseau" et demande des effectifs supplémentaires en interne et "une politique tarifaire permettant à toutes les classes de s'offrir un abonnement en règle". Interrogé sur une sous-traitance plus importante de la lutte contre la fraude après l'expérimentation d'un an, Keolis reste laconique : "Ils ont débuté lundi".

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Fin 2017, nous rapportions que donner un ticket TCL déjà utilisé pouvait être puni d'une amende 150 euros. Alors qu'une manifestation est organisée à Lyon le 24 septembre contre ce que certains qualifient de "délit de solidarité", d'autres raisons ont pesé dans la décision du Sytral.
4 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - 11 septembre 2018

    Encore plein d'éléments à gérer pour rien.
    Si seulement la ville de Lyon était tournée vers l'avenir et proposait à ses citoyens des transports en commun en accès libre... Comme cela existe déjà ailleurs. Au lieu de ça, la circulation automobile continuera à dégrader les façades et les poumons des lyonnais.

  2. Galapiat - 12 septembre 2018

    Comme chacun le sait , les transports gratuits sont "offerts " par l'état providence ;Comme l'état c'est nous, enfin ceux ce qui paient l’impôt, Devinette qui va payer ? la réponse sur vos feuilles d’impôts. Et si ça ne suffit pas, restera à augmenter les taxes sur le carburant.

  3. Abolition_de_la_monnaie - 12 septembre 2018

    Comme peu le savent, la société qui exploite le réseau lyonnais et une sorte de partenariat public/privée qui fonctionne grâce à 75% de subventions divers.
    Ne reste plus qu'à trouver 25% et sans tous les systèmes liés aux billets, on a moins de frais.
    Et n'oublions pas non plus que la voiture dégrade les bâtiments, leur remise en état coûte beaucoup et c'est payé au final par les citoyens, idem pour les subventions déguisées pour les automobilistes (déductions d'impôts et autres financements publics).
    .
    Il n'y a aucune solution équitable dans un système monétaire, ça on le sait, il faut toujours que quelqu'un paye plus, d'où ces guerres permanentes minables, mais il y a des impératifs urgents pour freiner toute cette pollution ignoble. L'empoisonnement est de plus en plus généralisé.

  4. Galapiat - 12 septembre 2018

    partenariat public privé un leurre , car au bout de la chaine c'est le Con tribuable qui paie , d'une manière ou d'une autre , ceux qui paient impôts, taxes , rien n'est gratuit , ceci ressemble au jolies publicité en 4X6 ou l'on peut lire, le département , la Région etc construisent pour vous," Vous" c'est nous et qui réglons la note au final.

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